UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Prochaine séance du séminaire Savoirs et doctrines
Mercredi, 24. Mars 2021

La transmission du savoir médical dans les textes doctrinaux
Séminaire transversal de l'axe A : les formes de la transmission du savoir dans l'Antiquité et organisée par Léa Zeringer et Diane Ruiz-Moiret, doctorantes au laboratoire
- mercredi 24 mars 2021 - de 16h30 à 20h - en webinaire
- affiche (.pdf)

Critique horatienne de la philosophie comme médecine de l'âme
Juliette Gaillemain-Meeus (ENS de Lyon)

Dans son œuvre, le poète Horace reprend l'idée d'une philosophie comme médecine de l'âme. Il s'inscrit en cela dans le sillon de Socrate, qui associait étroitement les vices aux maladies corporelles, mais plus encore dans le sillon stoïcien, qui considère les passions comme des maladies de l'âme à éradiquer par la philosophie. Le poète, qui emploie ces métaphores corporelles pour évoquer les vices, semble cependant critiquer la vision dogmatique du Portique. Le prédicateur stoïcien paraît en effet se conduire comme un médecin de l'âme en partant du principe que la philosophie est une science comme la médecine : il se comporte alors comme un savant capable de donner des remèdes au malade. Horace remet en cause cette vision verticale de la thérapeutique philosophique, en montrant que le véritable philosophe s'occupe d'abord de sa propre vertu. La philosophie soigne certes les vices, mais du philosophe en premier lieu, en lui apprenant à se garder de vouloir corriger les autres avant de s'être réformé lui-même.

Le savoir médical de Columelle dans les livres I et II du De re rustica
Marine Bretin-Chabrol (Université Jean Moulin, Lyon 3)

Agronome romain désireux de constituer sa discipline en véritable science appliquée, Columelle justifie ses conseils pratiques concernant l’agriculture par la référence à certains processus physiologiques à l’œuvre dans la terre ou dans les plantes, en écho à plusieurs traditions médicales anciennes (gynécologie, médecine « climatique », sans parler ici de la médecine vétérinaire, développée aux livres VI, VII, VIII). Nous repérerons quelques indices de cette influence et nous interrogerons sur les sources utilisées par Columelle, afin de déterminer si l’agronome développe une pensée médicale homogène et assumée, ou s’il se contente de faire un usage rhétorique des concepts médicaux qu’il emploie dans ce cadre.

La lèpre évangélique : une maladie emblématique ?
Armand Castellon (Université Lumière, Lyon 2)

Dans la Bible, plusieurs maladies contagieuses sont évoquées. Dans le Nouveau Testament, il n’y a que trois occurrences du mot λοιμός, (loimos – peste), l’une est métaphorique et les deux autres sont dans une liste de malheurs annoncés, qui plus est dans une expression paronymique (λιμοὶ καί λοιμοὶ - famines et pestilences). Cependant le corpus présente des maladies individuelles. La plus emblématique est la lèpre. Il est dit qu’il y avait des nombreux lépreux en Israël. L’identification de cette condition est problématique. Peut-on dire que la lèpre néotestamentaire est une appellation médicale ? Dans l’évangile de Luc, le premier miracle est la guérison d’un lépreux. Cette maladie s’inscrit dans un discours vétéro-testamentaire développé. Plusieurs personnages en sont atteints ou guéris. La cause semble en être une faute morale. Les traducteurs de la Septante sont allés chercher une terminologie des médecins grecs. Hippocrate utilise le mot « lepra » pour désigner des conditions dermatologiques sans en développer la nosologie. Or l’identification à la maladie de Hansen ne peut pas être faite à partir des symptômes présentés. L’appellation sert aussi à caractériser plusieurs personnages du Nouveau Testament tout en suscitant des zones d’ombre. Lazare le lépreux contamine Lazare le ressuscité. Enfin, le personnage de Simon le lépreux et son entourage ne semblent pas affectés par la condition, ce qui soulève plusieurs interrogations.

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