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Circulation monétaire : les sites

  1. Le témoignage des trésors qui répercutent immédiatement les mutations monétaires et les manipulations des autorités politiques sur leur instrument de paiement doit être croisé avec les données des sites, qui offrent une vision souvent bien diffférente de la réalité quotidienne de la circulation du numéraire et des échanges. Si les archéologues et les responsables de chantier ont renoncé depuis longtemps à voir dans les monnaies un moyen de dater les unités stratigraphiques et les niveaux d’occupation de leurs fouilles, en revanche les numismates et les historiens des faits économiques ont beaucoup à apprendre du témoignage des monnaies trouvées en contexte dans une stratigraphie bien menée et bien datée.

  2.  

Questions de circulation monétaire à Lyon, l’époque tardo-antique
Un programme d’Activité collective de recherche (ACR) a été proposé à leur tutelle, l’INRAP, par deux chercheurs associés à l’équipe Numismatique, Christian Cécillon et Daniel Frascone, qui a été accepté fin 2013 pour 4 ans.
Le programme « La circulation monétaire dans la cité de Lugdunum aux IIIe-Ve siècles de n. è. » se fonde sur la base statistique désormais fiable (ca 4 000 monnaies) du matériel numismatique qu’ont livré les nombreuses fouilles d’archéologie préventive menées dans la ville de Lyon depuis plus de trois décennies et se propose d’identifier et inventorier le matériel épars dans différents dépôts de fouille ; l’enregistrer sous forme d’une base de données géoréférencée connectée aux images numériques exhaustives ; l’étudier en contexte, c’est-à-dire étudier la répartition du monnayage non plus seulement spatialement (sur les axes x et y), mais en stratigraphie (sur l’axe z du temps) ; approcher des phénomènes de circulation monétaire mal connus : rémanence et réutilisation aux III-IVe siècles du monnayage de bronze d’époque antonine ; paiements « au poids du métal » ; importance des imitations ; etc.