UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Les formes de la transmission du savoir dans l’Antiquité grecque et romaine | 2018-2019

Axe A - Savoirs et doctrines - séminaire commun
Responsable : Catherine Broc-Schmezer

Notre séminaire d’axe portera sur « les formes de la transmission du savoir dans l’Antiquité grecque et romaine ». Cette thématique pourra se décliner de manière très large, en incluant la question des formes littéraires de la transmission explicite et volontaire du savoir (l’aphorisme, la liste…) mais aussi celles de la transmission implicite, comme le réemploi (littéraire, iconographique, architectural…) ou tous les phénomènes d’intertextualité. Pourra être abordée également la question de la transmission involontaire du savoir, par exemple lorsqu’un auteur devient paradoxalement la source pour ses lecteurs et pour nous d’un texte ou d’une pratique qu’il critique.

Pour permettre une interaction plus grande entre nos différentes équipes, un élément précis de cette thématique a été choisi pour l’année 2018-2019, celui de la citation : comment les auteurs introduisent-ils ce qu’ils s’apprêtent à citer, quels enjeux d’autorité interviennent dans cette pratique, quel est l’objectif de ces citations, quels efforts d’exactitude sont manifestés par l’auteur qui en cite un autre...

Programme 2018-2019 (.pdf)

Mardi16 octobre : linguistique et dialectologie
Citations implicites et explicites de Platon dans la correspondance de Cicéron
Sophie Aubert-Baillot, Université Grenoble 3 / LITT&ARTS-HiSoMA
- affiche (.pdf)
Qualifié de Platonis aemulus par Quintilien, Cicéron éprouva toute sa vie une immense admiration pour le fondateur de l’Académie. Il alla jusqu’à embrasser la philosophie néoacadémicienne quoiqu’elle fût tombée en désuétude à son époque, rédigea des dialogues sur la République et les Lois à l’instar de son illustre modèle, traduisit le Protagoras et le Timée et ne cessa d’invoquer l’autorité de Platon dans l’ensemble de son corpus rhétorique et philosophique. Toutefois, la correspondance de Cicéron n’a que rarement été étudiée sous cet angle, alors qu’elle renferme d’abondantes citations de Platon, que celles-ci soient explicites, c’est-à-dire accompagnées du nom du philosophe, ou, ce qui est le plus fréquent, implicites. Dans ce dernier cas, il convient de distinguer les citations directes, aussi brèves que variées dans leurs thématiques (de la politique à l’éthique ou à la logique), des citations indirectes, empruntées à la littérature grecque et dotées d’une charge philosophique une fois passées par le filtre du texte platonicien. La correspondance nous laisse ainsi entrevoir comment s’élaborait la pensée philosophique de Cicéron, à travers le traitement de ses sources.

Mardi 20 novembre : pratiques philologiques antiques
Enjeux de la citation chez Servius
Daniel Vallat, Université Lyon 2 / HiSoMA
- affiche (.pdf)
Dans un commentaire scolaire comme celui de Servius à Virgile, la citation d’auteur est une technique omniprésente : elle constitue l’un des fondements pédagogiques de l’enseignement et illustre l’univers intellectuel des grammatici de l’Antiquité tardive. Nous analyserons, à partir d’exemples précis, quelques-uns de ses enjeux (ecdotiques, didactiques et méthodologiques).

Mardi 29 janvier :  sources des doctrines chrétiennes et réception de la Bible
Les citations bibliques dans la première oraison funèbre d’Ambroise
de Milan sur la mort de son frère
Aline Canellis, Université Saint-Étienne / HiSoMA
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Ambroise, évêque de Milan de 374 jusqu’à sa mort le 4 avril 397, est le cadet d’une fratrie très unie ; son frère, Satyrus, est mort à Milan, vraisemblablement à l’automne 377 ou dans les premiers mois de 378.
Les détails de sa vie et sa complicité avec Ambroise sont connus grâce aux deux oraisons funèbres qu’a prononcées le pasteur milanais, la première, le jour même de la mort de Satyrus, la seconde, le septième jour après sa mort. La première oraison est ainsi prononcée sous le coup-même d’une émotion profonde et d’un chagrin immense. Elle présente diverses citations et allusions bibliques – très différentes de celles utilisées dans la seconde oraison –, qui ont un usage multiple.

Mardi 12 février : Savoirs scientifiques et techniques dans la littérature et les sociétés antiques
L’usage des échos et des références dans les Lettres de la Collection hippocratique
Lucas Rascle, ENS de Lyon / HiSoMA
- affiche (.pdf)
Les textes épistolaires apocryphes de la Collection hippocratique occupent une place singulière au milieu des traités médicaux, et l’usage de la citation, notamment d’éléments tirés du reste de la Collection, est une part essentielle de leur stratégie de légitimation : postérieures à la plupart des traités, ces lettres empruntent avec plus ou moins d’exactitude un vocabulaire et un système de pensée. Cela est plus visible encore dans l’échange entre Hippocrate et Démocrite, où le médecin doit justifier ses aptitudes face au
philosophe. Nous étudierons les lettres 19 et 21, qui sont à la marge des autres lettres et qui sont presque intégralement composées de citations ou reformulations d’autres passages des traités attribués au maître. En reconstruisant une argumentation à partir de fragments de diagnostics et de traitements, d’origine explicitement identifiée ou non, ces deux textes nous montrent Hippocrate et Démocrite rivalisant de savoir. Entre fidélité au contexte d’origine et recomposition du sens, ces lettres proposent des patchworks de citations remarquables dans la série d’échanges épistolaires.

Mardi 5 mars : linguistique et lexicologie
Les citations d’Homère chez Apollonius
Lionel Dumarty, Université Lyon 2 / HiSoMA
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Au IIe s. av. n. è., à Alexandrie, les disciples d’Aristarque de Samothrace définissaient la grammaire comme une connaissance empirique au service des poètes et se donnaient pour tâche de décoder les textes d’Homère. Trois siècles plus tard, le grammairien alexandrin Apollonius Dyscole s’inscrit, de son propre aveu, dans la même tradition : il veut décrire les mécanismes de la langue grecque afin de déterminer ce qui se dit correctement chez « le Poète ». Pourtant, Apollonius n’est certainement pas l’exégète servile qu’on pourrait imaginer. En effet, l’usage qu’il fait des très nombreuses références à l’Iliade et à l’Odyssée (près d’un millier de citations dans l’ensemble de son oeuvre) témoigne bien d’un projet tout à fait différent : désormais, la grammaire est conçue comme une discipline autonome, visant à fonder la norme de correction de la langue, et Homère y apporte sa contribution.

Mardi 9 avril : pratiques philologiques antiques
Citer de la prose en vers, le cas des citations bibliques et patristiques
dans l’épopée biblique
Bruno Bureau, Université Lyon 3 / HiSoMA

Mardi 21 mai :  savoirs scientifiques
Les citations de Virgile chez Columelle, ou comment poser l’agronomie comme genre littéraire
Marine Bretin-Chabrol, Université Lyon 3 / HiSoMA

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