UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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GENIS Nicolas

GENIS Nicolas
Catégorie
Chercheur/enseignant-chercheur associé
Thèmes de recherche
  • Mémoire et identité collectives
  • Poliorcétique et architecture militaire
  • Urbanisme
Thèse soutenue à HiSoMA

Mémoire et espace : archéologie de l'identité collective en Grèce antique

Directeur de thèse
Date soutenance
Samedi, 15. Décembre 2018

 

Résumé du projet de thèse

https://www.theses.fr/s117000

La question de la mémoire dans l’Antiquité a déjà fait l’objet d’une bibliographie importante, mais exclusivement à partir de sources littéraires. Mon projet de thèse s’inscrit dans une approche qui se veut renouvelée : prise en compte avant tout des sources archéologiques et comparaison avec les sources littéraires, qui seront confirmées, précisées ou infirmées. Les sources archéologiques offrent la possibilité d’avoir accès, en quelque sorte, au quotidien des Grecs, à travers l’étude de l’organisation de l’espace : comment nomme-t-on les lieux, comment les organise-t-on les uns par rapport aux autres, comment choisit-on les monuments et les styles pour les occuper et les décorer ? Dans tous ces aspects, il est possible de repérer un lien avec la mémoire : ces choix monumentaux, stylistiques et topographiques rendent compte d’un certain usage de la mémoire, ils font référence implicitement ou rappellent explicitement un souvenir passé autour duquel la communauté concernée se construit une identité collective en se représentant à elle-même. Il faut noter que les Anciens ne faisait pas une grande différence entre l’histoire des événements qu’ils avaient connus ou que leurs aïeuls avaient connus et la mémoire collective des mythes qu’ils attribuaient à une époque plus ancienne, sans faire de distinction entre fiction et histoire.
Ainsi, il est possible d’étudier l’identité dans l’Antiquité autrement qu’en s’interrogeant sur les questions d’identités ethnique ou helléniques à partir de sources textuelles. L’étude des sources archéologiques et de l’espace permettra de réactiver l’expression des « lieux de mémoire » de Pierre Nora, en considérant en effet que les lieux sont porteurs d’une mémoire, elle-même vecteur d’identité.
L’autre enjeu principal de ce sujet rejoint l’histoire sociale. En ne se limitant pas à l’échelle de la cité (polis), mais justement en étudiant tout type d’identité collective, il sera possible d’identifier et d’étudier les communautés qui composent la société grecque, en repérant – comme pour leur rapport à la mémoire – les continuités et ruptures au cours des siècles, puisque nous faisons le choix de la longue durée, indispensable pour l’étude des compositions et recompositions des identités, en lien avec les dominations successives et les aires de souveraineté politique.
Quelques contextes serviront de points de départ pour cette analyse, avec des exemples originaux de cités qui mettent en œuvre une ou des mémoires pour se donner, conserver ou renouveler une identité collective : l'autochtonie (Athènes), le sanctuaire panhellénique (Delphes et Olympie), la cité ambivalente (Délos), la cité coloniale (Thasos). 
Le style, en tant qu’identité visuelle qu’une collectivité se donne, est au centre de la question puisque le choix des symboles qui représentent une collectivité relèvent d’une stylisation du passé en réponse à des exigences précises (circonstances critiques, menaces, nouvelles ressources, etc.) pour construire un identité adaptée à la situation actuelle. Comment choisit-on les critères topographiques et symboliques qui définissent une identité collective par l’intermédiaire de la construction d’une mémoire ?

Situation actuelle :

Membre scientifique de l'École française d'Athènes 

Mots clés

Mémoire, identité, épigraphie, histoire ancienne, histoire sociale, archéologie, topographie.

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