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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Recherches sur Chypre

Chypre constitue l’un des terrains de recherche parmi les plus anciens à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée. Avant la création de la MOM en 1975, Jean Pouilloux fut le fondateur et le directeur de la mission archéologique de Salamine, de 1964 à 1971. L’emblème de la Maison traduit cette relation privilégiée : l’oiseau qui campe sur la façade de la rue Raulin, dans le bas-relief de Denis Morog, et qui anime le logo de la MOM, est tiré d’un motif décoratif caractéristique de la céramique archaïque de Salamine.

Les recherches sur Chypre actuellement développées au laboratoire HiSoMA reposent sur deux missions archéologiques et s’intéressent principalement à trois sites : Salamine, Kition et Amathonte.

Carte de Chypre
Carte de Chypre (Anna Cannavò).

Salamine


Les fouilles françaises de Salamine ont commencé en 1964, d’abord sous la direction de Jean Pouilloux, puis, à partir de 1972, sous celle de Marguerite Yon. Alors que le Département des Antiquités de Chypre fouillait les nécropoles et le centre monumental d’époque romaine, au nord et à l’ouest, les fouilles françaises se sont concentrées sur le site de la ville, occupée du XIe s. av. J.-C. au VIIIe s. de notre ère, au sud.

Salamine de Chypre
Photographie aérienne du site de Salamine, 1963 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

Trois grands secteurs ont été explorés :
– Dans la région sud-est, la basilique paléochrétienne de la Campanopétra (n° 4) et, à proximité, un tronçon du rempart de l’âge du Fer (n° 6) ainsi qu’un sanctuaire (n° 5), en usage du XIe au VIe s. av. J.-C. ;
– Au sud-ouest, le temple de Zeus, édifié à l’époque hellénistique (n° 2), ainsi qu’à proximité une tombe du début de l’époque géométrique (Tombe I, n° 1) ;
– Au nord-ouest, une résidence byzantine, dénommée l’« huilerie » en raison d’un pressoir installé au cours d’une phase plus récente dans l’abside du bâtiment (n° 3).

Les fouilles françaises ont largement contribué à la connaissance de l’histoire du site. Parmi de nombreuses découvertes, on mentionnera notamment celle d’une tombe (Tombe I), datée du XIe s. av. J.-C., qui témoigne de l’installation sur le site nouveau de Salamine de populations vraisemblablement venues de la ville voisine d’Enkomi. Dès cette époque, Salamine est une ville importante, comme le prouve la présence d’un rempart et d’un sanctuaire.

À l’autre extrémité de l’échelle du temps, les fouilles de la basilique de la Campanopétra et de la résidence byzantine (dite « huilerie ») ont livré un abondant matériel qui renseigne sur l’une des époques les plus florissantes de Salamine, quand la ville, rebâtie après les terribles tremblements de terre du IVe siècle ap. J.-C., était capitale de l’île sous le nom de Constantia.

Campanopétra
Début de la fouille à la basilique de la Campanopétra, 1965 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

L’invasion de 1974 a brutalement arrêté les recherches sur le terrain. Malgré des pertes irrémédiables, les travaux n’ont toutefois pas cessé, grâce à la documentation qui a pu être sauvegardée. Un colloque, organisé à Lyon et édité par M. Yon en 1978, dressait un état des recherches. Depuis, les publications se sont poursuivies à un rythme soutenu. La collection Salamine de Chypre comporte actuellement 16 volumes, tous consultables en accès libre sur Persée.

Les archives scientifiques de la mission sont conservées à la Maison de l’Orient. Le projet de numérisation et d’exposition en accès libre de ces archives, mené en collaboration avec le Pôle Systèmes d’information et réseaux de la MOM (PSIR) et initié grâce à un financement BSN 5 en 2014, a été finalisé en 2019. Organisées par secteur d’exploration, ces archives renseignent aussi bien la fouille (photographies, relevés, carnets) que les objets découverts (fiches d’inventaire, photographies, dessins). Les documents sont accessibles librement sur le portail  chypre.mom.fr. Enregistrés par chantier et par carré de fouille, ils permettent de recontextualiser les découvertes et de les associer aux publications éventuelles (via un lien vers le portail Persée).

Pour aller plus loin : Zoom sur les archives de Salamine numérisées, article de P. Desfarges et S. Fourrier, dans Les Nouvelles de l’archéologie, 2016.

Kition

La mission archéologique de Kition est cofinancée par le MEAE. À la suite de Marguerite Yon (1976-2007), Sabine Fourrier en assure la direction depuis 2008.

Fouilles anciennes

Entre 1976 et 1999, les fouilles ont essentiellement porté sur le site de Kition-Bamboula (dans la partie nord de la ville moderne de Larnaca). Le site avait été exploré à plusieurs reprises, notamment par la mission suédoise à Chypre qui y avait fait un sondage en 1929.

Kition-Bamboula
Vue aérienne du site de Kition-Bamboula vers l’ouest (Bing Maps).

Les fouilles de la mission française ont démontré que la Bamboula (« colline » en chypriote) était une motte artificielle recouvrant les niveaux antiques et non une acropole. Trois ensembles distincts ont été fouillés, du sud au nord : un bâtiment monumental d’époque classique, équipé d’un système complexe d’évacuation des eaux ; un sanctuaire, fondé au IXe s. av. J.-C. ; et le bassin portuaire bordé de différentes installations, notamment de hangars à trières d’époque classique.

Sanctuaire de Kition-Bamboula
Vue générale de la fouille du sanctuaire de Kition-Bamboula vers l’ouest, 1980 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

Les résultats de ces fouilles sont publiés dans la série Kition-Bamboula, volumes I à VI. Le dernier paru est consultable en accès libre sur Persée : A. Caubet, S. Fourrier, M. Yon, Kition-Bamboula VI. Le sanctuaire sous la colline, TMO 67, Lyon 2015.

Un septième volume, sur la fouille du port, est en préparation grâce à un financement de la fondation White – Levy, Harvard (Kition-Bamboula VIII. Le port de guerre de Kition).

Études de topographie urbaine


Depuis 2008, la mission a élaboré, en collaboration avec le Département des Antiquités de Chypre, un Système d’information géographique (SIG) de la ville de Kition entre le Bronze récent (XIIIe s. av. J.-C.) et la fin de l’époque classique (fin du IVe s. av. J.-C.), développé par Alexandre Rabot. Dans le SIG sont localisées et référencées toutes les découvertes archéologiques, ainsi que les données topographiques, géophysiques et géomorphologiques. Il s’agit d’une base ouverte, régulièrement alimentée, qui offre un mode de gestion raisonnée du patrimoine archéologique de la ville de Larnaca. Les cartes obtenues, qui intègrent les résultats des analyses géomorphologiques concernant l’évolution de la ligne de rivage, mettent en évidence les grandes phases du développement urbain, et elles permettent de proposer des fouilles ciblées susceptibles d’apporter des réponses à des questions historiques précises.

Trois fouilles ont ainsi été menées, depuis 2012, autour de problématiques précises : la fouille de la nécropole de Kition-Pervolia (2012-2014), celle d’un habitat dans la partie nord du site de Kition-Bamboula (2016-2018), et en 2019, celle d’un tronçon du rempart sur le site de Kition-Mound (2019).


Fouilles dans la nécropole de Kition-Pervolia

Le premier programme de fouille (2012-2014) a porté sur la nécropole de Kition-Pervolia. L’objectif était de mieux comprendre l’organisation des nécropoles à l’époque du royaume, et de mieux appréhender les relations entre la ville des vivants et celle des morts (modes de circulation, rites, marqueurs funéraires). Un décapage superficiel étendu a permis d’observer les modalités d’implantation des tombes, de déterminer leur chronologie et de se pencher sur la question de la visibilité et de l’accessibilité de l’espace des morts aux vivants. La fouille exhaustive de trois tombes, d’époques différentes, a livré des informations sur le cycle d’utilisation des tombes, les aménagements associés, les rites et les gestes accompagnant la déposition des défunts, grâce notamment à la mise en œuvre des méthodes de l’archéothanatologie.

Nécropole de Kition-Pervolia
Vue de la fouille de la nécropole de Kition-Pervolia, 2014 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

Nécropole de Kition-Pervolia
Nécropole de Kition-Pervolia, 2012, oie déposée auprès d’enfants (Mission archéologique de Kition et Salamine).

La publication des résultats de la fouille dans la nécropole de Kition-Pervolia, à laquelle s’ajoute celle de la fouille d’urgence menée par le Département des Antiquités en 2012 dans la nécropole de Kition-Tourapi dont l’étude a été généreusement confiée à la mission, a paru en 2018 et est librement accessible sur le portail OpenEdition de MOM Éditions : A. Cannavò, S. Fourrier, A. Rabot, Kition-Bamboula VII : Fouilles dans les nécropoles de Kition (2012-2014), TMO 75, Lyon 2018. Les archives scientifiques de la fouille sont, quant à elles, en accès libre sur le portail chypre.mom.fr. Des liens permettent de passer directement de la notice publiée (papier ou numérique) aux archives qui y correspondent sur le portail.

Pour aller plus loin : Zoom sur les fouilles de la nécropole de Kition (février 2015).


Fouille de l’habitat de Kition-Bamboula

Un deuxième programme de fouilles ciblées (2016-2018) a porté sur un secteur d’habitat dans le nord de la parcelle de Bamboula, où la mission avait ouvert en 1976 un sondage, publié dans Kition-Bamboula III (M. Yon, A. Caubet, Kition-Bamboula III. Le sondage L-N 13 [Bronze Récent et Géométrique I], Paris 1985).

L’objectif du programme était de préciser les limites de la ville au début de l’âge du Fer : le sondage de 1976 avait mis en lumière un habitat du XIe s. av. J.-C., adossé à un rempart dont seul semblait subsister le négatif. En reprenant ce sondage et en l’élargissant, on visait à confirmer l’existence du rempart à cet endroit, et la chronologie de son utilisation (les tronçons connus, fouillés à Kition-Kathari à proximité de Bamboula, permettent d’en dater l’édification au XIIe s. av. J.-C.).

Kition-Bamboula
Kition-Bamboula, photogrammétrie du site à la fin de la fouille, 2018 (Mission archéologique de Kition et Salamine, A. Rabot).

La fouille n’a pas permis de retrouver le rempart, ni son négatif, mais de prouver son absence : la zone était, au moins au Bronze récent et au début de l’âge du Fer, hors les murs. Elle a, par ailleurs, révélé une occupation continue, depuis le Bronze récent (XIIIe-XIIe s. av. J.-C.) jusqu’à la fin de la période géométrique (VIIIe s. av. J.-C.). Des puits circulaires, creusés dans le substrat, ont livré un matériel abondant datable des XIIIe-XIIe s. av. J.-C. Un riche matériel, fait de céramiques (locales et importées) et de fragments d’objets en matières nobles (or, bronze, ivoire et faïence), a également été mis au jour au sein d’un épandage scellant, de manière ritualisée, la fin de l’occupation du XIIIe siècle. Enfin, sous le sol de l’habitat du XIe s. av. J.-C. a été découvert un enchytrisme (inhumation de périnatal en jarre) particulièrement bien conservé. 

Kition-Bamboula
Kition-Bamboula, enchytrisme du XIe s. av. J.-C., 2017 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

Dans un sondage implanté à peu de distance vers l’ouest, tous les niveaux antérieurs avaient été traversés par un puits romain (IIIe s. ap. J.-C.). Sa forme allongée et les détails de sa construction montrent qu’il était muni d’une roue à godets. C’est l’un des premiers puits de ce type attestés à Chypre. Son comblement était fait de débris et déchets divers ; il contenait également des squelettes associés de périnatals humains et de porcelets. 

Kition-Bamboula
Kition-Bamboula, puits à roue élévatrice du IIIe s. ap. J.-C., vue vers le sud, 2018 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

La publication des résultats de la fouille, en préparation, constituera le volume IX de la série Kition-Bamboula et s’accompagnera, comme cela a été fait pour la nécropole de Pervolia, de la mise en ligne en accès libre des archives sur le portail chypre.mom.fr.

Pour aller plus loin : rapports dans la Chronique des fouilles en ligne (notices 6169, 6409 et 6780). 


Fouille du rempart, site de Kition-Mound

En 2019, la mission a mené une fouille limitée dans la partie sud de la ville de Larnaca, sur une colline naturelle mentionnée par les voyageurs comme abritant probablement un bastion protégeant l’une des portes de la ville (site connu dans la littérature archéologique comme « Mound »). De fait, de gros blocs de conglomérat affleurent en surface, tout à fait semblables à ceux qui ont été fouillés dans la partie nord de la ville (site de Kathari) et appartiennent aux fortifications urbaines du XIIe s. av. J.-C. Si toutefois ce tronçon appartenait bien aux murailles du Bronze récent, on s’étonnait de l’extension restituée de la ville de Kition (70 ha), bien supérieure à celle de n’importe quelle autre ville chypriote de même époque. La fouille visait donc à établir l’existence à cet endroit d’un rempart, son tracé et sa datation.

Le sondage ouvert a permis de constater que le mur, d’orientation nord-sud, était bien en place. Construit en gros blocs de conglomérat avec un remplissage de débris divers (dalles de gypse fragmentaires, plâtre), il reposait sur une couche argileuse très dure, posée sur le substrat naturel. Ce dernier avait été aménagé : les restes d’un sol de mortier de plâtre conservant l’empreinte d’un dallage de grandes plaques révèlent l’existence d’un bâtiment antérieur, arasé et pillé pour édifier à la hâte la muraille. Le rare matériel retrouvé en place suggère une datation à la fin de l’époque classique – début de l’époque hellénistique (fin IVe-début du IIIe s. av. J.-C.), dans la période troublée qui voit la fin des royaumes de Chypre et l’affrontement entre Démétrios Poliorcète et Ptolémée.

Kition-Mound
Kition-Mound, rocher aménagé portant l’empreinte d’un pavement, vue vers le nord, 2019 (Mission archéologique de Kition et Salamine).

Amathonte


La mission archéologique d’Amathonte a été établie en 1975 sous les auspices de l’École française d’Athènes et du MEAE. Après Pierre Aupert (1975-2002), Sabine Fourrier (2003-2007) et Antoine Hermary (2008-2015), elle est aujourd’hui dirigée par Anna Cannavò.

Le site d’Amathonte se développe sur deux éminences dont l’acropole, plus élevée et plus escarpée, à l’ouest, est haute de 87 m. Les deux élévations déclinent vers la mer, au sud. À l’ouest, au nord et à l’est s’étendent les nécropoles. La mission française a exploré plusieurs secteurs, aussi bien sur l’acropole qu’en dehors de celle-ci, et a mené des recherches approfondies à l’échelle de la région, en contribuant largement à la connaissance de l’histoire du site, de son établissement au début du Ier millénaire av. J.-C. jusqu’à son abandon à la fin de la période tardo-antique (VIIe s. ap. J.-C.).

Amathonte
Amathonte, vue aérienne du site, 1991 (P. Aupert / EfA).

Certains ensembles ont fait l’objet de fouilles étendues :
– Le sanctuaire de l’acropole, consacré à la Grande Déesse Kypria, identifiée vers la fin de l’époque classique à Aphrodite : dominé à l’âge du Fer par deux grand vases en calcaire (dont l’un se trouve au Louvre depuis 1865), le sanctuaire accueille au Ier s. ap. J.-C. un temple de type grec avec chapiteaux de style dit « nabatéen ». À l’époque tardo-antique (VIe – VIIe s. ap. J.-C.) l’espace du sanctuaire est entièrement remodelé autour d’une basilique.
– Le palais des rois d’Amathonte : sur le versant sud de la colline, à mi-pente, la fouille a mis en lumière plusieurs pièces d’un bâtiment monumental, sans doute le palais des rois d’Amathonte aux époques archaïque et classique. Les espaces dégagés, consacrés au stockage, étaient très riches en matériel de grande qualité.
– Les fortifications de la ville : dès l’époque archaïque, Amathonte était ceinte d’un rempart dont plusieurs tronçons ont été fouillés. L’enceinte fut remaniée plusieurs fois pendant les époques successives, notamment au début de l’époque hellénistique. Vers la fin de la période tardo-antique, de nouveaux ouvrages de fortification (en contrebas du palais, sur l’acropole) témoignent du sentiment d’insécurité qui conduit, à la fin du VIIe siècle, à l’abandon du site.
– Le port : sa construction, à la fin du IVe s. av. J.-C., est en rapport avec la courte période de contrôle antigonide de Chypre, à cheval entre le IVe et le IIIe s. av. J.-C. Il resta toutefois inachevé, et il est aujourd’hui submergé.

Amathonte
Amathonte, sanctuaire de l’acropole, vue vers l’ouest, 2014 (A. Cannavò / EfA).

Amathonte
Amathonte, palais, chapiteau hathorique (Ph. Collet / EfA).

D’autres fouilles ont été menées à différents emplacements : dans la ville basse (agora et ses abords sud-ouest), dans la nécropole nord, sur l’acropole (Terrasse ouest), en zone péri-urbaine (Agios Tychonas-Asvestoton). 

Pour mieux appréhender le contexte géographique et resituer la ville antique dans son environnement naturel et anthropique, la mission a mené à la fin des années 1980 une prospection pédestre du territoire d’Amathonte, couvrant les communes modernes d’Agios Tychonas, Parekklisha, Pyrgos et Armenochori. Cette étude a mis en lumière, entre autres, un peuplement particulièrement dense et important à l’époque préhistorique. Certains des sites repérés en prospection (Shillourokambos, Klimonas) ont été par la suite fouillés dans le cadre de la mission « Néolithisation » (dir. J. Guilaine, puis Fr. Briois et J.-D. Vigne).

Arrière-pays amathousien
L’arrière-pays amathousien depuis le mont Sinoas, vue vers le sud, 2013 (A. Cannavò / EfA).

Les résultats des travaux de la mission d’Amathonte sont publiés dans les collections de l’École française d’Athènes. Un rapport détaillé d’activités a été publié annuellement dans le Bulletin de correspondance hellénique, de 1975 jusqu’en 2016. Il paraît désormais dans le Bulletin des activités archéologiques des Écoles françaises à l’étranger). Les résultats des fouilles sont publiés dans la collection des Études chypriotes, dont vingt volumes ont paru (dix volumes sont consultables en accès libre sur la plateforme cefael.efa.gr). 

Depuis 2014 la mission développe un programme de SIG (Système d’information géographique) sur l’ensemble du site (centre urbain et nécropoles). Ce programme a été mis en place dans le but de recueillir, organiser et exploiter une documentation dispersée et en partie inédite. Le SIG constitue un outil d’analyse topographique et historique, ainsi qu’un instrument d’enregistrement de la documentation et de traitement des données. Un nouveau plan numérique du site à l’échelle 1/200e a ainsi été élaboré, en intégrant aussi bien les informations issues des archives (relevés de fouille) que de nouvelles observations de terrain. Grâce à la collaboration du Département des Antiquités de Chypre, les presque mille tombes découvertes dans les nécropoles d’Amathonte ont été pour la première fois identifiées, recensées et localisées. L’information archéologique est enregistrée dans des bases de données qui sont enrichies progressivement. Le SIG d’Amathonte sera publié en ligne sur le site de l’École française d’Athènes, par le biais de l’application Web SIG développée d’abord dans le cadre du SIG de Délos.

SIG Amathonte
Extrait du Web SIG d’Amathonte, détail de la nécropole ouest (EfA).

Pour aller plus loin : article de A. Cannavò et L. Fadin, dans Les Nouvelles de l’archéologie, 2016.

Programme de recherche sur les royaumes de Chypre


Le programme de recherche sur les royaumes de Chypre (XIIIe-IIIe s. av. J.-C.) est articulé autour de différents thèmes qui recoupent des axes de recherche développés par d’autres équipes d’HiSoMA :
– les productions artisanales : caractérisation d’identités culturelles régionales à partir de l’étude de la civilisation matérielle (céramique et figurines de terre cuite) ;
– les contacts de population et les phénomènes d’acculturation (notamment à travers l’étude du royaume « chypro-phénicien » de Kition et du royaume « indigène » d’Amathonte) ;
– l’organisation, politique et territoriale, des royaumes chypriotes et leurs relations à l’échelle de l’île comme à celle du Proche-Orient ;
– les pratiques et les gestes (en contexte domestique, funéraire et cultuel) ;
– les sources écrites, les langues et les écritures.

Prix et distinctions


Mission de Kition et Salamine

Bourse Paule Dumesnil de l’AIBL (2013)
Label archéologie de l’AIBL (2016, renouvelé en 2017)
Premier Prix Clio de la recherche archéologique (2018)

Mission d’Amathonte

Bourse Paule Dumesnil de l’AIBL (2017) 

Collaborations


Outre des collaborations suivies avec d’autres laboratoires (ArchéorientArAr) et avec les services communs de la MOM (PSIR, Service Communication et médiation scientifique), notamment :
Centre Camille-Jullian (Aix-en-Provence)
Centre d’Études Chypriotes (Nanterre)
CEREGE (Aix-en-Provence)
Département des Antiquités de Chypre
Fondation A.G. Leventis
Laboratoire ASM (Montpellier)
Musée du Louvre
Université de Chypre
Université de Rennes 2
Université de Rouen
Université Laval

Derniers ouvrages parus (depuis 2010)


Cahiers du Centre d’Études Chypriotes
40 (2010) à 48 (2018).
A. Cannavò, S. Fourrier, A. Rabot, Kition-Bamboula VII. Fouilles dans les nécropoles de Kition (2012-2014), Lyon, TMO 75, 2018.
A. Cannavò, L. Thély (éd.), Les royaumes de Chypre à l’épreuve de l’histoire : transitions et ruptures de la fin de l’âge du Bronze au début de l’époque hellénistique, Athènes, BCH Suppl. 60, 2018.
A. Caubet, S. Fourrier, M. Yon, Kition-Bamboula VI. Le sanctuaire sous la colline, Lyon, TMO 67, 2015.
J.-Y. Empereur (éd.), The Hellenistic Harbour of Amathus: Underwater Excavations, 1984-1986. Volume 2: Artefacts Found during Excavations, Athènes, ÉtChypr 20, 2018.
J.-Y. Empereur, T. Koželj, The Hellenistic Harbour of Amathus: Underwater Excavations, 1984-1986. Volume 1: Architecture and History, Athènes, ÉtChypr 19, 2018.
I. Tassignon, Le «  Seigneur aux lions  » d’Amathonte  : étude d’iconographie et d’histoire des religions des statues trouvées sur l’agora, Athènes, ÉtChypr 18, 2013.

Dernières manifestations scientifiques (depuis 2010)


Colloque international PoCA (Postgraduate Cypriote Archaeology), Lyon, 19-22 octobre 2011 (actes publiés dans le CCEC 41, 2011).
Journée d’étude, Aix-en-Provence, 14 mars 2014, « Pratiques et gestes cultuels à Chypre au premier millénaire av. J.-C. » (actes publiés dans le CCEC 44, 2014).
Colloque international, Athènes, 20-21 mars 2015, « Les royaumes de Chypre à l’épreuve de l’histoire : transitions et ruptures de la fin de l’âge du Bronze au début de l’époque hellénistique » (actes publiés dans le nº 60 du Supplément du BCH).
Colloque international en hommage à Antoine Hermary, Marseille, 16-17 octobre 2015 « Chypre et les grandes îles de Méditerranée : un nouvel espace d’échanges, de la fin du IIe millénaire av. J.-C. à l’époque hellénistique » (actes publiés dans le CCEC 46, 2016).

Expositions (depuis 2010)


Aux origines des recherches lyonnaises à Chypre
. La mission archéologique de Salamine. 50 ans de collaboration franco-chypriote (Lyon, 27 mai-30 juin 2015, puis Larnaca, Chypre, septembre-décembre 2015).
Amathonte 1975-2015. Vie d’une mission archéologique française à Chypre (Athènes, avril-août 2015, puis Nicosie, Chypre, 7 octobre 2015-7 janvier 2016). Les panneaux sont désormais exposés à l’entrée du site d’Amathonte.
Amathous of Cyprus, a city most ancient, exposition organisée par le Département des Antiquités de Chypre en collaboration avec l’École française d’Athènes (Limassol, depuis le 7 octobre 2016). 

Exposition Salamine
Affiche de l’exposition La mission archéologique de Salamine, 2015.

Amathous of Cyprus
Vue de l’exposition Amathous of Cyprus, Limassol, 2016 (N. Denninger). 

Contacts

Anna Cannavò
Sabine Fourrier
Voir également le site du Centre d’Études Chypriotes

 

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