UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Interactions philologiques 

Axe A - Savoirs et doctrines - Programme A1

Dans la continuité des travaux développés dans le domaine de l’érudition antique (Marie-Karine Lhommé, Daniel Vallat, Lyon 2, IUF), ce programme a pour objectif d’étudier les interactions et la circulation des formes érudites et scolaires de la littérature dans l’Antiquité, et son devenir à la charnière de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge. En parallèle à l’édition de Servius dans la CUF (voir Axe transversal), il s’agit d’abord d’appréhender la manière dont sont exploitées, dans les milieux érudits et scolaires, les sources savantes, en particulier dans le domaine des arts libéraux, de la stylistique, des recherches antiquaires et géographiques, de la mythographie.

Nous nous attacherons à étudier la circulation de ces savoirs d’un genre à l’autre, d’un milieu à l’autre, d’un format à l’autre, d’une langue à l’autre.

D’un genre à l’autre. Nous nous pencherons en particulier sur la triangulation générique entre commentaires scolaires (avec celui de Servius au premier plan), traités grammaticaux et traités lexicographiques (Festus, Nonius) : chacun de ces genres est, tour à tour, source et réceptacle des savoirs anciens. Par exemple, à partir du moment où Virgile est l’auteur le plus exploité par les grammairiens latins et les commentateurs des autres auteurs (comme Donat dans son commentaire à Térence, mais aussi dans les commentaires anonymes à Horace), il existe des liens étroits et indissolubles entre le poète latin par excellence et les traités et les notes de grammaire issus de l’Antiquité tardive. Il existe cependant un problème fondamental dans le fait de prendre Virgile pour exemple, alors que sa langue n’a jamais été un modèle de latin classique ni courant : l’étude des citations de Virgile et des théories qu’elles illustrent pourra nous permettre de préciser les rapports conflictuels entre ars (le traité de grammaire théorique), usus (l’usage courant) et auctoritas (l’usage spécifique des auteurs littéraires).

En outre, les genres philologiques entretiennent des relations privilégiées avec la poésie gréco-latine qui leur sert de support, mais pas seulement : par exemple, il est aujourd’hui établi que les poètes latins connaissaient, en plus des textes poétiques grecs, les commentaires érudits grecs à ces mêmes textes : c’est ainsi que Virgile connaissait les scolies à Homère, et que de subtiles différences entre les Argonautiques de Valérius Flaccus (1er s. apr. J.-C.) et les Argonautiques de son modèle Apollonios de Rhodes (3e s. av. J.-C.) s’expliquent par le recours du poète latin aux scolies grecques sur le poète alexandrin. Quant au genre de la poésie didactique, il met en jeu d’une part la poésie et ses règles et de l’autre la constitution d’un discours philologique.

 D’un milieu à l’autre. Les échanges entre culture scolaire et culture encyclopédique sont permanents : on peut ainsi souligner comment, dans le monde latin, Servius a puisé à des sources encyclopédiques comme Varron ou Pline l’Ancien, avant d’être à son tour exploité par Isidore de Séville. Il s’agira de voir sur quelles bases, avec quelle méthode et dans quelles conditions historiques a pu se constituer un commentaire scolaire comme celui de Servius. Les échanges encyclopédies / écoles ont joué un rôle fondamental dans la constitution d’une culture tardo-antique.

D’un format à l’autre. Une question importante dans cette chaîne d’érudition est de savoir dans quelle mesure les maîtres de l’Antiquité tardive possédaient des textes de première main ou des résumés, abrégés, listes de citations, etc. La question des formats est donc liée à la fois à un problème pédagogique et chronologique : d’une époque à l’autre, la mutation des supports et des formats, adaptés à des besoins précis, a entraîné des remaniements tantôt par abréviation de la source, tantôt par enrichissement. Servius en est un bon exemple, qui se retrouve enrichi (Servius Danielis) ou transformé dans le genre le plus bref qui soit : la glose.

D’une langue à l’autre. Les échanges entre les deux langues latine et grecque constituent également un axe important où il reste des études à fournir. Lors de la traduction d’une langue à l’autre, se produisent des phénomènes d’adaptation, parfois de déformation ou de mécompréhension, qui modifient l’original. Les voies mêmes de la transmission des savoirs philologiques de Grèce à Rome demeurent diverses et parfois obscures, surtout quand l’original a disparu. Inversement, il a existé des cas où les savoirs romains ont été importés en Grèce, en particulier à l’époque byzantine.

Auteurs et textes privilégiés :
Servius ; Festus ; Nonius ; Grammatici latini ; Priscien ; Gloses virgiliennes ; Scolies à Germanicus.

Thématiques :
La mythographie "marginale" des corpus scoliastiques ; la poésie didactique, ses commentaires et ses traductions (astronomie, géographie).

Projets :
Traduction : Vibius Sequester. Versions latines de la Périégèse de Denys.
Projet : Mythoscholia : constitution d’un corpus de mythographie scoliastique (cf. Thématique).
Colloque : 2017 Commentaire et Grammaire / 2019 Commentaire et circulation des mythes.

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