UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

image oiseau MOM

L’expression institutionnelle du pouvoir

Axe C - Sociétés en mutations - Programme 2

L’inscription du pouvoir dans le territoire prend également une forme institutionnelle dont les évolutions dans le temps sont significatives.

• Le programme d’étude des pratiques, lieux et finalités du vote en Grèce, à Rome et en Gaule, porté par la MOM, a associé au cours des années précédentes plusieurs UMR, dont HiSoMA (Virginie Hollard, Lyon 2 & Clément Chillet, École française de Rome-HiSoMA). Ce programme de recherche s’est fixé comme objectif de proposer une réflexion transversale sur les pratiques, les lieux et les finalités du vote et promeut une vision transdisciplinaire du vote en tant que pratique politique particulière aux différentes sociétés qui composent le monde méditerranéen ancien. L’étude approfondie de la question du vote à travers les cas romain, grec et gaulois permet, en effet, de mieux comprendre les réalités politiques, archéologiques et administratives de trois régions essentielles du monde antique. La suite du projet, à partir de 2016, sera portée par quatre établissements : l’EFR, l’EFA, l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense et la MAE, l’Université Lumière-Lyon 2 et la MOM. En prolongement au programme précédent centré sur le vote, il s’agira d’étudier les autres modes de désignation, comme la pratique du tirage au sort et l’acclamation. L’objectif est de compléter l’étude historique et archéologique du vote par une nouvelle approche de l’ensemble des modes de désignation, envisagée désormais sous un angle à la fois diachronique et pluri-disciplinaire, avec notamment la contribution des Sciences politiques et de l’anthropologie.

 • Dans le prolongement de ses travaux sur les différents types de régimes politiques dans l’Antiquité et les rapports diachroniques ou synchroniques qu’ils peuvent entretenir les uns avec les autres, Stavroula Kefallonitis (UJM) développera un nouveau programme consacré à l’étude de la constitution mixte, en s’appuyant sur un groupe de recherche transdisciplinaire.
La constitution mixte est une idée fondamentale de la pensée politique européenne. Souvent associée à la Renaissance et en particulier à Venise, elle trouve pourtant son origine dans la Grèce ancienne. Sa première mention explicite se trouve chez Thucydide, à propos du gouvernement des Cinq Mille dans l’Athènes de la fin du Ve s. La mise en place d’un séminaire réunissant autour du thème de la constitution mixte non seulement des spécialistes des mondes antiques, mais aussi du Moyen Âge, de la Renaissance, de la période moderne et de la période contemporaine permettra de susciter des échanges interdisciplinaires entre littéraires et philologues, historiens (de l’art, des idées …), philosophes et spécialistes de droit constitutionnel. Ces travaux s’accompagneront de la rédaction d’un ouvrage sur les sources antiques de la constitution mixte.

• Le projet de réexamen de l’œuvre historique de Xénophon (Nicolas Richer, ENS) se rattache à ces problématiques institutionnelles et sociales : en développant une recherche précise sur la teneur des œuvres historiques de Xénophon (Helléniques, Anabase, Agésilas et Constitution des Lacédémoniens, ainsi que la Constitution des Athéniens du Pseudo-Xénophon), il s'agit de rédiger une notice de présentation de chaque œuvre, d'annoter l'ensemble des textes et de constituer un répertoire historique fournissant des notices (étayées de références aux sources antiques et aux études modernes) sur des personnages, des faits politiques, sociaux, économiques, militaires ou religieux.

• Les travaux menés dans le domaine de la numismatique romaine (dir. Sylviane Estiot, CNRS - voir plus haut, programme C1) rejoignent également des recherches sur l’expression du pouvoir et ses pratiques discursives : mise en image de la fierté civique, auto-célébration gentilice de la personne du prince et de sa famille. La riche iconographie monétaire rejoint aussi les études sur le cérémonial impérial et le cadre où il est scénographié, essentiellement urbain (adventus, entrées impériales, cérémonies religieuses, sacrifices, triomphes, adlocutiones, distributions, congiaires, donativa, remise de l’or coronaire, etc). Sur l’historiographie "mythifiée" telle que la pratique l’Histoire Auguste, expression nostalgique d’une classe sénatoriale sur la défensive et désormais écartée du pouvoir au profit des administrateurs équestres et des généraux issus du rang, les recherches numismatiques ont leur place au côté des études prosopographiques sur le personnel politique ou les études philologiques sur la « Quellenforschung ». Sur l’expression de l’appartenance civique, les études sur le monnayage provincial romain (J. Dalaison, Lyon 2, & F. Delrieux, Université de Savoie) mettront en lumière le rôle croissant que joue le monnayage comme nouveau medium d’expression de la fierté civique (néocories, voyages impériaux, jeux), au moment même où son expression épigraphique (évergétisme, etc.) est en chute libre.

 

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