UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Productions et marchés

Axe C - Société en mutation - Programme 1

L’étude des productions régionales et de l’organisation des échanges est un des moyens de mesurer le rayonnement et le degré d’intégration des cités et des régions dans les économies de Méditerranée antique.

Les études de céramologie

Elles occupent dans ce domaine une place prépondérante, à partir du matériel fourni sur les sites particulièrement bien documentés d’Alexandrie, Beyrouth, Xanthos et Délos où Sandrine Élaigne et Annette Peignard-Giros poursuivront leurs travaux en s’appuyant sur plusieurs collaborations.

- La question de la place de Délos dans les circuits commerciaux égéens à partir de l’étude de contextes céramiques (Annette Peignard-Giros, Lyon 2) :
La publication de deux ensembles de céramiques de Délos, dans le cadre de la publication générale de deux maisons ou quartiers d’habitation de la fin de l’époque hellénistique, permettra de mettre en relief les modes de vie dans les habitations déliennes, en associant l’étude de la céramique à celle des autres artefacts présents dans les différentes pièces des maisons. Elle devrait également fournir un éclairage sur la place de Délos dans le trafic commercial dans le bassin Egéen, et ses relations avec les grandes régions de l’Orient et de l’Occident méditerranéen. La production et le commerce local de certaines denrées, comme les parfums, pourront également être documentés, car l’une des insulae étudiées comprenait un espace de stockage et de vente de détails d’huiles parfumées. La question de la place de Délos dans les circuits commerciaux égéens sera également abordée à travers l’étude de la circulation des céramiques à vernis rouge (« sigillées orientales ») de Pergame et d’autres cités d’Asie Mineure, particulièrement bien représentées à Délos. Il s’agira de déterminer quelle est la part des productions réellement pergaméniennes, et la place des autres productions égéennes qui imitent les modèles pergaméniens. Cette problématique nécessitera de recourir à des analyses chimiques de céramiques, seul moyen d’obtenir des résultats fiables sur l’origine des diverses productions.

- Étude de réseaux d’échanges en Méditerranée orientale à partir des productions céramiques, à des échelles intra-régionale et extra-régionale (Sandrine Élaigne, CNRS) :

  1. À partir des corpus de Beyrouth (fouilles françaises, collab. IFPO et S. Lemaître, univ. Poitiers) et d’Alexandrie (fouilles du CEAlex), poursuite de l’identification des productions céramiques hellénistiques qui circulent à l’échelle extra-régionale à partir de sites de consommation. Méthode : classement macroscopique, recherche archéométrique en physico-chimie (utilisation d’un appareil Niton dans le cadre ANR de CERAMALEX) et en pétrographie (collab. Anne Schmitt dans le cadre d’un futur programme CEDRE dir. P.-L. Gatier), alimentation de bases de données : CERAMALEX ainsi que le futur programme en préparation pour sa poursuite, Levantine Ceramics Project (collab. A. Berlin, univ. Boston).

  2. Travaux sur la circulation des productions à l’échelle intra-régionale et sur les réseaux d’échanges régionaux : Phénicie du sud (littoral de Tel Arqa à Tyr), côte occidentale et côte orientale de Chypre méridionale, réseau Rhodes/Lycie/Chypre, réseau Phénicie/côte oriental Chypre/Alexandrie.

 - Détermination des faciès des échanges céramiques à l’époque hellénistique en élargissant la recherche aux corpus amphoriques et céramiques communes pour confronter les provenances en association aux quantités à des périodes données (collab. S. Lemaître, univ. Poitiers, C. Harlaut et A. Simony, Centre d’Etudes Alexandrines) sur les corpus de Beyrouth, Alexandrie, Letôon de Xanthos. À plus long terme, détermination des faciès des échanges de produits et denrées en intégrant à la recherche des denrées autres que les amphores, objet d’une diffusion à longue distance et dont la céramique constitue un fret de complément (sources littéraires et identification archéométrique, notamment pour les matières naturelles, collab. Marie-Dominique Nenna, Valérie Pichot, Centre d’études Alexandrines, et R. Caracas, ENS Laboratoire LGLTPE - UMR5276).

Participation à des réseaux internationaux :

- Étude des sigillées orientales en collaboration avec Henryk Meyza, chercheur titulaire à l’Académie polonaise des Sciences, Varsovie.
- ANR CERAMALEX en cours de renouvellement (collab. CEAlex et univ. Cologne).
- Programme CEDRE en cours de redéfinition et renouvellement (dir. P.-L. Gatier, collab. Cl. Doumet, British Museum, D. Pieri, univ. Paris I, Anne Schmitt, MOM).
- Levantine Ceramics Project,  Base de données et encyclopédie en ligne (dir. A. Berlin, univ. Boston).

Les études sur l’artisanat du verre antique

Ces études s’inscrivent dans la continuité de programmes antérieurs (Marie-Dominique Nenna, CNRS) et permettront d’approfondir l’étude d’autres marqueurs du commerce grec et romain.

- La création d’outils pour la recherche sera poursuivie dans le cadre de la chronique bibliographique dans la Revue archéologique et du Corpus des signatures et marques sur verres antiques. Le Corpus des signatures et marques sur verres antiques comprend actuellement trois volumes papier réunissant les marques de principaux centres de production et de diffusion qui se situent majoritairement dans les provinces occidentales de l’Empire Romain, à l’exception des données italiennes. Les collègues italiens sous notre impulsion se sont lancés dans un recensement de ces dernières, via la publication d’un colloque, la mise en route de masters et d’une banque de données. Pour pouvoir suivre l’actualité archéologique et incorporer les données italiennes, il convient de joindre nos efforts par la mise en place d’une base de données en ligne.

- Quatre autres publications sont en cours.
La première (MOM/CEAlex) fournira les résultats des prospections et fouilles d’ateliers primaires de verre en Maréotide et dans le Wadi Natrun avec la reconstitution de la chaîne opératoire, l’étude des mobiliers associés et les résultats des analyses entreprises sur le mobilier égyptien (verre brut et verre mosaïqué).

La seconde (IFAO) fera le point à partir de l’exemple de Tebtynis sur la consommation de la vaisselle et des éléments de parure en verre et en faïence, ainsi que des éléments d’incrustation en verre sur mobilier de bois, en Égypte à l’époque hellénistique et au Haut-Empire.

La troisième (IFAO/MMA) offrira à partir des sites de Kysis, Kellis et Hibis (Oasis de Kharga et de Dakhla) une synthèse sur le verre égyptien à l’époque romaine tardive, objet tant de consommation locale que d’exportation.

Les verres façonnés sur noyau : pour une nouvelle approche typochronologique, archéométrique et contextuelle, volume en collaboration avec archéologues et archéomètres destiné à être publié dans le cadre de l’École française d’Athènes sur ces premières verreries à être diffusées dans l’ensemble du monde antique, aussi bien dans les nécropoles que dans les sanctuaires, entre le vie s. et le ier s. av. J.-C. et marqueurs du commerce grec.

Autres publications envisagées :

- Figurines et mobilier en faïence du Musée gréco-romain d’Alexandrie
- Collections de verre du Musée gréco-romain d’Alexandrie
- Collections de verre du Musée de l’Université d’Alexandrie

  L’étude de l’organisation des échanges :

Elle s’appuiera de manière privilégiée sur l’exploration archéologique de plusieurs sites qui offrent une documentation particulièrement riche dans ce domaine et permettent de constituer des données de première main qui invitent souvent à modifier des connaissances plus anciennes. Il s’agit de la continuité de programmes archéologiques sur des sites où des équipes d’HiSoMA sont implantées de longue date (Délos ; Tyr ; Maréotide ; Zeugma), et pour lesquels la programmation s’infléchit en direction de l’analyse des systèmes économiques, mais aussi de nouvelles implantations pour l’unité (Porsuk ; Désert oriental).

- À Délos, l’étude des marchés et des infrastructures commerciales (entrepôts, bâtiments du commerce et du contrôle des échanges, équipements) fait l’objet d’une étude en partenariat avec l’EfA et l’IRAA (Véronique Chankowski-Lyon 2, Jean-Charles Moretti-CNRS, IRAA). Développée d’abord dans le cadre de l’ANR Entrepôts (2009-2012), elle se poursuivra avec l’analyse conjointe des bâtiments et des équipements de vente : tables de mesure (sèkomata), poids commerciaux, monnaies. Cette étude intègre également des travaux de métrologie grecque entrepris en partenariat avec l’Université de Louvain (Charles Doyen-UCL & HiSoMA).

 - La mission archéologique de Tyr au Liban (dir. P.-L. Gatier, CNRS) verra l’élargissement du secteur exploré pour pouvoir constituer une zone unifiée, sans discontinuités, et pour faire le lien avec la mer de façon à comprendre où se situait le port sud, en prolongeant les recherches de géoarchéologie menées récemment dans ce secteur ; de même, les rues et niveaux tardo-antiques autour du secteur de la cathédrale seront incorporées au programme de ce quadriennal. Il doit permettre, dans tout le site, de faire la lumière sur deux époques de transition, cruciales mais mal documentées à ce jour : la fin de l’époque phénicienne, début de l’époque hellénistique ; la fin de l’époque byzantine, début de l’époque islamique.

L’étude archéométrique des céramiques de Tyr et de Sarepta se poursuivra, réorientée dans les domaines de la pétrographie et de la géologie (en lien avec l’UL et avec la Mission archéologique du British Museum à Sidon) de façon à pouvoir différencier les divers sites de production de la côte et affiner les études sur le commerce tyrien. Les activités patrimoniales, pour le moment limitées à des rapports et recommandations, se diversifieront (rédaction des panneaux et notices pour le site et pour le musée en cours). De nouvelles publications globales regrouperont les résultats des campagnes de 2014-2020.

 Principaux partenariats et financements :
MAE, HiSoMA, DGA, IFPO, USR Maison de l’Orient, trois universités libanaises (AUB, USJ, UL), CNRS libanais, Société Éveha, INRAP.

 - Sur le site de Taposiris/Plinthine (MAE, dir. B. Redon, CNRS-HiSoMA, & M.-Fr. Boussac, Paris Ouest), l’importance des premières découvertes (niveaux d’époque archaïque et classique, grande quantité de vases et amphores importés de Méditerranée Orientale) sur le kôm de Plinthine ouvre la voie à de nombreux questionnements, notamment sur la place de Plinthine dans le réseau des emporia grecs d’Égypte et sur les modalités d’arrivée des premiers Grecs sur le territoire de l’Égypte saïte, en Maréotide et plus largement dans le Delta. L’hypothèse du rôle de Plinthine comme port de déchargement pour des navires étrangers, grecs ou orientaux, conduira à travailler sur la place de ce petit port dans les échanges économiques entre l’Égypte et la Méditerranée (origine des commerçants, des productions, part des importations et des productions locales dans les échanges etc.).

 - La Maréotide a participé directement à la prospérité économique de la mégapole alexandrine, en constituant une ressource agricole importante et une région clé de son développement. À l’initiative du laboratoire Ecolab, du CEREGE et du CEAlex, un programme de recherche visant à restituer le paysage agricole et artisanal de cette région a été mis en œuvre et bénéficie du support de l’ANR (2013-2016). Une double approche est menée, d’une part à partir de la compilation et l’analyse des données historiques (textes anciens, récits de voyageurs, toponymie, cartes anciennes), d’autre part par les prospections de terrain (dir. Marie-Dominique Nenna, CNRS-HiSoMA, Valérie Pichot-CEAlex). On procèdera également à une compilation des données historiques et paléo-environnementales disponibles pour la région de la Maréotide des canaux jusqu’à la branche Canopique. Un Système d’Information Géographique sera simultanément alimenté par l’ensemble des données qui auront été produites par ces différents travaux : l’outil intègrera ainsi les éléments issus des relevés topographiques, photogrammétriques, des prospections de terrain, des études céramologiques, etc. Ces travaux se poursuivront au-delà de l’achèvement du programme dont les résultats viendront alimenter une partie des recherches du programme 1 de l’axe C.

- La mission archéologique du Désert Oriental (MAE-IFAO-HiSoMA), dont la direction a été reprise en 2013 par Bérangère Redon, CNRS-HiSoMA avec la collaboration de Thomas Faucher-IRAMAT, a mis en œuvre un nouveau programme d’étude de la région de Samut et des sites environnants (Compasi, Apollonos hydreuma) qui permettent d’analyser l’exploitation de minerai précieux (or, émeraude) par les Ptolémées à l’époque hellénistique. À cette étude est associée la reconstitution du réseau de communication et de transport avec le centre politique et économique de l’Égypte lagide.

- Le site de Zeugma-Moyenne Vallée de l’Euphrate a fait l’objet d’une exploration archéologique (dir. Catherine Abadie-Reynal, Lyon 2) dont les résultats sont en cours de publication dans la collection des Travaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée. Il s’agit désormais d’achever la publication des fouilles en mettant l'accent, de façon plus spécifique, sur le matériel céramique, avec l'objectif d'établir une typochronologie de ce matériel, ce qui permettra, ensuite, de réfléchir sur l'évolution des échanges sur ce site, mais aussi sur l'évolution de la répartition spatiale de ce matériel, et donc sur l'évolution du tissu urbain de l'époque hellénistique à l'époque protobyzantine.

- Le site de Porsuk (Turquie) a fait l’objet de travaux antérieurs (1988-1994). L’objectif est la mise en place d'un programme quadriennal de fouilles (dir. Catherine Abadie-Reynal, Lyon 2) de cet établissement rural d'époque hellénistique, romaine et byzantine, avec pour enjeu d'intégrer cet établissement dans son territoire, de définir le paysage et l'économie rurale de la Cappadoce antique et son évolution, un domaine quasi inexploré encore. L'équipe qui doit se constituer utilisera des méthodes traditionnelles (fouilles, prospections), et des méthodes complémentaires, plus innovantes (construction d'un SIG au niveau de la micro-région, étude plus spécifique des structures de production comme les moulins, les meules, les silos, les pressoirs, les installations métallurgiques,  études archéozoologiques et archéobotaniques ...).

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