UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Isocrate : entre jeu rhétorique et enjeux politiques
Mercredi, 5. Juin 2013 - Vendredi, 7. Juin 2013

Colloque international
5-6-7 juin 2013 à l'Université Jean Moulin Lyon 3 (Amphithéâtre Doucet-Bon)
organisé par Christian Bouchet et Pascale Giovannelli-Jouanna (Université Jean Moulin Lyon3 / HiSoMA UMR 5189)
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Contact administratif : CEROR (Annelise POULET) ceror[at]univ-lyon3[dot]fr

Respecté et admiré dans l’Antiquité pour son art oratoire, Isocrate est aujourd’hui l’objet d’une réflexion plus large prenant en compte et explorant les différents aspects de sa pensée. Ainsi les études actuelles s’intéressent-elles aussi bien à sa rhétorique, à sa défense du logos, qu’à son enseignement et à son implication dans le débat politique; elles voient en lui tour à tour un maître sûr de sa paideusis, un esprit naïf face aux tyrans et à Philippe ii, ou encore le chantre de la campagne militaire tournée contre les Perses et le promoteur de la colonisation hellénistique.

De fait, sa longévité a fait d’Isocrate, mort en 338 à l’âge de 96 ou 98 ans, le témoin des événements athéniens, grecs, perses et macédoniens, qui ont marqué la période située entre la guerre du Péloponnèse et la défaite grecque de Chéronée. Plutôt qu’un témoin, n’a-t-il pas été un acteur, dans la mesure où ses discours et lettres signalent un engagement au service d’Athènes, une foi en l’éducation et en la défense et illustration d’une rhétorique qui propose un véritable programme politique ?
Sommes-nous pour autant autorisés à classer Isocrate parmi les orateurs et parmi les penseurs politiques du ive siècle ? La difficulté est double. D’abord, que dire d’un orateur qui s’avoue lui-même incapable de prendre la parole devant une assemblée ? Isocrate n’est-il pas plutôt un maître de rhétorique, maître efficace si l’on en juge par la qualité et le nombre de ses disciples ? Ou bien un « logocrate », un maître des mots ? A coup sûr, il fut un défenseur de la paidéia classique, et d’une philosophie, non pas en quête de la vérité, mais fondée sur des apprentissages, sur la force des mots, et sur des valeurs que certains ont pu juger conservatrices. Ensuite, il n’est jamais facile en lisant Isocrate de déterminer la part de l’exercice rhétorique et celle de la pensée politique véritable. Autrement dit, faut-il toujours prendre Isocrate au pied de la lettre, voire au sérieux ? L’omniprésence de l’éloge n’est pas sans risquer de jeter un voile sur la sincérité de l’auteur.
Les vingt-cinq communications seront réparties en cinq demi-journées thématiques : nouveauté dans l’édition du corpus isocratique et études de discours particuliers; rhétorique ; institutions et vie politique ; mythe et histoire ; philosophie et école d’Isocrate.

 

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