UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

Axe D : Structures politiques et phénomènes de territorialisation

Structures hiérarchiques et phénomènes de territorialisation dans les sociétés antiques : aspects matériels et expressions symboliques

– Villes, territoires et processus de territorialisation
– Centres et périphéries : aspects spatiaux, matériels, symboliques
– Figures et lieux de pouvoir
– Lieux de production et circuits d’échange des biens matériels

Les recherches regroupées dans cet axe illustrent et mettent en pratique le programme scientifique qu’exprime le nom même du laboratoire HiSoMA « Histoire (au singulier) et sources (au pluriel) des mondes antiques ». Toutes les catégories de sources documentaires sont ici mises au service de l’approche des différentes périodes historiques à travers quelques thématiques spécifiques, dans la conviction des avantages que tous peuvent retirer d’une « fertilisation croisée » des différents champs disciplinaires.

Au cours des trente dernières années, les recherches portant sur la question des territoires ont opéré un véritable changement dans l’approche des sociétés antiques en rendant les historiens plus attentifs à l’examen de la diversité des activités humaines dans leur expression spatiale. Ainsi les problématiques spatiales n’ont cessé de gagner en ampleur dans des disciplines où elles n’apparaissaient pas ou peu. Cette approche — qui constitue l’une des spécialités de recherche dans laquelle le laboratoire HiSoMA a depuis toujours joué un rôle pionnier — connaît aujourd’hui un approfondissement par la volonté d’interrogation croisée de l’ensemble des sources par comparaison avec les résultats des prospections archéologiques, afin de mettre en lumière les combinaisons d’échelles auxquelles les phénomènes sociaux et politiques s’expriment et se structurent.

De fait, la documentation antique permet d’étudier des phénomènes comme les sentiments d’appartenance, les liens entre culture, langue et territoire, qui sont confrontés à des mouvements concomitants et divergents d’expression des identités régionales et d’intégration dans des constructions territoriales plus vastes, toutes questions dont la formulation nous paraît très actuelle et qui révèlent que le territoire a toujours été une construction sociale inscrite dans la contingence du mouvement historique. La question de l’ancrage des sociétés de l’Antiquité dans leurs territoires donne donc sa cohérence aux diverses facettes de cet axe. L’accent sera mis sur la question des modèles socio-politiques de gestion des territoires et d’administration des populations, mais aussi sur les modèles économiques de production et de distribution des richesses. Dans le même temps, la symbolique des territoires, l’invention de mythes fédérateurs et de figures tutélaires, appuyés sur des politiques d’État dans le domaine de la communication, font également partie des nouveaux programmes qui permettront de comprendre comment se tisse (ou se défait) le lien des populations avec un territoire donné.

Les sociétés, sur-représentées à l’époque antique par leurs élites sur lesquelles se concentre l’essentiel de la documentation, occupent et gèrent leur territoire à plusieurs niveaux de pouvoir : niveau local (les cités), niveau régional (les provinces) et niveau global (l’État). Les liens tissés entre les membres de ces différents groupes sociaux-culturels (qui se définissent aussi en termes économiques), les critères de définition des dites élites, les rapports de dépendance et de clientèle, les processus d’ascension sociale ou au contraire les motifs d’exclusion sont au cœur de nos questionnements.

Qui dit territoire dit défense du territoire. L’étude de l’armée et des moyens étatiques de protection et de préservation de l’intégrité du territoire est un aspect essentiel de cette approche. Ce territoire est potentiellement extensible, et donc les moyens et les fins de la conquête, par un État donné, viennent compléter cette analyse.

Enfin, le territoire s'appréhende aussi comme un espace ayant une dimension économique doté d’un certain potentiel agricole et de diverses ressources en matières premières, qui peuvent être évaluées en termes de capacité de production et/ou d'échange (on peut échanger des produits qu'on ne fabrique pas mais qu'on collecte ou dont on assure l’échange et le transfert entre les centres de production ou d'origine et les centres de consommation).

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