UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

Un laboratoire de la MSH MOM

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Inscriptions grecques et latines de la Syrie

L’épigraphie grecque et latine au Proche-Orient


Comme l’archéologie, avec laquelle elle a des rapports étroits, l’épigraphie est une discipline auxiliaire de l’histoire, ce qui signifie qu’elle traite d’une documentation qui constitue le socle des recherches historiques. Son objet est l’étude des inscriptions (epigraphai, en grec), les textes écrits sur des supports durables, à la différence des papyrus et des manuscrits. Si la plupart des textes connus dans les langues grecque et latine sont gravés sur la pierre, il existe d’autres supports (métal, bois, terre cuite, etc.) et les mosaïques inscrites sont particulièrement nombreuses au Proche-Orient. En revanche, les tablettes en terre crue, supports de l’écriture cunéiforme, disparaissent à l’époque hellénistique.

L’épigraphiste est à la fois un historien et un linguiste. Il s’agit pour lui non seulement de déchiffrer, de restituer – c’est-à-dire de proposer des compléments aux parties disparues – et de traduire des textes, mais aussi de les replacer dans leur contexte (chronologique, géographique, littéraire, etc.) et dans la série des textes qui leur sont apparentés. À la différence des sources littéraires, issues d’une tradition manuscrite souvent complexe (avec des copies de copies), l’inscription est généralement un document original. Elle constitue donc une source « primaire », irremplaçable pour l’historien et pour l’archéologue.

Les inscriptions connues permettent d’aborder quinze siècles d’histoire du Proche-Orient depuis l’arrivée d’Alexandre le Grand. La majorité datent des périodes romaine (Ier siècle av. J.-C.-IVe siècle apr. J.-C.) et protobyzantine (IVe-VIIe siècle apr. J.-C.), même si le nombre des textes de l’époque hellénistique (IIIe-Ier siècle av. J.-C.) n’est pas négligeable, tandis que l’usage du grec survit jusqu’au début de l’époque abbasside (VIIIe siècle apr. J.-C.), en particulier sur les mosaïques des églises. On trouve de nouveau quelques inscriptions grecques médiévales, aux Xe-XIIe siècles apr. J.-C., sur la côte syrienne, dans les régions concernées par ce qu’on nomme la Reconquête byzantine. Dans l’ensemble, les inscriptions grecques sont, de loin, les documents écrits les plus nombreux et les plus divers. Il n’y a pas de site important qui n’en ait livré au moins une ou deux, voire plusieurs centaines, comme Baalbek, Tyr et Sidon au Liban, Gérasa en Jordanie, Apamée, Palmyre et Bostra en Syrie.

Sarcophage inscrit de Tyr (Liban)
Tyr (Liban). Sarcophage inscrit en grec au nom d’Antipatros, pêcheur de murex (IVe-Ve siècle apr. J.-C.). I. Tyr Nécropole 7. © Julien Aliquot (2008)

Les inscriptions latines sont nettement moins fréquentes : elles apparaissent au Ier siècle apr. J.-C. et disparaissent presque totalement après le IVe siècle apr. J.-C. Hormis quelques villes comme Beyrouth, où l’usage du latin était général, elles se rencontrent surtout sur des sites de garnisons.

L’état de la documentation disponible reflète en partie la situation linguistique du Proche-Orient. Pendant une longue période, le grec a été la langue officielle des monarchies hellénistiques, celle des Séleucides et des Lagides, les successeurs d’Alexandre le Grand, avant de se diffuser plus largement encore dans de nombreuses cités et localités sous l’Empire romain. Une partie de la population s’exprimait en grec au moins par écrit et a donc laissé des témoignages sur pierre dans cette langue. Sous l’Empire romain, le latin a également tenu un grand rôle, en particulier pour les textes officiels et dans certaines cités devenues précocement des colonies romaines (Béryte, Césarée maritime) ; les inscriptions renseignent alors surtout sur ces cités, sur l’administration impériale et sur l’armée romaine.

Héliopolis (Liban). Dédicace latine à un décurion. IGLS VI, 2794
Héliopolis (Liban). Dédicace latine à un décurion. IGLS VI, 2794. © Julien Aliquot (2009)

À l’époque protobyzantine, l’abondance des inscriptions grecques dans les villages est un indice des progrès de l’hellénisme jusqu’à la fin de l’Antiquité, tandis que le latin tend à disparaître. Évidemment, l’ensemble de la population ne se servait pas uniquement du grec et du latin : d’autres langues, surtout sémitiques, étaient parlées (sans aucun doute par la majorité de la population) et parfois écrites, mais elles restent minoritaires du point de vue épigraphique. Les inscriptions bilingues sont elles-mêmes un phénomène relativement rare au Proche-Orient et pratiquement inconnu avant l’époque romaine. À Palmyre, les deux langues d’usage locales, l’araméen palmyrénien et le grec, sont toutes deux utilisées, dans les documents officiels aussi bien que privés, mais il s’agit d’un phénomène quasiment unique, autant au Proche-Orient que dans le reste de l’Empire romain.

Palmyre (Syrie), grande colonnade. Dédicace bilingue, grecque et araméenne, à la reine Zénobie (août 271 apr. J.-C.). IGLS XVII/1, 57
Palmyre (Syrie), grande colonnade. Dédicace bilingue, grecque et araméenne, à la reine Zénobie (août 271 apr. J.-C.). IGLS XVII/1, 57. © Julien Aliquot (2008)

Le cas de Palmyre rappelle que, parmi les langues utilisées au Proche-Orient à une époque où l’on grave surtout des textes en grec et en latin, la principale est l’araméen, dont les premières occurrences remontent au début du Ier millénaire av. J.-C. et dont les différents dialectes sont bien attestés à l’époque romaine (nabatéen au sud, palmyrénien dans la steppe et sur l’Euphrate, syriaque et hatréen en Mésopotamie). On trouve également des inscriptions phéniciennes (sur la côte et jusqu’à l’époque hellénistique), hébraïques et nord-arabiques (principalement safaïtiques, de la Palmyrène au nord de la péninsule Arabique). Enfin, les sources littéraires indiquent que d’autres langues (non sémitiques, tels l’arménien et le perse) et d’autres dialectes (de l’araméen et de l’arabe) étaient parlés.

Ce tableau, valable pour les trois premiers siècles de l’ère chrétienne, connaît quelques changements à la fin de l’Antiquité. L’époque protobyzantine est marquée par la raréfaction du latin, par l’émergence du syriaque, un dialecte araméen nord-mésopotamien, en Syrie du Nord, et par celle de l’araméen christo-palestinien, en Palestine et en Jordanie. C’est aussi la période où apparaissent les premiers textes en arabe « classique », d’abord transcrits avec l’alphabet araméen (nabatéen), puis avec l’ancêtre de l’alphabet arabe actuel.

El-Bara (Syrie). Poème en latin sur un pressoir à vin (IVe-Ve siècle apr. J.-C.)
El-Bara (Syrie). Poème en latin sur un pressoir à vin (IVe-Ve siècle apr. J.-C.) : « Tu vois les sucs pareils au nectar, présents de Bacchus, que la vigne a produits, revigorée par un chaud soleil » (trad. Denis Feissel). Choix, n° 25. © Julien Aliquot (2008)
 

Épigraphie et histoire

Les sources littéraires grecques et latines sur le Proche-Orient sont parfois lacunaires ou parcellaires. Les inscriptions sont donc souvent les seuls documents écrits qui permettent d’écrire l’histoire de la région. Elles peuvent également offrir un utile contrepoint aux nombreuses découvertes archéologiques.

Gabala (Syrie). Épitaphe grecque de Zénon fils de Boéthos (époque hellénistique)
Gabala (Syrie). Épitaphe grecque de Zénon fils de Boéthos (époque hellénistique). Choix, n° 54. © Julien Aliquot (2008)


Par leur extrême diversité, les textes grecs et latins documentent l’histoire du Proche-Orient sous de nombreux aspects. Les inscriptions funéraires, qui constituent la grande majorité des textes connus, renseignent à la fois sur les coutumes, les relations familiales, la fonction, le métier et parfois la culture des défunts. Les textes officiels permettent d’étudier les institutions des cités, donnent le nom des magistrats ou des souverains et nous informent ainsi sur l’administration hellénistique, romaine et byzantine, sur la composition et les cantonnements de l’armée, sur l’identité et les pouvoirs des gouverneurs, sur les limites entre les différentes villes, provinces ou royaumes. Les constructions militaires, du fortin au rempart de cité, ou civiles, de la maison privée à la colonnade urbaine, ont, elles aussi, laissé de nombreuses traces épigraphiques utiles pour les caractériser et les dater.

Apamée (Syrie), entrée monumentale du bain public situé en bordure de la grande avenue. Inscription grecque commémorant la fondation du bain par le bienfaiteur Lucius Julius Agrippa (début du IIe siècle apr. J.-C.)
Apamée (Syrie), entrée monumentale du bain public situé en bordure de la grande avenue. Inscription grecque commémorant la fondation du bain par le bienfaiteur Lucius Julius Agrippa (début du IIe siècle apr. J.-C.). Choix, n° 2. © Julien Aliquot (2008)

Les bornes des propriétés ou des routes (milliaires) permettent de reconstituer l’histoire des territoires et des campagnes.

Abila de Lysanias (Syrie). Inscription latine commémorant la réfection de la route de la haute vallée du Barada
Abila de Lysanias (Syrie). Inscription latine commémorant la réfection de la route de la haute vallée du Barada par les autorités romaines et aux frais des Abiléniens (163-165 apr. J.‑C.). Choix, n° 30. © Julien Aliquot (2008)

L’étude des noms de personnes, souvent tirés de théonymes (noms divins), complètent aussi ce que nous apprennent les textes plus proprement religieux (dédicaces à des divinités, commémoration de constructions de temples ou d’églises) pour retracer l’histoire du paganisme et des différents monothéismes.

Haloua (Liban). Ordonnance grecque du dieu de Rémala sur l’ordre du dieu ange Mélicerte (156 apr. J.-C.)
Haloua (Liban). Ordonnance grecque du dieu de Rémala sur l’ordre du dieu ange Mélicerte (156 apr. J.-C.). IGLS XI, 1. © Julien Aliquot (2004)

Une bonne partie des inscriptions illustrent la pratique des offrandes, qu’il s’agisse des donations pieuses des fidèles ou de l’évergétisme des donateurs civiques.

Madaba (Jordanie). Les Tychai de Rome, Grégoria et Madaba (VIe siècle apr. J.-C.)
Madaba (Jordanie). Les Tychai de Rome, Grégoria et Madaba (VIe siècle apr. J.-C.). IGLS XXI/2, 128. © Julien Aliquot (2010)

D’autres font écho à des événements plus lointains et aident parfois à les dater (ainsi de l’avènement de Gordien III dans une inscription de Shaqqa) ou permettent de mesurer l’audience de décisions impériales majeures comme la réouverture des sanctuaires païens par Julien en 362 (à Anz, par exemple). Enfin, la documentation épigraphique se signale au Proche-Orient par quelques textes exceptionnels, comme le Tarif de Palmyre, qui fixe les droits à payer sur les marchandises entrant dans la cité de Palmyre, la Carte de Madaba, qui figure les Lieux Saints du christianisme ancien ou la constitution d’Anastase, qui traite de l’organisation administrative de l’Orient byzantin et dont des exemplaires plus ou moins complets ont été découverts sur plusieurs sites de la Jordanie, de la Palestine et du sud de la Syrie.

Le Tarif de Palmyre (137 apr. J.-C.) 
Le Tarif de Palmyre (137 apr. J.-C.). Choix, n° 4. Archives HiSoMA

La Carte de Madaba (VIe siècle apr. J.-C.)
La Carte de Madaba (VIe siècle apr. J.-C.). IGLS XXI/2, 153. © Julien Aliquot (2010)
 
Qasr al-Hallabat (Jordanie). Fragment de la constitution d’Anastase (491-518 apr. J.‑C.)
Qasr al-Hallabat (Jordanie). Fragment de la constitution d’Anastase (491-518 apr. J.‑C.). © Julien Aliquot (2010)

La confrontation des inscriptions des différentes régions du monde ancien permet de repérer des similitudes et des différences. On comprend l’intérêt d’un corpus général regroupant systématiquement la documentation proche-orientale et donnant aux chercheurs locaux comme à toute la communauté scientifique un outil de travail sûr, base de toute étude historique.


Histoire des recherches

Depuis près de deux siècles, des savants de diverses nationalités tentent de réunir l’ensemble des inscriptions grecques et latines connues. Les projets qui ont vu le jour privilégient généralement l’une ou l’autre des deux langues principales de l’Empire romain. Devant la multiplication des découvertes (on connaît actuellement plus d’un million de textes latins), on a eu souvent recours à l’élaboration de corpus régionaux, plus faciles à mener à bien. Dans ce contexte, le Proche-Orient a longtemps eu une place secondaire, car il était considéré comme une marge du monde classique, à la différence de l’Italie, de la Grèce ou de la côte occidentale de l’Asie Mineure. Ce n’est que très progressivement, grâce à des voyageurs et à des érudits, que l’on prit conscience de l’importance de l’Orient hellénisé, qui avait pourtant donné au monde hellénistique, puis à l’Empire romain, de grands noms de l’art ou de la littérature, avec le philosophe Poséidonios d’Apamée, le poète Méléagre de Gadara, l’architecte Apollodore de Damas et l’écrivain Lucien de Samosate, mais aussi des généraux et des empereurs, dont les membres de la dynastie de Septime Sévère ou encore Philippe l’Arabe.

Après les premières explorations des pionniers tel le voyageur allemand Ulrich Jasper Seetzen (1767-1811), le Suisse Johann Ludwig Burckhardt (1784-1817) ou l’Anglais William John Bankes (1786-1855) vinrent les entreprises plus ambitieuses des savants français Ernest Renan (1823-1892) et William-Henry Waddington (1826-1894), bientôt complétées par une importante série de missions conduites en Syrie du Sud et dans l’actuelle Jordanie par Rudolf Ernst Brünnow et Adolf von Domaszewski (1897-1898) et par René Dussaud et Frédéric Macler (1899, 1901), dans l’ensemble de la région par l’Université de Princeton (1899-1900, 1904-1905, 1909), à Doura-Europos par l’Académie des inscriptions et belles lettres et l’Université de Yale (1922-1923, 1928-1936) ou encore à Palmyre à l’instigation d’Henri Seyrig (1895-1973), dans le cadre des activités du Service des Antiquités commun au Liban et à la Syrie, à l’époque mandataire (1920-1946), puis sous les auspices de la Direction générale des Antiquités de Syrie, en collaboration avec l’Institut français d’archéologie de Beyrouth (après 1946).

Le programme des Inscriptions grecques et latines de la Syrie (IGLS) vise à systématiser et à pérenniser ces entreprises fondatrices. Sa genèse remonte à l’annonce faite au Congrès archéologique d’Athènes, en 1905, par Louis Jalabert (1877-1943), père jésuite de la Faculté orientale de Beyrouth, devenue l’Université Saint-Joseph. Il s’agissait de refondre l’ouvrage fondamental de William-Henry Waddington, Inscriptions grecques et latines de la Syrie (Paris, 1870), qui rassemblait tous les textes connus de son temps. Le premier volume parut en 1929 et les recherches se poursuivirent dans les années suivantes. Parfois vieillis, les cinq premiers volumes, achevés par les soins du P. René Mouterde (1880-1961) avec des collaborateurs jésuites, sont en cours de refonte partielle. 

Le Père René Mouterde (1880-1961)
Le Père René Mouterde (1880-1961). Archives de la Bibliothèque orientale, Université Saint-Joseph, Beyrouth.


Depuis les années 1960, les tomes parus répondent aux critères modernes des publications épigraphiques (texte, apparat critique, traduction, photographies et fac-similés, index). Les tomes à paraître compléteront la série qui englobe désormais non seulement les territoires de la République arabe syrienne et de la République libanaise, mais aussi celui du Royaume hachémite de Jordanie. Le programme des IGLS prépare ainsi l’établissement du corpus des inscriptions grecques et latines de la Syrie au sens antique de ce toponyme, selon le souhait du P. Jalabert. Depuis peu, il contribue aussi à la mise en valeur du patrimoine épigraphique et monumental de la région par la préparation de catalogues épigraphiques des musées nationaux et régionaux. Établi en étroite collaboration avec les Directions des Antiquités des trois pays concernés (Jordanie, Liban, Syrie), il est confié au laboratoire HiSoMA et à l’Université Lumière Lyon 2. Son responsable est le professeur titulaire de la chaire d’épigraphie de Lyon 2. À cette entreprise fédérative participent des chercheurs de plusieurs universités et laboratoires de recherche, dont l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), qui publie depuis l’origine les volumes des IGLS dans la Bibliothèque archéologique et historique (BAH).

Cartes

IGLS Syrie (volumes parus)

IGLS Syrie (programme)

Programme IGLS - Inscriptions du Liban - volumes parus

Programme IGLS - Inscriptions du Liban - 2015-2019

I. Jordanie (volumes parus)

I. Jordanie (programme)

Travaux en cours


Plusieurs missions de terrain ont été conduites ces dernières années.


1. IGLS IV, 2e éd. : Syrie côtière (Julien Aliquot)

La deuxième édition du tome IV des IGLS est consacrée au littoral et au versant maritime des montagnes côtières de la Syrie, depuis le Mont Casius (Jabal al-Aqra, à la frontière turque), au nord, jusqu’à la plaine du Akkar, au sud. Elle concerne les villes de Lattaquié, Jablé, Banias et Tartous. Julien Aliquot en assume la préparation depuis 2007. Contrairement au sud de la Syrie côtière, le nord de la région n’a fait l’objet d’aucune exploration systématique. Il paraît opportun de combler cette lacune en rééditant IGLS IV, publié sans photos en 1955 et très vieilli, tout en complétant IGLS VII, paru en 1970. Toute la région requiert en effet une véritable prospection épigraphique, en collaboration avec les Départements des Antiquités de Lattaquié, Jablé et Tartous. Les campagnes de 2007-2010, complétées par la prospection archéologique de la vallée du Nahr al-Kabir du Nord, montrent que la Syrie côtière recèle de nombreux textes inédits (déjà 60 répertoriés) et qu’elle peut encore apporter des nouveautés, en particulier dans les villes de la côte (Laodicée-sur-mer, Gabala, Balanée, Arados) et sur les sites ruraux de la montagne (tels Mehelbé, Qadboun ou encore Hosn Souleiman-Baetocécé). La prospection est complétée par l’étude des inscriptions grecques et latines du Musée national de Damas (250 textes) et des musées de Tartous et Lattaquié (70 textes), qui conservent une partie de la documentation régionale et pour lesquels des catalogues sont en cours de rédaction.


2. IGLS V, Supplément : Émésène (Jean-Claude Decourt)

Le tome V des IGLS, consacré à l’Émésène, c’est-à-dire à la région qui s’étend des premières pentes de la chaîne côtière, à l’ouest, au désert, à l’est, et qui comprend entre autres les villes actuelles de Homs (Émèse), Hama (Épiphanie), ar-Restan (Aréthuse) et Sélémyieh (Salamias), date de 1959 et devait être entièrement refondu. Deux missions de prospection systématique, en 2006 et 2008, avaient permis de retrouver seulement 10 % environ de ce qui avait été jadis publié (sur un peu moins de 600 inscriptions lapidaires dans le volume) et d’en découvrir environ 120 nouvelles : la majorité des documents provient de la vallée de l’Oronte et de la zone sud-ouest qui correspond à ce qu’on appelle la Trouée de Homs. En 2009 et 2010, deux missions plus courtes ont permis de documenter d’autres inscriptions, inédites ou déjà connues, mais nécessitant d’être reprises, et désormais entrées dans les musées de Homs et de Hama ainsi qu’à la Maison archéologique de Qatna. La publication d’IGLS V, Supplément, est en cours de rédaction.

Émèse (Syrie). Dédicace grecque au dieu Élagabal (IIIe siècle apr. J.‑C.)
Émèse (Syrie). Dédicace grecque au dieu Élagabal (IIIe siècle apr. J.‑C.). Choix, n° 43. © Jean-Claude Decourt



3. IGLS VIII, 1 : Beyrouth et sa région (Julien Aliquot)

Le tome IGLS VIII, 1, confié à Julien Aliquot, couvre la colonie romaine de Béryte, avec le sanctuaire de Deir el-Qalaa, sur le versant maritime du Mont Liban. Il rassemblera environ 350 textes, majoritairement rédigés en latin.

Région de Beyrouth (Liban). Milliaire latin de la route côtière de Phénicie
Région de Beyrouth (Liban). Milliaire latin de la route côtière de Phénicie au musée de l’American University of Beirut (Ier siècle apr. J.‑C.). AE 1907, 193-194. © Julien Aliquot (2008)

En dehors des musées (Musée national de Beyrouth, musée de l’American University of Beirut, Louvre), les campagnes de prospection de 2007-2008 ont permis de réviser toutes les inscriptions de Deir el-Qalaa (environ 120 textes), en vue de la publication d’une monographie sur cet important site cultuel de la région de Beyrouth.


4. IGLS VIII, 2 : Liban-Nord (Jean-Baptiste Yon)

Depuis 2002, plusieurs missions ont été effectuées. Elles ont permis le repérage de plusieurs inédits. Les réserves du Musée national de Beyrouth ont été explorées et les textes signalés retrouvés. Les réserves du site de Byblos ont elles aussi livré des textes inédits. Les travaux sur le terrain même ont principalement concerné Byblos, la vallée du Nahr Ibrahim (l’antique fleuve Adonis) et ses alentours et enfin une partie du nord de la région (Sfiré). Les archives photographiques de la DGA sont en cours d’exploitation et livrent de nombreux renseignements sur des pierres aujourd’hui introuvables.


5. IGLS XII : Damascène (Pierre-Louis Gatier)

La région couverte dans ce volume comprend Damas et sa région (ghouta et Antiliban, Damascène et Abilène) en incluant le Qalamoun, dont quelques sites avaient fait indûment partie jadis du tome V (Émésène). La prospection de la ville de Damas, de l’ensemble de la zone et de tous les sites (sauf un) a été achevée entre 2001 et 2010, en coopération avec Département des Antiquités de la Damascène. L’étude des inscriptions en provenance de la région et conservées au Musée national de Damas est achevée. Le travail de terrain ne nécessite donc plus qu’une courte mission de quelques jours destinée à contrôler la longue et difficile inscription gravée sur le soubassement du temple de Dmeir et à faire quelques vérifications de détail. L’un des aspects de l’épigraphie en Damascène est la grande rareté des textes latins et la plus grande rareté encore des textes de l’époque byzantine. Parmi les nouveautés, c’est surtout dans le domaine de la vie religieuse que les prospections épigraphiques autour de Damas enrichissent nos connaissances.

Bloudan (Syrie). Statuette dédiée en grec au dieu Orion
Bloudan (Syrie). Statuette dédiée en grec au dieu Orion, au Musée national de Damas (Ier-IIIe siècle apr. J.‑C.). SEG 40, 1397. © Julien Aliquot (2008


6. IGLS XIII à XVI : Hauran et Syrie du Sud (Annie Sartre-Fauriat et Maurice Sartre)

Des missions de courte durée ont eu lieu en 2007 et 2008, centrées sur le Léja, pour vérification de certains textes et pour compléter la documentation photographique du volume XV. En 2009-2011, Annie Sartre-Fauriat a été accueillie en délégation CNRS par l’Ifpo à Damas afin d’achever le manuscrit des IGLS XV, de rédiger IGLS XIV, consacré à la plaine de Batanée, de Déraa à Kiswé, et de mettre au point les volumes IGLS XVI consacrés au Jabal al-Arab. Le travail a consisté à faire des explorations de terrain pour revoir certains textes et compléter la documentation photographique pour l’ensemble des volumes. À ces occasions, de nombreux inédits ont encore été découverts. Bien que la plaine ait été interdite d’accès dès la mi-mars 2011, il a été possible de travailler sur le Léja et dans le Jabal al-Arab jusqu’au départ forcé de Damas à la fin de juillet 2011. Le tome XIII/2, Bostra (Supplément) et la plaine de la Nuqrah, rédigé par Maurice Sartre, en collaboration avec Annie Sartre-Fauriat, est paru en 2011. Le tome XV, en deux volumes, rédigé par Annie Sartre-Fauriat en collaboration avec Maurice Sartre, vient d’être publié. Le tome XIV, achevé également, a été déposé auprès du service des publications de l’Ifpo au mois de juin 2013 et est en cours de relecture par les experts. De son côté, Maurice Sartre, avec la collaboration d’Annie Sartre-Fauriat, se consacre à la rédaction du tome XVI, qui couvre, en 3 volumes, l’ensemble du Jabal al-Arab et la frange désertique à l’est, ainsi que les textes hauranais de provenance inconnue. Les deux premiers volumes (les deux tiers nord de la région) sont en relecture et le troisième (le sud et le harra) en voie d’achèvement. Ils ont été déposés auprès du service des publications de l’Ifpo en 2014.

Hauran (Syrie). Stèle funéraire inscrite en grec aux noms de Sachamélos, Ennè et Obbè
Hauran (Syrie). Stèle funéraire inscrite en grec aux noms de Sachamélos, Ennè et Obbè, au Musée national de Damas (Ier-IIIe siècle apr. J.‑C.). IGLS XV, 543. © Julien Aliquot (2009)


7. IGLS XVII : Palmyre et Palmyrène (Jean-Baptiste Yon)

Le volume 1, qui concerne la ville de Palmyre, a été publié en 2012. Des prospections pour le volume 2 (Palmyrène et Tarif) ont eu lieu en 2009-2010.


8. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 1/1 : Nord-Ouest de la Jordanie (Nabil Bader et Jean-Baptiste Yon)

Le travail de terrain a démarré en 2013-2014.


9. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 1/2 : Ajlun (Nabil Bader)

Le travail de terrain se poursuit dans la montagne de l’Ajlun.


10. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 1/3 : Jérash (Pierre-Louis Gatier)

Plusieurs missions ont été récemment menées sur le site de Jérash, dont la dernière au printemps 2015.

Gérasa (Jordanie). Épigramme grecque louant l’évêque Paul (533 apr. J.‑C.)
Gérasa (Jordanie). Épigramme grecque louant l’évêque Paul (533 apr. J.‑C.). Welles, I. Gerasa 314. © Julien Aliquot (2010)

11. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 2, 2e éd. : Jordanie centrale (Pierre-Louis Gatier)

Plusieurs missions ont été récemment menées en Jordanie centrale, dont la dernière en 2015.


12. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 5/2 : Jordanie du Nord-Est (Julien Aliquot et Nabil Bader)

Les prospections ont été relancées en 2013 dans la région steppique du Nord-Est de la Jordanie. Elles concernent des sites ruraux et fortifiés d’époque romaine, protobyzantine et islamique établis aux confins méridionaux du territoire antique de Bostra, la capitale de la province romaine d’Arabie. La dernière mission en date a été effectuée au printemps 2015.


13. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 5/3 : La constitution d’Anastase au Qasr al-Hallabat (Denis Feissel)

Une mission de relevé a été effectuée fin 2013. Le volume consacré à la constitution d'Anastase est en cours d'achèvement.


14. IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 4, 2e éd. : Pétra et la Jordanie méridionale (Maurice Sartre)

Une mission a été effectuée à l’automne 2014.


15. Catalogue des collections épigraphiques des musées du Proche-Orient

Au Liban, Julien Aliquot et Jean-Baptiste Yon préparent ensemble les catalogues épigraphiques du Musée national de Beyrouth (plus de 500 inscriptions) et du musée de l’American University of Beirut (environ 100 textes). Ces projets parallèles présentent un intérêt d’autant plus grand que les textes de la région et des musées de Beyrouth n’ont été édités que de manière dispersée, dans des articles parfois très anciens, et que les premières prospections et les inventaires des musées révèlent l’existence de nombreux inédits provenant du Liban et de tout le Proche-Orient.

En Syrie, Julien Aliquot s’est vu confier en 2007 la préparation du catalogue des inscriptions grecques et latines du Musée national de Damas. L’inventaire des textes conservés dans le jardin et dans les salles d’exposition est achevé. Il doit être complété par l’étude des inscriptions entreposées dans les réserves du musée. La collection épigraphique fera l’objet d’une publication collective.


L’équipe


Direction : Véronique Chankowski, UMR 5189 HiSoMA (Histoire et Sources des Mondes Antiques), CNRS-Université de Lyon, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, 5/7, rue Raulin, F-69365 Lyon, Cedex 07, France.
Coordination : Pierre-Louis Gatier (HiSoMA, CNRS, Lyon).
Participants : Julien Aliquot (HiSoMA, CNRS, Lyon), Nabil Bader (Université du Yarmouk), Thomas Bauzou (Université d’Orléans), Jean-Claude Decourt (HiSoMA, CNRS, Lyon), Denis Feissel (EPHE, CNRS, Paris), Pierre-Louis Gatier (HiSoMA, CNRS, Lyon), Marc Griesheimer (Université d’Aix-en-Provence), Jean-Paul Rey-Coquais (Université de Bourgogne), Annie Sartre-Fauriat (Université d’Artois, HiSoMA), Maurice Sartre (Université de Tours, IUF, HiSoMA), Jean-Baptiste Yon (HiSoMA, CNRS, Lyon), Fawzi Zayadine (Department of Antiquities, Jordanie).


Bibliographie

Le corpus

Jalabert, Louis, et René Mouterde, IGLS I, Commagène et Cyrrhestique, Paris (BAH 12), 1929.
Jalabert, Louis, et René Mouterde, IGLS II, Chalcidique et Antiochène, Paris (BAH 32), 1939.
Jalabert, Louis, et René Mouterde, IGLS III, 1, Région de l’Amanus, Antioche, Paris (BAH 46), 1950.
Jalabert, Louis, et René Mouterde, IGLS III, 2, Antioche, Antiochène, Paris (BAH 51), 1953.
Jalabert, Louis, et René Mouterde, avec Claude Mondésert, IGLS IV, Laodicée, Apamène, Paris (BAH 61), 1955.
Jalabert, Louis, et René Mouterde, avec Claude Mondésert, IGLS V, Émésène, Paris (BAH 66), 1959.
Rey-Coquais, Jean-Paul, IGLS VI, Baalbek et Beqa’, Paris (BAH 78), 1967.
Rey-Coquais, Jean-Paul, IGLS VII, Arados et régions voisines, Paris (BAH 89), 1970.
Breton, Jean-François, IGLS VIII, 3, Les inscriptions forestières d’Hadrien dans le Mont-Liban, Paris (BAH 104), 1980.
Aliquot, Julien, IGLS XI, Mont Hermon (Liban et Syrie), Beyrouth (BAH 183), 2008.
Sartre, Maurice, IGLS XIII, 1, Bostra, Paris (BAH 113), 1982.
Sartre, Maurice, avec la collaboration d’Annie Sartre-Fauriat, IGLS XIII, 2, Bostra (Supplément) et la plaine de la Nuqrah, Beyrouth (BAH 194), 2011.
Sartre-Fauriat, Annie, et Sartre, Maurice, IGLS XV, Le plateau du Trachôn et ses bordures, Beyrouth (BAH 204), 2014.
Yon, Jean-Baptiste, IGLS XVII, 1, Palmyre, Beyrouth (BAH 195), 2012.
Gatier, Pierre-Louis, IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 2, Région centrale (Amman - Hesban - Madaba - Main - Dhiban), Paris (BAH 114), 1986.
Sartre, Maurice, IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 4, Pétra et la Nabatène méridionale du Wadi al-Hasa au golfe de ‘Aqaba, Paris (BAH 115), 1993.
Bader, Nabil, IGLS XXI (Inscriptions de la Jordanie), 5, 1, Nord-Est de la Jordanie, Beyrouth (BAH 187), 2009.


Choix d’inscriptions

As’ad, Khaled, et Jean-Baptiste Yon, avec la collaboration de Thibaud Fournet, Inscriptions de Palmyre. Promenades épigraphiques dans la ville de Palmyre, Beyrouth (Guides archéologiques de l’Ifapo 3), 2001.
Yon, Jean-Baptiste, et Pierre-Louis Gatier (éd.), avec des notices par Julien Aliquot, Jean-Claude Decourt, Denis Feissel, Pierre-Louis Gatier, Jean-Paul Rey-Coquais, Maurice Sartre et Jean-Baptiste Yon, Choix d’inscriptions grecques et latines de la Syrie, Beyrouth (Guides archéologiques de l’Ifpo 6), 2009.


Hors collection

On signalera en outre les deux volumes de Jean-Paul Rey-Coquais sur les inscriptions de Tyr, hors de la collection des IGLS, mais se rattachant étroitement au programme :

Rey-Coquais, Jean-Paul, Inscriptions grecques et latines découvertes dans les fouilles de Tyr (1963-1974), I, Inscriptions de la nécropole (Bulletin du Musée de Beyrouth 29), Beyrouth, 1977.
Rey-Coquais, Jean-Paul, Inscriptions grecques et latines de Tyr (BAAL Hors-Série 3), Beyrouth, 2006.

Une compilation des chapitres proche-orientaux du Bulletin épigraphique de la Revue des études grecques vient d'être réalisée pour les années 2005-2015. Elle est désormais disponible en ligne :

Feissel, Denis, et Gatier, Pierre-Louis, Bulletin épigraphique 2005-2015 (Syrie, Phénicie, Palestine, Arabie).

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