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Bases documentaires. Inventaires et corpus


Monnaies de l’Occident romain
La reconstitution de l’histoire monétaire romaine achoppe sur le manque d’accès aux gisements de documentation primaire que sont les grands cabinets institutionnels, collections historiques nées dès le XVIe s. des cabinets des médailles royaux et princiers et constamment augmentées au fil du temps (Paris, Vienne, Londres, Berlin, Budapest, Oxford, etc.) et dont aucun n’a publié son fonds pour la période.

 

Plusieurs membres de l’équipe numismatique ont travaillé ou travaillent à des corpus de la frappe monétaire impériale romaine, sur la période allant des Sévères au début du IVe siècle de notre ère.
- O. Lempereur a soutenu en 2010 une thèse  sur « L’empereur P. Helvius Pertinax. Recherches historiques et numismatiques » sous la direction de B. Rémy (jury M. Amandry, S. Estiot, N. Mathieu, B. Rémy, Y. Roman), actuellement sous presse.
- V. Drost a mené, sous la direction de M. Christol et de S. Estiot, une thèse sur « Le monnayage de l’empereur Maxence (306-312 ap. J.-C.) et l’histoire politique et économique de la fin de l’époque tétrarchique », soutenue en 2011 (jury M. Amandry, Jean-Michel Carrié, F. Chausson, M. Christol, S. Estiot, G. Gautier) et publiée en 2013.
- Th. Bardin mène une thèse sur « Les débuts de la crise du IIIe siècle. Approches numismatiques de l’histoire politique et militaire de l’Empire (238-253 ap. J.-C) », c’est-à-dire correspondant aux règnes allant de Pupien et Balbin et des Gordiens à celui de Valérien, sous la direction de S. Estiot et avec le soutien d’une allocation de recherche Région Rhône-Alpes.
- S. Estiot se consacre aux règnes allant d’Aurélien à la réforme de Dioclétien (270-294 ap. J.-C.).  J. Mairat à ceux de Claude et Quintille (268-270 ap. J.-C.). Ph. Gysen s’est associé aux recherches sur Probus et Carus (276-284 ap. J.-C.) ; P. Zanchi à celles sur la Dyarchie et Tétrarchie avant la réforme monétaire de Dioclétien (285-294 ap. J.-C.).

Ces recherches nécessitent la quête du matériel là où il se trouve, dans les grands musées (core collections), nombre de collections privées où se trouve un gisement documentaire très riche, et parfois, dans certains gros trésors inédits et étudiés sur place : un soutien matériel  déterminant aux missions et aux campagnes de numérisation a été apporté par des programmes nationaux tels que l’ANR MONetA ou régionaux CIBLE et ARC5, qui ont en outre financé une bourse doctorale de 3 ans (Th. Bardin) et un pos-doc de 18 mois (V. Drost).

 

Bibliothèque nationale de France. Catalogue des monnaies de l’empire romain
BNCMER  XII (270 - 294 AD).
Le programme de collaboration CNRS/BnF qui s’était traduit en 2004 par la publication d’un premier tome (S. Estiot, BNCMER XII.1. D’Aurélien à Florien, Paris-Strasbourg, 2004, 2 vol., 472 p., 100 pl. NB, 16 pl. coul.) s’est poursuivi dans le cadre d’une nouvelle convention CNRS/BnF sur la période 2009-2012.

Les volumes dont S. Estiot  a la responsabilité (BNCMER XII. Volumes 1 à 3) sont consacrés à des règnes essentiels pour le IIIe siècle de notre ère et son histoire monétaire -du nadir du monnayage romain aux réformes d’Aurélien et de Dioclétien). Ces volumes BNCMER sont conçus pour ne pas être de simples Syllogè, publiant les monnaies du médaillier de Paris, mais des corpus présentant un conspectus global de la frappe monétaire sous les règnes concernés, en faisant largement appel à la documentation disponible ailleurs : autres grandes collections

institutionnelles européennes, trésors monétaires, catalogues de vente, collections privées, ventes sur internet, etc.

 


Le volume BNCMER XII.2. Probus (276-282 de n. è.), actuellement en chantier, propose une amplification de cette méthode, en étendant le catalogue et le corpus aux deux collections mondiales majeures, Paris et Vienne, en étudiant et publiant conjointement plus de 11 500 monnaies. En effet, si les collections de la BnF sont au deuxième rang pour cette période, Vienne, incontestablement, vient en tête. Cette documentation primaire, qu’elle soit de Paris ou de Vienne, n’a jamais été publiée.
La préparation de ces volumes de BNCMER, travail de longue haleine, s’est poursuivi dans le cadre du programme ANR MONetA 2007-2011 qui a permis en outre les missions et les campagnes de numérisation dans les 10 autres collections institutionnelles majeures (Budapest, Berlin, Londres, Oxford, Cambridge, Milan, Bruxelles, Copenhague, Munich, New York : de nouveau, aucune de ces collections n’a publié son fonds), certaines collections privées et des trésors monétaires encore inédits étudiés in situ.

O. Lempereur travaille au catalogue des monnaies romaines de la BnF sur la période 193-217 de n. è. (de Pertinax à Caracalla), dans la perspective de la publication du volume BNCMER VIII.1. L’étude des monnaies de cette collection patrimoniale est en cours. Elles ont toutes été numérisées et sont déjà classées. L’identification de certaines séries et la rédaction des parties du catalogue qui leur correspond ont été également effectuées.

 

Médaillier, Bibliothèque d’étude et d’information de Grenoble
Concernant la publication des fonds monétaires des musées et bibliothèques de Rhône-Alpes, B. Rémy poursuit la publication des collections monétaires romaines impériales de la Bibliothèque d’étude et d’information de Grenoble. Après six volumes déjà parus (d’Auguste à Antonin le Pieux), les volumes 7. Marc Aurèle et 8. Commode ont été publiés.

 

Médaillier, Musée des Beaux-Arts de Lyon
Des programmes dirigés par S. Estiot et soutenus par la Région Rhône-Alpes (programmes CIBLE et ARC5) Monnaie antique en Rhône-Alpes ont permis de lancer des programmes d’étude et de publication des collections numismatiques muséales rhônalpines, et particulièrement des collections numismatiques romaines du Musée des Beaux-Arts de Lyon (MBAL).
La création du Médaillier de Lyon, actuellement la seconde collection de France après celle du Cabinet des Médailles à Paris, BnF, remonte à 1733. Le Consulat de Lyon achète à cette époque un grand nombre de médailliers particuliers. Cette initiative répond à une volonté de rendre ces objets d’art et de culture accessibles à tous,  quelques décennies avant l’instauration du musée. En 1792, la collection municipale est associée à l’autre grande collection lyonnaise, celle des Jésuites du collège de la Trinité. Installées toutes deux aux palais Saint-Pierre pendant la Révolution, elles forment désormais le Cabinet  des médailles du musée de Lyon. Au XIXe siècle les idées patriotiques et romantiques portent à accorder plus d’importance à l’archéologie et l’histoire nationale. Le musée de Lyon acquiert alors les trésors gallo-romains de Lentilly ou de Ruffieu. De grandes collections régionales spécialisées entrent au musée  à cette époque : le médaillier connaît alors son âge d’or.
Les collections romaines du Médaillier du Musée des Beaux-Arts de Lyon comptent à peu près 19 000 exemplaires.  Il n’en existe pas de catalogue à l’heure actuelle.

Trois volumes de ce futur Catalogue des monnaies romaines (CMR MBAL. Catalogue des Monnaies romaines du Musée des Beaux-Arts de Lyon) sont en préparation grâce au soutien de la Région :

- V. Drost, post-doc ARC5 (période 294-330 AD, 1 284 monnaies)

-  Th. Bardin, allocataire de recherche CIBLE (période 238-253 AD, 1 070 monnaies)

- S. Estiot, resp. des programme CIBLE et ARC5 (période 270-294 AD, 1 120 monnaies)

La numérisation exhaustive, ainsi que le traitement photographique (mise à l’échelle, détourage, traitement photo couleur et N&B) ont été réalisés par ces chercheurs HISOMA.


Médaillier, Musée savoisien de Chambéry
Le même type de travail de catalogage, étude et publication a été lancé par O. Lempereur pour les collections romaines du Musée savoisien de Chambéry, qui comptent quelque 5 500 exemplaires. Les pièces du IIe siècle et de la première moitié du IIIe siècle ap. J.-C. sont en cours d’étude.