UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Séance Sociétes en mutation - REPORTEE AU 5 MAI
Vendredi, 31. Mars 2017

Du « bas latin » à la « langue de pourpre » : retours critiques sur la « décadence » de la culture et de la rhétorique latines dans l’Antiquité tardive et le haut Moyen Age
Stéphane Gioanni, professeur de latin tardif et médiéval (Université Lyon 2, HiSoMA)
Répondant : Christophe Giros, (Université Lyon 2), byzantiniste
- Initialement prévue vendredi 17 février 2017 - de 15h à 17h30 - salle Reinach - 4e étage - MOM - 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- affiche (.pdf)
- programme 2016-2017

Le « latin » des royaumes barbares fut longtemps considéré comme un état dégradé de la langue classique. Cette vision simpliste n’a pas seulement été entretenue par les commentateurs modernes. Elle trouve son origine dans l’Antiquité tardive puisque, dès 470, Sidoine Apollinaire écrivait à Hespérius que « la foule des paresseux a cru dans de telles proportions que, si une très modeste minorité de locuteurs comme vous ne délivre pas de la rouille des barbarismes de la rue la langue pure de la véritable latinité, nous aurons à pleurer sous peu sa décadence et sa disparition : oui, toute la pourpre du langage noble, victime de l’indifférence générale perdra ses couleurs ». Un siècle plus tard, Grégoire de Tours dressait lui aussi un constat accablant dans les premières lignes de l’Histoire des Francs. Plusieurs études récentes ont montré que la notion de « décadence »était incapable de saisir les fluctuations linguistiques, les différents registres du latin et les niveaux de langues intermédiaires entre le latin et les langues vulgaires, qui révèlent surtout de nouvelles exigences de communication. Mais qu’en est-il de la langue des élites, cette « langue de pourpre » virtuose et éblouissante (dans tous les sens du terme) que l’on cultivait dans les cercles et les chancelleries des royaumes barbares, dans les textes officiels et les correspondances précieuses du VIe siècle ? Faut-il y voir l'héritage boursouflé de l'ancien monde, l'expression nostalgique d'une latinité agonisante ou l'idiome enluminé d'une communication nouvelle ? Et comment expliquer son succès dans les chancelleries occidentales et l'enseignement de l'ars dictaminis médiéval ?

 

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