UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Un cerf-volant dans le désert…
Mercredi, 19. Avril 2017

© cliché J. Marchand, HiSoMA/MAFDOLa Mission Archéologique Française du Désert Oriental, MAFDO, dirigée par Bérangère Redon (HiSoMA) et Thomas Faucher (Iramat) étudie actuellement le grand axe de circulation NO-SE qui reliait, à l’époque ptolémaïque, la vallée du Nil (Edfou) et le port de Bérénice, sur la mer Rouge, et tout particulièrement, les fortins qui assuraient son fonctionnement et sa sécurité.

Ces derniers jalonnent régulièrement le tracé de la piste antique et recèlent une documentation archéologique exceptionnelle (ostraca, ensembles céramiques extrêmement riches et homogènes, restes végétaux…).

La documentation de ces forts (Bir Samut puis Abbad) mobilise divers outils dont la photographie aérienne par cerf-volant. Cette technique est apparue très tôt dans l’histoire de la photographie (Arthur Batut, 1888). Elle reste encore aujourd’hui adaptée à de nombreuses situations de terrain, dont l’Égypte, pays qui accorde difficilement des permis pour l’utilisation de drones scientifiques.
Cet outil, assez simple de mise en œuvre, permet d’obtenir des clichés de basse altitude, qui peuvent être utilisés tels quels (photographies illustratives) ou servir de matériel pour des traitements plus complexes, mobilisant la géolocalisation et les SIG, la 3D… 
Le désert Oriental, aux paysages ouverts, libres de végétations et de constructions, offre un cadre d’application assez idéal. Le site d’Abbad (33.087089 E, 25.050066 N) à 25 km à l’Est d’Edfou, a fait l’objet d’une prospection puis d’une fouille archéologique en janvier 2017.

La photographie par cerf-volant, mise en œuvre par Alexandre Rabot (HiSoMA) et Gaël  Pollin (IFAO), a permis, entre autres, de réaliser des ortho-images très précises du fort à différentes étapes de la fouille et des modèles numériques de terrain (MNT) de son environnement.

Alors que les sites sont fréquemment menacés par des activités humaines toujours plus étendues, ces prises de vue permettent de conserver une mémoire visuelle élargie de restes archéologiques hélas appelés à disparaître…

© A. Rabot, HiSoMA/MAFDO

Illustrations

Fig. 1 – Le cerf-volant et les deux opérateurs (cliché J. Marchand, HiSoMA/MAFDO)
Fig. 2 – Ortoimage du fort d’Abbad, Gouvernorat de la mer Rouge, Égypte (document A. Rabot, HiSoMA/MAFDO)

Bibliographie

O. Barge, E. Regagnon, Vol au-dessus d’un tas de cailloux : l’usage en archéologie de photographies réalisées avec un cerf-volant (.pdf)

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