UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Axe transversal : Antiquité tardive : histoire sociale et culturelle

L’Antiquité tardive est une période de l’histoire à part entière qui a retrouvé depuis une trentaine d’années toute sa place dans l’historiographie. Elle n’est plus considérée comme une simple transition entre l’Antiquité romaine déclinante et un Moyen Âge en formation. Elle est désormais étudiée pour elle-même et les sources documentaires qui permettent de l’aborder sont mieux interrogées et sollicitées : sources littéraires extrêmement riches et variées, mais souvent rejetées par les classiques comme décadentes ou partiales ; sources archéologiques souvent balayées par des fouilles qui ont longtemps privilégié les strates nobles des édifices et des villes, sans se préoccuper de leur état tardif ; sources numismatiques subissant le même préjugé sans parler de l’histoire de l’art particulièrement dévaluée pour cette époque.

On donne aujourd’hui à cette période, à ses problématiques et ses enjeux, toute sa place. La présence à Lyon de l’Institut des Sources Chrétiennes, dont les membres travaillent à l’édition, la traduction et le commentaire de textes chrétiens majeurs (voir programmes des Axes A et B) paraît une opportunité irremplaçable. Nous souhaitons donc regrouper les chercheurs et érudits qui s’intéressent à cette période pour tirer de ces échanges et de ce dialogue le plus grand profit.

En proposant un programme transversal qui implique tous les chercheurs et études qui s’inscrivent dans cette ère chronologique, on peut mettre en œuvre de véritables synergies et proposer des sujets de réflexion pluridisciplinaires, tout en restant dans une optique délibérément historique. Il s’agit non pas d’envisager la période dite tardive dans toutes ses composantes, mais de proposer des échanges et confrontations portant sur un point précis, dans le champ de l’histoire sociale et culturelle, grâce aux apports des sources très diverses auxquelles les chercheurs du laboratoire sont attachés : 
– sources littéraires à la fois païennes (épistolographes : B. BureauB. Cabouret ; philologue, Macrobe : B. Goldlust ; poète et panégyriste, Claudien : Fl. Garambois) et chrétiennes (A. CanellisG. BadyP. Mattei, B. Meunier)
– sources numismatiques (S. Estiot et membres de son équipe) 
– apports de l’archéologie (A. Groslambert pour l’Afrique ; P.L. Gatier et J.-B. Yon pour le Proche-Orient)
– textes juridiques (collaboration avec l’équipe travaillant sur le Code Théodosien : S. Crogiez-Pétrequin, Tours).

Ainsi l’étude des sociétés et de leur culture pourrait être le thème général. Des programmes précis seront proposés pour mettre l’accent, par exemple, sur la question des structures familiales et de la parenté ; sur les phénomènes clientélaires, les réseaux d’alliance, les stratégies d’alliances et de relation avec le pouvoir ; sur la christianisation des élites ou au contraire la résistance du paganisme au IVe siècle ; sur les rapports entre l’aristocratie municipale et le pouvoir impérial, le rôle de la culture rhétorique dans cette formation des élites. Cette réflexion sur des aspects précis de l’histoire des sociétés et des cultures tardives peut s’enrichir d’une approche plus globale et diachronique sur la romanité et l’identité romaine (travaux d’Y. Roman) à travers, en particulier, des exemples régionaux (comme la Gaule). L’originalité et l’attachement à la Romania se retrouvent à l’époque tardive (études de B. Bureau sur les mutations de la société gauloise aux IVe et Ve siècles : comment appréhender à travers les manifestations littéraires la transition socio-politique qui s’opère en Gaule entre 400 et les années 510).

La forme que pourrait revêtir cette recherche autour et sur l’Antiquité tardive est double, voire triple :
– une série de séminaires ouverts aux doctorants et post-doctorants qui permettent de regrouper à intervalles réguliers les chercheurs, séminaires centrés sur un thème précis d’échanges et de dialogue (exemple la parenté et les structures de parenté, la culture des élites, les critères de différenciation sociale…)
– des publications qui rassembleraient les apports de ces entretiens et échanges à échéance de deux années (2 sur le quadriennal) 
– pour permettre aux participants d’échanger textes, documents, fragments de traductions, ou de réflexions, on peut envisager de créer un carnet de recherche en ligne via les blogs de recherche hébergés par Hypothèses.org. Un tel outil présente l’avantage d’une très grande facilité d’utilisation (WordPress) et d’une ergonomie très simple et conviviale pour les utilisateurs. Chacun peut ajouter du matériau sous forme de billets, et les autres membres de l’équipe peuvent immédiatement réagir, compléter, etc. D’autre part il est possible de stocker sur ce type d’outil des listes de liens actualisés, permettant d’accéder aisément aux répertoires bibliographiques ou aux bases de données existantes. D’abord conçu comme un outil à usage restreint pour les membres de l’équipe, ce carnet pourra, à terme, constituer la base de publication de certains résultats aux côtés de publications papier. L’avantage est évidemment de  pouvoir rapidement mettre en série des données touchant la période : les monnaies classées selon différents critères ; les fiches prosopographiques des personnages connus par les épistoliers tardifs (Correspondance de Libanios, épistolographie latine) ; les sources iconographiques et leurs différents supports, thèmes, voire inscriptions (mosaïques tardives d’Afrique) ; les listes d’évêques et leurs activités… ; on peut multiplier les exemples de séries documentaires à faire entrer dans ce type de gestionnaire de données informatiques, surtout s’il est relié à des outils de base de données. À terme, un tel objet permettrait en outre d’offrir un outil de travail utilisable par les chercheurs du monde entier et donc d’accroître la visibilité internationale de notre laboratoire.

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