UMR 5189

Suivre l'actualité par flux RSS

Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Monnaie et circulation monétaire

Axe C - Société en mutation - Programme 1

La monnaie est un artefact, comme tout autre objet issu de la civilisation matérielle, mais aussi un vecteur d’échanges, un marqueur essentiel de la vie économique, ainsi que le medium le plus répandu qui soit, mêlant image et épigraphie, propageant messages politiques, religieux et idéologiques. Les programmes numismatiques sont producteurs et éditeurs de corpus et d’inventaires. Ils en sont aussi les premiers « exploitants » étant donné que la collecte, l’analyse, l’interprétation et la diffusion des sources documentaires primaires (corpus) n’ont pas été fixées comme un but en soi, mais comme le moyen d’assurer des fondations fermes, vérifiées et exhaustives sur lesquelles édifier l’étude historique. Par ailleurs, la méthode revendiquée n’est pas de demeurer dans le champ d’une discipline érudite réservée aux seuls spécialistes, aussi légitime et honorable soit-elle, mais d’envisager la numismatique comme un mode d’approche d’une période historique, à l’égal de l’épigraphie, la papyrologie, l’archéologie, la philologie, la littérature.

• Bases documentaires, établissement de corpus numismatiques :

On fait ici le choix de positionner les recherches de numismatique dans le programme C1 consacré à l’économie, tout en envisageant également l’impact de ces travaux dans le programme C2 de cet axe (Ville, territoire, pouvoir).

Le programme de recherches de l’équipe de numismatique (dir. Sylviane Estiot) s’inscrit dans un rapport étroit avec les grandes collections institutionnelles (musées, grandes bibliothèques, en particulier les collections présentes en Rhône-Alpes), souvent formalisé dans le cadre de programmes communs.

- Les monnaies antiques en Rhône-Alpes :
Julie Dalaison (Lyon 2) poursuivra la réalisation de la S.N.G. des monnaies grecques conservées au Musée des Beaux-Arts de Lyon, avec Richard Bouchon, Fabrice Delrieux (Université de Savoie) et François Planet (conservateur du médaillier du MBA).  Sur Lyon plus particulièrement, capitale des Gaules, siège de l’atelier monétaire principal de l’empire sous les Julio-Claudiens et principal atelier monétaire d’Occident au IIIe siècle jusqu’au début du Ve siècle, les inventaires numismatiques de la production de l’atelier de Lyon (Le monnayage de l’atelier de Lyon) se doubleront de l’étude du médaillier du Musée des Beaux-Arts de Lyon (programmes CIBLE et ARC5 : 3 volumes en préparation) ainsi que par l’étude des monnaies découvertes en fouilles archéologiques récentes sur la ville de Lyon (programme ARC INRAP obtenu par Christian Cécillon et Daniel Frascone).

- Monnayage de l’Empire romain :
BNCMER Bibliothèque nationale. Catalogue des monnaies de l’Empire romain :
S. Estiot, BNCMER XII.2. Probus (publication conjointe des collections majeures de Paris et de Vienne)
(en projet S. Estiot & P. Zanchi, BNCMER XII.3. De Carus à la réforme de Dioclétien)
(en projet T. Bardin, BNCMER IX. Gordien - Emilien)
RIC Roman Imperial Coinage :
S. Estiot & J. Mairat, Révision du RIC V.1
(en projet O. Lempereur, Révision du RIC IV. Sévères)

• Production, circulation, diffusion, immobilisation et thésaurisation dans les circuits monétaires dans l’Empire romain :

Plusieurs études, sous la direction de Sylviane Estiot, seront consacrées à l’étude des phénomènes monétaires propres à la période romaine impériale. Elles impliqueront également des doctorants.

- Lieux de production : identification des ateliers, période d’activité, ouverture et fermeture ; monetae comitatenses ; rôle des activités militaires sur l’activation ou la mise en sommeil des ateliers monétaires.
  -L’organisation matérielle au sein de l’atelier : officines (identifiées ou non par marquage sur les monnaies), du personnel monétaire (graveurs) ; questions de manufacture : alois et analyses métallique non destructives par ANRC (approche interdisciplinaire, analyses physico-chimiques menées par l’IRAMAT).
- Élaboration des chrono-typologies : pour la monnaie, attribution à tel ou tel des ateliers (pour le monnayage impérial romain, pas de système obvie de marquage des ateliers ou de marquage des émissions jusqu’aux réformes d’Aurélien et de Dioclétien) ; reconstitution des émissions et datation ; rythmes et volume de la production.
- Étude du phénomène particulier de l’imitation (spécificité des IIIe et IVe siècle de n. è.) et de son impact dans la circulation monétaire.
- Les aires de diffusion et de circulation : pour la monnaie, étude des profils monétaires de sites archéologiques, phénomènes d’immobilisation (trésors monétaires) liées aux causes évènementielles (insécurité, invasions, incendies) comme aux manipulations de l’État romain sur sa monnaie (décris et rappels, dévaluations métalliques) ; phénomènes de « résidualité » (réutilisation à date ultérieure de numéraire depuis longtemps hors d’usage ou décrié, détectable en stratigraphie dans les fouilles récentes).
- Les vecteurs de diffusion (pour la monnaie, l’armée, principal destinataire des frappes ; puis percolation dans les différentes strates sociales et économiques ; rôle des voies terrestres, fluviales et maritimes).
- Les usages et les usagers : pour la monnaie, deux niveaux « braudéliens », celui de l’État (la monnaie pour faire face aux dépenses et collecter les taxes) ; celui du public (monétarisation réelle de l’économie ? usage et détournement de la monnaie : immobilisation ; thésaurisation ; imitations locales et monnayages de nécessité ; réutilisations ultérieures).

Logo CNRS    Logo université Jean Monnet  Logo ENS Lyon