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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Le tombeau du fondateur
Mardi, 5. Juin 2018

Une découverte exceptionnelle sur le site de l’antique Capitolias en Jordanie
Une vidéo postée sur YouTube présente déjà la découverte de ce monument exceptionnel :

Depuis 2017, trois historiens et épigraphistes du laboratoire HiSoMA (Julien Aliquot, Pierre-Louis Gatier, Jean-Baptiste Yon), membres du programme des Inscriptions de la Jordanie participent à l’étude d’un exceptionnel tombeau peint d’époque romaine. Leur travail se poursuit au sein dʼun consortium international d’experts formé par le Département des Antiquités de Jordanie pour l’étude et la restauration du monument et piloté par le projet SCHEP (Sustainable Cultural Heritage Through Engagement of Local Communities Project), hébergé à ʻAmmān par l’American Center of Oriental Research (ACOR).

 
Zeus Capitolin entre les deux Fortunes de Capitolias et de Césarée Maritime © Julien Aliquot, CNRS HiSoMA

Le tombeau souterrain a été découvert en novembre 2016 devant l’école du village de Bayt Ras, au Nord d’Irbid, en Jordanie, sur le site de l’ancienne Capitolias de la Décapole, cité fondée à la fin du Ier siècle après J.-C. Il est exceptionnel par l’abondance et l’originalité de son iconographie, avec près de 230 figures composant un récit unique autour de la figuration d’un sacrifice offert par un prêtre aux divinités tutélaires de la cité et de la capitale provinciale de la Judée.


Deux tailleurs de pierre à l’ouvrage © Julien Aliquot, CNRS HiSoMA

Un large tableau illustre un grand chantier de construction d’une muraille, alors que des dieux de l’Olympe interviennent dans un grand nombre des scènes. Les différents tableaux sont accompagnés de plus de soixante inscriptions, soit en grec, pour les trois divinités tutélaires, soit – ce qui est unique – en araméen, la langue locale, transcrite en lettres grecques, pour les images du chantier.

Ce programme illustre le mythe et les actes de fondation de la cité à la fin du Ier siècle après J.-C. Le personnage qui était enseveli dans le tombeau et qui avait commandé son décor peut être présenté comme le fondateur de la cité. Lʼhypogée de Bayt Ras constitue donc un document extraordinaire d’histoire religieuse, d’histoire politique et d’histoire sociale, en même temps qu’un précieux témoin des interactions culturelles dans une ville grecque du Proche-Orient romain. Son exploration et sa restauration se poursuivent avec, outre les chercheurs d’HiSoMA et les archéologues jordaniens, la participation d’autres chercheurs, du CNRS (AOrOc), de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) et de deux instituts italiens de restauration.

Les premiers résultats de ces travaux feront l’objet d’une session du prochain congrès d’archéologie jordanienne, la 14th International Conference on the History and Archaeology of Jordan (ICHAJ 14), à Florence (Italie) en janvier 2019.

 

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