UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

ERC Synergy Grant 2019-2025

DHARMA (The Domestication of “Hindu” Asceticism and the Religious Making of South and Southeast Asia)

Arlo Griffiths (EFEO & HiSoMA) et ses collaborateurs bénéficient d’un financement de près de 10 millions d’euros pour une durée de six ans.

Emmanuel Francis (CEIAS, UMR 8564, CNRS & EHESS), Arlo Griffiths (EFEO & HiSoMA) et Annette Schmiedchen (Université Humboldt, Berlin) sont, avec Florinda de Simini (Université « L’Orientale », Naples), les trois « Principal Investigators » du projet DHARMA (The Domestication of “Hindu” Asceticism and the Religious Making of South and Southeast Asia), lauréat du très concurrentiel appel à projets Synergy Grant 2018 du programme Recherche et Innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne.

La religion connue aujourd’hui sous le nom d’« hindouisme » est une religion mondiale majeure et la principale religion de la plus grande démocratie du monde, l’Inde. Mais l’histoire des institutions « hindoues » ne se limite pas à l’Inde. DHARMA abordera l’histoire de l’« hindouisme » dans une perspective comparative, en se concentrant sur la période du 6ème au 13ème siècle. Durant cette période, le golfe du Bengale a connu, par voie de mer, des échanges culturels intenses. Le processus d’« indianisation » qui en a résulté, marqué notamment par la diffusion de l’« hindouisme », du système d’écriture indien et du sanscrit, langue sacrée de l’Inde, a touché une grande partie du sud et du sud-est asiatique.

Le terme sanscrit DHARMA peut désigner la loi cosmique, maintenue tant par les dieux que par les hommes. Mais il est aussi souvent utilisé pour faire référence aux nombreuses fondations et donations instituées pour soutenir cette loi. Le projet DHARMA a pour ambition de mieux comprendre le processus d’« institutionnalisation » de l’« hindouisme » en examinant le rôle de différents agents, des rois et des nobles aux prêtres, aux moines et aux communautés locales. Le projet met l’accent sur le contexte social et matériel de l’« hindouisme » en adoptant une méthodologie multirégionale, multiscalaire et multidisciplinaire, afin de créer une véritable synergie de la recherche sur l’Asie du Sud et du Sud-Est prémoderne.

Notre approche sera basée sur la corrélation et la contextualisation de sources écrites (inscriptions, manuscrits) et de sources matérielles provenant de temples et autres types de sites archéologiques. Le projet sera mené par quatre équipes. Trois d’entre elles, constituées sur une base régionale, se concentreront respectivement sur les inscriptions et les sites archéologiques du sud de l’Inde tamoulophone (A), ceux du centre et du nord-est de l’Asie du Sud jusqu’au Myanmar actuel (B) et ceux de l’Asie du Sud-Est insulaire et continentale (C). Une quatrième équipe, transversale (D), dirigée par Dominic Goodall (EFEO) et Florinda de Simini, se concentrera sur les textes transmis par la tradition manuscrite. Les centres régionaux de l’EFEO à Pondichéry, Siem Reap et Jakarta serviront d’ancrage à nos investigations sur le terrain asiatique.

 Les inscriptions sont les principales sources de l’histoire de l’Asie du Sud et du Sud-Est prémodernes, mais ne sont pas toutes accessibles et encore moins dans un format exploitable en informatique. Pour la recherche comparative à grande échelle que nous proposons d’entreprendre, rendre les inscriptions de l’Asie du Sud et du Sud-Est disponibles, autant que possible, dans une base de données numérique est donc un objectif central de ce projet. Les manuscrits d’Asie du Sud et du Sud-Est, en général écrits sur feuilles de palmier, contiennent de riches archives textuelles pertinentes pour l’histoire de l’« hindouisme ». Nous produirons des éditions et traductions de textes restés jusqu’à présent inédits et donc inexploités par la recherche historique. Il s’agit notamment de descriptions des pratiques religieuses ainsi que de prescriptions, qui concernent tant la religiosité laïque que la vie religieuse dans les temples et les monastères. En ce qui concerne les vestiges archéologiques, nous sommes dans une position idéale – grâce à la collaboration de longue date entre archéologues français et asiatiques – pour entreprendre des études et des fouilles sur des sites connus pour leur richesse archéologique. Cela nous permettra ainsi de confronter nos découvertes dans les inscriptions et les textes à celles de l’archéologie. Les fouilles archéologiques seront menées par des archéologues français expérimentés au Bangladesh, au Cambodge et en Indonésie.

 

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