UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Frontières et communautés étrangères en Égypte

A la Basse Époque (VIIe-IVe s. av. J.-C.)

Axe C - Ville, territoire, pouvoir - Programme 2

L’Égypte à la Basse Époque connaît un renouveau de ses institutions, de son économie et de sa culture (au sens large) que l’on met souvent en relation avec le processus de réunification du pays entamé par les pharaons saïtes. Le rôle des étrangers (mercenaires et commerçants) dans ce processus a été souligné de longue date et l’on connaît le rôle central tenu par Naucratis et Héracleion dans l’ouverture du pays vers l’économie méditerranéenne.

L’étude des sources classiques (Hérodote), confrontée à celle des décrets royaux hiéroglyphiques et du matériel exhumé à la fin du XIXe s. à Naucratis et Tell Defenneh, a conduit à dresser un portrait de l’époque assez figé, souvent dogmatique et assurément contrasté, égyptologues et hellénistes, philologues et archéologues ignorant encore trop souvent les avancées réalisées hors de leur domaine de spécialité, même s’il faut souligner les études exemplaires de Jean Yoyotte dans ce domaine.

Le projet présenté ici (dir. B. Redon, CNRS) entend dépasser les découpages disciplinaires, en donnant toute sa place, notamment, aux sources archéologiques en cours d’acquisition. La genèse de ce projet interdisciplinaire vient en effet des découvertes récentes faites par la mission de Taposiris /Plinthine (MAE, dir. M.-Fr. Boussac, Paris Ouest / Responsable des opérations de terrain, B. Redon, CNRS-HiSoMA). Or elles interviennent dans un contexte général de regain d’intérêt pour la période : le matériel de fouilles anciennes est en cours de réexamen (Naukratis Project du British Museum) et de nombreuses missions explorent actuellement des niveaux datant des 26e-30e dynasties en Égypte, et notamment dans ses périphéries (par exemple Tell el-Herr, Tell el-Da’ba, Saïs ou encore Assouan).

Or le renouveau saïte, et le dynamisme de l’Égypte tardive, provient aussi (et surtout ?) de ses périphéries (Marmarique, Maréotide, Delta occidental, Delta nord-oriental, désert Occidental, désert Oriental et mer Rouge, région d’Assouan). Zone de marges, au potentiel de mise en valeur importante, mais aussi zones de contact (pacifique ou guerrier) avec l’autre, ce sont d’ailleurs dans ces périphéries que les étrangers (Libyens, Grecs, Phéniciens, Juifs etc.) semblent être majoritairement établis.

Le programme visera à étudier ces régions éloignées du pouvoir, mais vectrices de changements et de rencontres, à questionner la notion de frontière et de marge pour le pouvoir pharaonique, et à examiner le rôle et le poids réel des communautés étrangères dans l’histoire de l’Égypte à la Basse Époque.

Ce projet initial est un incubateur pour un projet plus large et l’on envisage une ouverture sur le plan chronologique ; il s’agira en particulier d’étudier le devenir de zones de marges qui, au fil du temps et au gré des changements de pouvoir à la tête de l’Égypte, deviennent des zones de pouvoir et/ou de dynamisme économique. Ce projet est en cours de discussion et conduira au dépôt d’un dossier de financement européen.

Calendrier des manifestations :
Après un colloque international faisant le point sur les découvertes et redécouvertes en cours (2016), plusieurs ateliers seront organisés, portant sur des thèmes particuliers (définition des marges et frontières en Égypte tardive ; céramique importée et présence réelle des étrangers en Égypte ; contextes de découvertes des importations et réflexions sur les consommateurs) ou sur des espaces délimités (frontière nord-est, Maréotide, déserts et oasis égyptiens, etc.). Ces ateliers donneront lieu à des publications de synthèse, publiées sous un format papier et/ou sur le site internet dédié au projet.

Partenariats (liste provisoire) :
HiSoMA, British Museum, IFAO, DAIK, université de Paris IV (équipe Orient et Méditerranée, Mondes pharaoniques), Institut suisse au Caire. Plusieurs missions archéologiques, égyptiennes et étrangères, seront également associées.

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