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Bernard Meunier « La théologie de la substitution et son dossier biblique »
Bernard Meunier, le dossier scripturaire de la théologie de la substitution et ses interprétations

La prochaine séance du séminaire BiblIndex aura lieu le vendredi 16 janvier 2026 de 11h à 13h au 22 rue Sala, Lyon 2e, 1er étage. Nous aurons le plaisir d'écouter Bernard Meunier, anciennement chargé de recherche au CNRS et ancien directeur de l'institut des Sources Chrétiennes, sur le sujet suivant :

« La théologie de la substitution et son dossier biblique »

Israël a rejeté le Christ : en punition, il a lui-même été rejeté par Dieu. L’église, nouveau peuple de Dieu, a remplacé Israël dans l’histoire du salut.

Cette affirmation traverse la littérature patristique, où on lit partout que l’alliance a été transférée aux nations parce qu’elles ont accueilli le Christ que les siens n’ont pas reconnu. Les juifs ne font encore partie de l’histoire sainte que s’ils sont devenus chrétiens, c’est-à-dire, pratiquement, ont quitté le judaïsme.

C’est ce qu’on appelle la théologie de la substitution, professée durablement dans le christianisme, avec des conséquences lourdes : puisqu’Israël n’existe plus comme peuple de Dieu, les juifs sont devenus maudits et réprouvés. On sait, depuis Jules Isaac, à quel point cette conviction a nourri l’antisémitisme pendant des siècles, justifiant théologiquement les mauvais traitements infligés aux juifs du monde entier. Les auteurs chrétiens qui l’ont professée se fondaient sur des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Récemment encore, le théologien Jean-Miguel Garrigues a repris le dossier biblique et patristique du rejet d’Israël (L’impossible substitution, Paris, Belles Lettres, 2023).

Pendant cette séance, nous retraverserons à notre tour la littérature patristique (de quand date l’apparition de cette idée ? A-t-elle été universellement professée ? Et surtout, quel est son dossier scripturaire ?) ; puis dans un second temps nous remonterons aux textes bibliques invoqués eux-mêmes, en nous demandant s’ils ont été bien lus et compris, autrement dit, si le rejet théologique d’Israël a ou non un fondement scripturaire. Ainsi apparaîtront mieux les enjeux de la question, au regard de la relation entre chrétiens et juifs dans l’Antiquité, et de la façon dont le concile Vatican 2 a essayé de la refonder.

 
La conférence sera également accessible par visioconférence, via le lien suivant :
https://cnrs.zoom.us/j/99701628112?pwd=NUZxaSt3Z29MU2t2YWtNdVM3L0krZz09

ID de réunion: 997 0162 8112
Code secret: h7VMUv

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