UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

L’armée et le contrôle du territoire

Axe C - Sociétés en mutations - Programme 2

• L’étude des relations entre l’armée et le contrôle du territoire permet de prendre la mesure de nombreuses évolutions dont l’armée et les soldats sont des acteurs déterminants.
Si les recherches sur l’armée romaine constituent une thématique inscrite de longue date dans les programmes d’HiSoMA (Catherine Wolff, Patrice Faure, Lyon 3), on envisagera également des perspectives plus larges en mettant en perspective des travaux consacrés tant au monde grec qu’au monde romain, par exemple avec la mission archéologique française du désert oriental d’Égypte (B. Redon, CNRS), qui a largement contribué au renouvellement des connaissances touchant aux modalités du contrôle militaire des territoires situés entre Nil et mer Rouge et a également permis de mettre au jour des structures et des ostraca essentiels à la connaissance de la vie quotidienne des soldats. Un autre travail, autour du sort des prisonniers de guerre en Grèce, à Rome et à l’époque contemporaine (guerres napoléoniennes et première guerre mondiale) sera également l’occasion d’une mise en perspective (C. Wolff).

L’un des points forts des recherches menées à HiSoMA sur l’armée romaine réside dans l’organisation de congrès internationaux sur l’armée romaine, tenus à Lyon depuis 1994, tous les quatre ans, avec publication régulière des actes dans un délai de deux ans. Il s’agit désormais d’un rendez-vous bien ancré dans le calendrier des spécialistes de l’armée romaine. Ces rendez-vous réguliers contribuent assurément au rayonnement de l’UMR, en faisant de Lyon un pôle très actif d’étude de l’armée romaine.

Parmi les diverses facettes des recherches sur l’armée romaine, l’une des plus neuves est une évolution vers l’étude non plus seulement de l’institution, mais des soldats qui la composent. Ces derniers, marqués par une grande diversité ethnique et culturelle, formaient une communauté autonome qui possédait ses codes propres, mais qui n’était pas coupée pour autant du reste de la société. Une très grande diversité de sources – épigraphiques, littéraires, archéologiques, papyrologiques, iconographiques – nous informe sur leurs comportements, leurs aspirations, leurs croyances et leurs pratiques sociales et culturelles. Les très nombreuses dédicaces et épitaphes relevant des soldats fournissent un matériau de choix pour l’étude des pratiques religieuses et sociales (et ce d’autant plus qu’elles se trouvent éventuellement associées à des images, et parfois à un contexte archéologique bien cerné).

La structure militaire, marquée par une forte hiérarchie, offre aussi un terrain d’étude propice à l’appréciation des relations sociales et de la sociabilité à l’intérieur de l’armée. Bien entendu, les historiens s’intéressent très largement aux relations entre soldats et civils, qui n’étaient pas étrangers les uns aux autres. Ils entretenaient des rapports quotidiens, dont les facettes sont multiples : relations économiques, car les soldats sont des consommateurs de produits très variés et disposent, en tant que « salariés », de moyens non négligeables pour acquérir et vendre des biens, et constituer des patrimoines dont se soucie le droit romain (toutes questions liées à la thématique "économie antique") ; relations familiales, car les militaires – fréquemment recrutés localement à partir de la fin du Ier siècle p. C. – vivent au plus près de leurs proches, installés aux portes des camps ; relations « culturelles », car les soldats, d’origines très diverses mais aussi très mobiles dans l’exercice de leur métier, sont partie prenante dans la transmission de croyances, d’idées, et de pratiques. Parmi ces phénomènes figurent en bonne place les transferts linguistiques, le recours à l’écrit et à l’expression épigraphique, notamment. L’étude de plusieurs de ces aspects sera entreprise, pour l’armée romaine, par Patrice Faure, avec en particulier une recherche sur les modes d’expression – vocaux mais aussi corporels et matériels - employés par les soldats dans leur dialogue avec la hiérarchie et dans l’exercice de leur métier.

• Un autre projet s’inscrira dans une thématique commune à la MOM et à l’ISH (participation du laboratoire ArAr. Archéométrie et Archéologie et du CIHAM, partenariats avec la Ville de Lyon, le musée Gadagne, le musée gallo-romain) dans le cadre de recherches sur la ville de Lyon. Il s’agit d’une étude de la bataille de Lyon (Patrice Faure, HiSoMA, Matthieu Poux, ArAr) qui eut lieu le 19 février 197 p. C. Cette confrontation, qui constitue l’ultime épisode des guerres civiles débutées quatre ans plus tôt, se solda par la victoire finale de Septime Sévère sur son rival Clodius Albinus. Malgré son importance, l’événement est mal connu et une mise au point s’impose.

 • Enfin, sur l’armée et les provinces, sur le maillage du territoire (mise en place à partir de la seconde moitié du IIIe siècle d’un réseau d’ateliers monétaires au plus près de son principal consommateur, l’armée, préfiguration de la réorganisation provinciale, administrative et militaire de Dioclétien), sur l’apparition de capitales régionales (Trèves, Antioche, etc.) répondant à l’organisation polycéphale du pouvoir (Dyarchie/Tétrarchie), les travaux des numismates (dir. Sylviane Estiot, CNRS - voir plus haut, programme C1), en particulier par l’étude des trésors monétaires, rencontrent les préoccupations des épigraphistes et historiens.

 

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