UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Thessalie

La vallée de Tempé - gravure par Ortelius (BM Lyon) La vallée de Tempé - gravure par Ortelius (BM Lyon)

Cette équipe mène des travaux dans trois domaines étroitement liés, la géographie historique et l'archéologie, l'épigraphie, la philologie, dans une région qui a longtemps (à l'exception de la période néolithique) été considérée comme une région de marge entre la Grèce méditerranéenne et la Grèce septentrionale. Ainsi, jusqu'à une date relativement récente, deux ouvrages faisaient référence : le corpus épigraphique d' O. KernIG IX 2 (1908), et la synthèse de F. Stählin, Das Hellenische Thessalien (1924).

Les recherches des membres de l'équipe, commencées en 1962, mais aussi celles d'autres savants, ont conduit à un renouvellement complet de nos connaissances sur la Thessalie antique, de l'Archaïsme à la fin de l'époque romaine.

Géographie historique et archéologie

En 1962, B. Helly se voit confier par Jean Pouilloux, fondateur de la MOM, la refonte du corpus épigraphique de la cité perrhèbe de Gonnoi (a). L'ouvrage, publié en 1973, ne se limite pas à l'édition des inscriptions, mais procure aussi l'étude du territoire de la cité et du site archéologique. Il s'agit ainsi de la première monographie sur une cité thessalienne.
(a)Le Pénée avant Tempé et le site de Gonnoi (cliché Jean-Claude Decourt)

(a)Le Pénée avant Tempé
et le site de Gonnoi
(cliché Jean-Claude Decourt)

(b) Stèle funéraire de Démétrias (cliché Graeve, Helly, Wolters)

(b) Stèle funéraire
de Démétrias
(cliché Graeve,
Helly, Wolters)

(c) Stèle funéraire de Démétrias (cliché Graeve, Helly, Wolters)
(c) Stèle funéraire
de Démétrias
(cliché Graeve, Helly,
Wolters)

Dans les années 70, B. Helly, V. von Graeve et Chr. Wolters ont entrepris un travail de longue haleine sur les stèles funéraires de Thessalie : typologie, décor peint (b) et sculpté (c) , épigraphie (d). Trois centres « producteurs » sont apparus et ont fait l’objet d’une étude systématique : Démétrias, connu par les stèles peintes remployées dans les tours du rempart (e), Gonnoi et Atrax - célèbre par le marbre dit d'Atrax (f) . Cette dernière cité a fait, entre 1977 et 1979, l'objet d'une prospection intensive (site et territoire). Le corpus épigraphique d'Atrax a été enrichi régulièrement grâce à l’activité du service archéologique sur le terrain et auprès des habitants et est passé de 14 inscriptions connues dans les IG IX2 à environ 500.
 
(d) Stèle funéraire de Démétrias (cliché Graeve, Helly, Wolters)
(d) Stèle funéraire de Démétrias
(cliché Graeve, Helly, Wolters)
 

(e) Stèle peinte de Démétrias (cliché Graeve, Helly, Wolters)
(e) Stèle peinte de Démétrias
(cliché Graeve, Helly, Wolters)

(i) Le rempart de l'acropole d'Azoros (Perrhébie)  (cliché Gérard Lucas)
(i) Le rempart de l'acropole d'Azoros (Perrhébie) 
(cliché Gérard Lucas)
(f) Les méandres du Pénée vus d'Atrax (cliché Jean-Claude Decourt)
(f) Les méandres du Pénée vus d'Atrax
(cliché Jean-Claude Decourt) 
 

Ce travail de prospection intensive a ouvert la voie à une réflexion sur les modalités d'une prospection à échelle régionale, plus appropriée à la reconstruction d'un cadre géographique cohérent, s'appuyant sur l'hypothèse qu'il a existé un maillage territorial régulier et une distribution non aléatoire des sites centraux que constituent les cités.

(g) La porte du rempart d'Eretrie (cliché Jean-Claude Decourt)
(g) La porte du rempart
d'Eretrie
(© Jean-Claude Decourt) 

(h) Le Pénée dans la gorge du Tempé (cliché Jean-Claude Decourt)
(h) Le Pénée dans la gorge
du Tempé
(© Jean-Claude Decourt)
 
Les prospections menées par l'équipe ont porté sur la vallée de l'Énipeus (g), principal affluent de la rive droite du Pénée (h) ; la plaine orientale, dite plaine de Larissa ; la vallée du Titarèse, affluent majeur septentrional du Pénée et la région de la Tripolis de Perrhébie (i)  ; les massifs des Chassia et de l'Antichassia au Nord-Ouest ; une partie de la plaine occidentale, ou plaine de Trikala ; la vallée du Sperchéios, au Sud de la Thessalie enfin les travaux ont permis d'apporter une contribution notable au commentaire du Livre IX de la Géographie de Strabon, publié par R. Baladié dans laCollection Budé, et à la préparation de la feuille thessalienne du Barrington Atlas of Classical Sites, publié sous la direction de R. Talbert. L'équipe a participé, pour la Thessalie et un certain nombre de régions voisines, à la grande entreprise internationale du Copenhagen Polis Centre (dir. M.H. Hansen) qui visait à dresser un inventaire systématique des cités grecques des débuts de l'Archaïsme à la mort d'Alexandre le Grand. Cette contribution, publiée sous forme papier en 2004 et qui donnera lieu à une base de données sur le site de l'UMR, recense environ 70 cités avec la bibliographie qui les concerne.
carte en relief de la Thessalie
carte en relief de la Thessalie 

Programme de recherche sur la Thessalie

 
Aux membres de l'équipe des « Thessaliens de Lyon » proprement dite (Richard Bouchon, Laurence Darmezin, Jean-Claude Decourt, Bruno Helly, Gérard Lucas, Isabelle Pernin et Andreas Phoungas) sont associés, souvent depuis fort longtemps, des chercheurs extérieurs à la Maison de l'Orient, allemands (Christof Wolters, Volkmar von Graeve), italiens (Massimo di Salvatore) et surtout grecs (Argyroula Doulgeri-Intzessiloglou, Athanassios Tziafalias...), membres des différentes Éphories des Antiquités préhistoriques, historiques et byzantines qui organisent la recherche régionale.
 

 

 Epigraphie

Liée étroitement aux travaux de terrain et aux prospections, la reconstruction du cadre géographique régional a permis d'engager la mise à jour et un reclassement des corpus épigraphiques des différentes cités. Le nombre d'inscriptions thessaliennes s'est considérablement accru (deca 1350 dans les IG IX 2 à environ 6000 aujourd'hui), en particulier dans certains secteurs.

Ce travail de refonte, dans la voie ouverte par le corpus de Gonnoi (1973), est en cours. On dispose aujourd'hui des corpus des différentes cités de la vallée de l'Énipeus (dont celui de Pharsale, 1995) et du corpus des milliaires. Le corpus d'Atrax est achevé, celui des cités de la Tripolis de Perrhébie (Azoros, Dolichè, Pythion) est en cours de rédaction, de même que ceux de Crannon et de Scotoussa ou celui des décrets de Larissa.

En se fondant sur cette documentation épigraphique, mais aussi sur leur connaissance du terrain les chercheurs de l'équipe ont publié et publient des études sur tel ou tel aspect de l'histoire de la région : naissance et e fonctionnement de l'État thessalien, axes de circulation à l'époque impériale romaine, procédures d'affranchissements, chronologie des stratèges de l'époque impériale, cultes etc...

Langue et onomastique

Les textes épigraphiques fournissent la matière principale pour les études de langue et d'onomastique thessaliennes.

L'équipe lyonnaise a apporté sa contribution au volume III2 du Lexicon of Greek Personal Names, publié sous la direction de P.M. Fraser et E. Matthews.

Elle participe aussi au projet Paradeigmata, piloté par l'Université de Nancy, refonte complète du vieux recueil d'inscriptions dialectales d'E. Schwyzer, Dialectorum Graecarum ExemplaEpigraphicaPotiora (SGDI), publié en 1923.

B. Helly travaille, en collaboration avec J.L. Garcia-Ramon, de l'Université de Cologne, à la réalisation d'une grammaire du thessalien.

Bibliographie

Collectif, La Thessalie. Actes de la table-ronde de Lyon juillet 1975, CMO, Lyon (1979).

Collectif, La Thessalie, pays des dieux de l'Olympe. 8000 ans de civilisations, Les Dossiers de l'archéologie 159, Dijon (1991).

Collectif, La Thessalie. Quinze années de recherches archéologiques 1975-1990. Bilans et perspectives. Lyon 1990, TAPA, Athènes (1994), 2 vol.

L. Darmezin, « Sites archéologiques et territoires du massif des Chassia », in I. Blum, L. Darmezin, J.-C. Decourt, B. Helly, G. Lucas,Topographie antique et géographie historique en pays grec, Paris (1992), p. 139-156.

L. Darmezin, « Chassia et Antichassia », in La Thessalie. Quinze années de recherches archéologiques, 1975-1990, bilan et perspectives. Actes du colloque international de Lyon avril 1990, Athènes (1994), p. 211-216.

J.-C. Decourt, La vallée de l'Énipeus en Thessalie. Études de topographie et de géographie antique. Supplément au BCH 21, Paris (1990).

J.-C. Decourt, Inscriptions de Thessalie I : les cités de la vallée de l'Énipeus. ÉFA, Coll. Études épigraphiques 3, Paris-Athènes (1995).

J.-C. Decourt, « Voies et milliaires romains en Thessalie », BCH 121 (1997 [1998]), p. 51-94, avec F. Mottas.

J.-C. Decourt, « Une liste civique à Crannon : la stèle dite des Ménandridai », ZPE 137 (2001), p. 139-152, avec A. Tziafalias.

J.-C. Decourt, « Caïnis-Caïneus et l'occupation humaine de la plaine orientale de la Thessalie », REG 111 (1998), p. 1-42.

B. Helly, Gonnoi I, La cité et son histoire, II, Les inscriptions, Amsterdam (1973).

B. Helly, « Le territoire de Larissa : extension, limites, organisation », Ktema 9 (1984), p. 213-234.

B. Helly, « Le Dotion Pédion, Lakéréia et les origines de Larisa », JSavants (1988), p. 127-158.

B. Helly, L'État thessalien, Aleuas le Rouge les tétrades et les tagoi, Lyon (1995).

B. Helly, « La description du Pénée thessalien de Strabon : éléments d'une représentation de l'espace géographique chez les Anciens », A. Bonnafé, J.-C. Decourt, B. Helly éd., L'espace et ses représentations, Lyon (2000), p. 25-71.

G. Lucas, Les cités antiques de la haute vallée du Titarèse. Étude de topographie et de géographie historique, Lyon (1997).

G. Lucas, « Une famille de notables à Chyrétiai », dans Travaux des Ephories des antiquités de Thessalie et de Grèce Centrale (1990-1998), Volos (2000) , p. 173-187

G. Lucas, « Un sanctuaire de Pluton dans la plaine de Larisa ? » Actes du 4e Congrès d'études larisséennes ( avril 1997) , Larissa, (2002), p. 107-124.

Le mont Olympe (cliché Gérard Lucas)

Le mont Olympe (cliché Gérard Lucas)

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