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Des noms, des silhouettes, des cultures : onomastique et esquisse de prosopographie d’une population à partir des graffiti du couloir des théâtres de Pompéi (VIII, 7, 20)
Vue du couloir des théâtres de Pompéi depuis la rue de Stabies, ©️ Bruits de couloir, 2025.

Séminaire « Nommer les hommes dans les Mondes Anciens »

Mardi 16 juin 2026, 17h-19h

Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Salle Reinach, 7 rue Raulin Lyon 7e, 4e étage

Des noms, des silhouettes, des cultures : onomastique et esquisse de prosopographie d’une population à partir des graffiti du couloir des théâtres de Pompéi (VIII, 7, 20)

Louis Autin (Sorbonne Université/IUF, UR 4081 Rome et ses Renaissances)

Marie-Adeline Le Guennec (Université du Québec à Montréal, département d’Histoire)

Le « couloir des théâtres » de Pompéi, espace long de 27 m et large de 3 m environ desservant les deux théâtres de la cité campanienne, conserve sur ses deux parois un corpus exceptionnel et bien connu de près de 300 graffiti antiques figurés et textuels, pour la plupart encore visibles in situ. Le projet « Bruits de couloir » (coord. L. Autin, M.-A. Le Guennec, É. Letellier-Taillefer) a pour objectif d’en proposer une relecture globale et une analyse sensible à la spatialisation des inscriptions et aux liens multiples qui les unissent, pour dépasser la logique de catalogue qui a prévalu dans les éditions précédentes de ces inscriptions (notamment CIL IV et ses suppléments, ouvrage de M. Langner sur les dessins incisés) ; le projet a également permis de compléter la connaissance de ces documents, en mettant au jour 79 inédits. Après une présentation générale du projet, de notre méthodologie et de la plateforme électronique de relevé et d’édition qui permettra la diffusion de nos données au sein de la communauté scientifique, nous proposerons une réflexion spécifique sur les noms qui figurent dans ce corpus (en particulier dans les 130 textes qu’il compte, parmi lesquels 32 inédits). Dans ces graffiti, on peut identifier 83 séquences onomastiques individuelles et plus ponctuellement collectives, auxquelles s’ajoutent 30 identifications plus hypothétiques. L’analyse prosopographique est, comme souvent pour les graffiti, rendue complexe par la réduction fréquente de la séquence au seul (cog)nomen, mais nous proposerons, en prenant appui sur l’onomastique, des bilans prudents sur les identités (genre, origine) et les statuts (servile/civique) que l’on peut hypothétiser à partir de ces inscriptions. Enfin, nous élargirons la réflexion par deux analyses complémentaires : d’une part, la relation (à interroger) entre certains de ces noms et des représentations figurées anthropomorphiques parfois interprétées comme des portraits ou des caricatures ; d’autre part, la ou les culture(s) des usagers du couloir, que l’on peut reconstruire à partir d’indices divers (maîtrise de la langue, références culturelles…) et qui complète l’approche prosopographique.

Légende image : Vue du couloir des théâtres de Pompéi depuis la rue de Stabies, ©️ Bruits de couloir, 2025.