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27/03/2013

La table-ronde « Ecdotique : l'édition des textes anciens en devenir » s'est tenue à Lyon, le 8 mars 2013, dans les locaux de l'Institut des Sources Chrétiennes où le stage d'ecdotique venait d'avoir lieu. Ce stage, qui regroupe chaque année des étudiants venus de France et d’autres pays, avait mis à l’honneur dès 1994, sur la suggestion du papyrologue Louis Doutreleau, le terme « ecdotique » qui désigne l’art d’éditer des textes ou, plus largement, des sources.

L'événement, organisé par le laboratoire HiSoMA (Histoire et sources des mondes antiques), avait pour but de manifester l'intérêt et l'importance des éditions critiques en cours à Lyon comme ailleurs et de permettre des échanges sur les méthodes employées, les difficultés rencontrées ou les nouvelles perspectives, dans une démarche pluridisciplinaire. Historiens ou littéraires, archéologues ou purs philologues, épigraphistes ou papyrologues, antiquisants ou médiévistes, latinistes, hellénistes ou spécialistes de langues orientales, ils sont nombreux, en effet, à pratiquer le même art : l'ecdotique ignore le cloisonnement des disciplines universitaires.

Pour sa première édition, cette table-ronde a accueilli principalement des éditeurs de textes médiévaux ou patristiques, permettant notamment de fructueux échanges entre divers spécialistes des lexiques latins.

Après un rapide tour de table, Franck Cinato, du Laboratoire d’histoire des théories linguistiques, ou HTL, a présenté la première communication, intitulée : « L’édition critique du Liber glossarum. Quel Liber éditer ? » En voici le résumé : « Le projet Liber glossarum : Edition of a Carolingian encyclopaedia, dirigé par Anne Grondeux et sélectionné en 2010 par l’European Research Council) permettra de produire la première édition intégrale de cette vaste encyclopédie. Cette édition constitue le socle essentiel à l’analyse des lexicographes médio-latins, car le Liber glossarum matérialise le lien entre l’encyclopédisme d’Isidore de Séville et les dictionnaires alphabétiques du Moyen Âge central. Projet en cours, il permet déjà d’effectuer un dépoussiérage complet de l’histoire de ce texte fondateur de la lexicographie occidentale, dont la conception se joue en toile de fond des grandes réformes de la renovatio carolingienne. Les plus grands savants de l’époque ont été impliqués, avec dans les rôles principaux, Alcuin, Adalhard de Corbie, cousin de Charlemagne, et Théodulf d’Orléans. Sa tradition manuscrite raconte l’histoire d’une fabrication complexe, à laquelle plusieurs centres ont pris part, dans un bouillonnement de textes nourri par un milieu multiculturel. Le résultat a été un énorme outil de référence indémodable jusqu’au XVe siècle où il est imprimé, malgré sa taille imposante et la refonte effectuée par Papias au milieu du XIe siècle. Pourtant, il paraît avoir été diffusé dans la précipitation sans y apporter le degré d’achèvement attendu et bien que plusieurs tentatives de sauvetage semblent avoir eu lieu au cours de la première moitié du IX e siècle, le texte demeura toujours instable. Manipulé tout au long de son histoire, le Liber Glossarum pose un certain nombre de problèmes, qu’une édition électronique pourrait surmonter. »

Camille Gerzaguet, de l’Université d’Aix-marseille, a ensuite offert un exposé sur « Éditer Ambroise de Milan aujourd’hui. Les exemples du De fuga saeculi et du De officiis ». Voici le résumé qu’elle en fait : « Depuis le colloque Lire et éditer Ambroise de Milan aujourd’hui qui s’est tenu à Metz en 2005, de nouvelles éditions des œuvres ambrosiennes commencent à paraître. Le cas le plus récent est celui du De Iacob et uita beata, édité par G. Nauroy et paru en 2010 dans la collection des Sources Chrétiennes. Plusieurs chantiers personnels ou collaboratifs (œuvres exégétiques, correspondance) sont en cours dans cette collection. Ainsi, le De fuga saeculi, auquel j’ai consacré ma thèse de doctorat, est actuellement en préparation. Cette nouvelle édition se justifiait par les défauts de l’édition précédente procurée par K. Schenkl en 1897 à l’occasion du mille cinq centième anniversaire de la mort d’Ambroise et parue dans le CSEL. Si méritoire que fût cette « édition anniversaire », elle n’en présentait pas moins un certain nombre d’insuffisances parmi lesquelles l’absence de stemma codicum et l’exclusion des témoins copiés en Italie de l’établissement du texte sont les plus notables. Il s’agissait donc de construire un stemma et de prendre en compte la version du De fuga saeculi transmise par les témoins italiens. L’édition du De officiis soulève, elle aussi, la question du stemma et de son utilisation, mais sous un angle différent. L’édition de Testard, parue en 1984 dans la Collection des Universités de France et reprise en 2000 dans le Corpus Christianorum, propose un stemma codicum qui est discutable. En effet, non seulement la lecture de l’apparat critique contredit la construction stemmatique, mais deux témoins carolingiens, dont Testard n’a pas tenu compte pour son édition, apportent un éclairage très différent sur la tradition manuscrite. L’étude stemmatique du De officiis est à refaire. »

 

Marie-Karine Lhommé, de l’Université Lumière-Lyon 2, a quant à elle présenté le cas d'un texte transmis par un manuscrit unique : le lexique de Festus. « Le Farnesianus (Naples, Bibl. Naz. IV.A.3, XIe siècle), précise-t-elle, est acéphale et fortement mutilé : une colonne sur deux de texte est brûlée, et seules les sections alphabétiques M à V sont conservées. Redécouvert à la fin du XVe siècle, il perd encore quelques feuillets ou quaternions entiers lorsqu'il circule dans le cercle de l'Académie de Rome : des apographes réalisés à l'époque comblent imparfaitement ces pertes. Fin VIIIe, Paul Diacre avait réalisé un abrégé pour Charlemagne, éliminant nombre d'informations (articles entiers, sources et citations) : une dizaine de manuscrits sont conservés, qui peuvent donner une idée, si l'on prend des précautions, des parties mutilées ou entièrement perdues. » M.-K. Lhommé a alors exposé les différents principes, mérites et défauts des éditions, de la Renaissance aux deux éditions de W. M. Lindsay (Teubner 1913 et Glossaria Latina 1930), jusqu'au récent Festus Lexicon Project (UCL London).

 

Jean Reynard, du CNRS (HiSoMA-Sources Chrétiennes), a abordé et illustré « L'enjeu des versions orientales pour l'édition du Mystère des lettres grecques ». Voici la brève présentation qu’il en fait : « Le Mystère des lettres grecques – ainsi désigné selon un titre reconstitué – est un récit de révélation sur le sens secret de l'alphabet grec, mêlant interprétations graphiques, numériques et sémantiques des lettres. Connu depuis le XVIIIes. par un manuscrit copto-arabe d'Oxford (l'arabe figurant dans les marges du manuscrit), il a excité la curiosité des égyptologues et fait l'objet de diverses études qui l'ont rattaché à tort au courant gnostique. La difficulté redoutable du copte et le caractère peu intelligible du texte lui-même ont fait supposer à ces savants un original grec, mais c'est dans sa version copte qu'il est finalement édité et traduit en 1900 par Hebbelynck. On doit au P. J. Paramelle la découverte, dans les années 1970, de la version grecque dans un manuscrit d'Oxford, le Baroccianus 197. Ce dernier reste notre témoin principal, auquel il faut ajouter deux manuscrits grecs, le Parisinus gr. 2314 et le Laudianus 29, qui donnent la fin du récit. On pourrait croire que cette découverte a enlevé son intérêt aux versions orientales, mais ce n'est pas le cas. D'abord, parce que seules les versions copte et arabe ont conservé le début du texte. Ensuite, parce qu'elles ont chacune leur spécificité : la version copte présente des perspectives originales, puisées dans les traditions égyptiennes, notamment en introduisant les astres dans la description du cosmos et la notion de noun, l'océan primordial égyptien. La version arabe, pour sa part, ne semble pas être une traduction de la version copte à côté de laquelle elle figure, elle s'en éloigne parfois et a sa propre spécificité : elle donne par exemple aux anges un rôle que ne leur accorde pas le copte, à mettre peut-être en rapport avec l'angélogie musulmane. Cependant, cette version n'est pas un texte soigné et présente de nombreuses difficultés. Ces trois traditions textuelles méritent donc d'être étudiées chacune à part et en lien les unes avec les autres. »


La table-ronde s'est conclue sur la présentation par Guillaume Bady, du CNRS (HiSoMA-Sources Chrétiennes), d'un projet de site web, dont le nom reste à trouver. Le site serait consacré à l’ecdotique, et plus particulièrement à l'édition traditionnelle des sources anciennes, en lien, bien sûr, avec l’édition numérique qui a déjà son propre espace sur la toile. L'objectif serait moins de fournir des éléments pédagogiques – qui souvent existent déjà sur internet, surtout pour le latin – que de mettre en réseau l'ensemble des insitutions et des personnes engagées dans l'enseignement ou la pratique de l'ecdotique en France, quelle que soit leur discipline d'origine.

La table-ronde, issue du programme « Ecdotique » (A1) du laboratoire HiSoMA, devrait avoir lieu régulièrement chaque année. Elle est ouverte à toutes personnes intéressées, de Lyon ou d’ailleurs.

27/03/2013

Responsables : L. Coulon, L. Pantalacci, L. Postel

4e séance - La culture funéraire des élites en Égypte ancienne
Mercredi 27 mars 2013
Maison de l'Orient et de la Méditerranée, Lyon. 4e étage. Salle Reinach14h-17h30.

Barbara Russo (HiSoMA) : Élites et culture funéraire à Saqqâra Sud entre l'Ancien et le Moyen Empire : le cas des gouverneurs de province.
Télécharger le résumé et la bibliographie (.pdf)
Gersande Eschenbrenner-Diemer (doctorante HiSoMA) : 
Production et diffusion du mobilier funéraire des élites égyptiennes à la VI ème dynastie : les modèles en bois.
Télécharger le résumé et la bibliographie (.pdf)
Frédéric Payraudeau (Collège de France) : La nécropole tardive de Deir el-Bahari : nécropole et souvenir familial.
Télécharger le résumé et la bibliographie (.pdf)
Discutante : Sabine Fourrier (HiSoMA)

Contacts : laurent.coulon@mom.fr ; laure.pantalacci@mom.fr ; lilian.postel@mom.fr
Affiche (.pdf)

15/03/2013

Vendredi 15 Mars 2013, à 11h. Salle de documentation de l’Institut des Sources Chrétiennes, 22 rue Sala, Lyon 2e.

Bernard OUTTIER : « Transmission des textes bibliques dans l’Antiquité et au Moyen Age et information sur la situation de l’édition biblique et patristique actuelle, en Arménie et en Géorgie ».

Résumé : On évoquera les circonstances, quand elles sont connues, de la traduction de la Bible, le canon, le problème discuté des modèles, l'histoire du texte et on présentera les principales éditions en cours. Un rapide aperçu des récentes éditions patristiques en Arménie et en Géorgie complètera l'exposé.

15/03/2013
Vendredi 15 mars, de 13h30 à 16h30.
ENS de Lyon, salle R 36 (au rez-de-chaussée du bâtiment Recherche).
Programme :
- Jean Schneider (Université Lyon 2) : "Maxime Planude et la poésie antique et byzantine"
- Margherita di Nino (Goethe Universität, Francfort s/ Main ): "Libellus, Anthology or Compilation ? Posidippus and the Arrangement of the P.Mil.Vogl. VIII, 309".
La séance sera suivie par une discussion avec Margherita di Nino sur l'Epitaphe de Bion, sur laquelle elle travaille actuellement. 
08/03/2013

Table ronde organisée par Guillaume Bady (HiSoMA)

- vendredi 8 mars 2013 - Institut des Sources Chrétiennes -  22 rue Sala - Lyon 2e

Programme :

- 14h-14h45 : Tour de table
- 14h45-15h25 : Franck Cinato (HTL, Univ. Paris-Diderot) : L'édition critique du Liber Glossarum
Discussion
- 15h35-16h15 : Camille Gerzaguet (Univ. Lyon 2) : Éditer Ambroise de Milan aujourd'hui : les exemples duDe fuga saeculi et du De officiis
Discussion
- 16h25-16h50 : Marie-Karine Lhommé (Univ. Lyon 2) : Le lexique de Festus : un manuscrit unique, mutilé et résumé
Discussion
- 17h-17h15  : Jean Reynard (CNRS) : Les enjeux des versions orientales pour l'édition du Mystère des lettres grecques
Discussion
- 17h25-17h40 : Guillaume Bady (CNRS) : Le projet de site web ECDOTICA

Télécharger le programme (.pdf)

Lire le compte rendu dans la rubrique "Zoom sur"

18/02/2013

Nouvelles configurations politiques, territoriales, économiques & culturelles

Colloque international organisé par Julien Aliquot  du laboratoire HiSoMA et Corinne Bonnet (UTM/IUF – PLH-ERASME) et avec le patronage de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Institut de France).

- Du 18 au 20 février 2013 - Université de Toulouse II - Le Mirail
- Programme (.pdf)

31/01/2013

Troisième journée d'étude du laboratoire junior ERAMA
Jeudi 31 janvier 2013. ENS de Lyon - Site Monod (salle des conseils)

10h45 Accueil
11h Conférence d’Alessandro Garcea (Université Lyon 2), « L’auto­rité de Callimaque à Rome. Le pro­lo­gue des Aitia au miroir de la poésie latine ».
13h-14h15 Déjeuner
14h30 Anna Cannavo (Université de Liège), « Les légen­des de fon­da­tion des royau­mes chy­prio­tes : mythe, iden­tité, auto­rité et his­toire ».
15h10 Yannick Diebold (Université de Lausanne), « Réinventions de Thersite : l’auto­rité d’Homère mise à mal ».
15h50 Pause
16h10 Séverine Clément-Tarantino (Université de Lille), « Un fon­da­teur et ses « pères » : Virgile ».

L'antiquité est particulièrement friande de figures fondatrices, tant en politique que dans les arts ou les sciences : la plus petite des cités a son fondateur et, de la culture de la vigne à l'invention de l'alphabet, chaque domaine de la vie du savoir peut (et doit) revendiquer un fondateur, réel ou mythique. La place de ces fondateurs dans les mentalités est donc primordiale, mais leur rôle doit être précisé ou expliqué : il faut reconstruire le lien entre une figure de fondateur, celui qui l'utilise, son époque et ses motivations. En effet, si l'admiration attachée à celui qui fut le premier et l'inscription de son oeuvre dans la durée peuvent apparaître comme des sources d'autorité, ce sont souvent bien plus les désirs d'autorité de ceux qui font des figures de fondateurs l'objet de leurs enquêtes, constructions et reconstructions, qui se révèlent.
C'est au crible d'une interrogation sur les figures fondatrices que sera passé le concept d'autorité lors de cette troisième journée d'études du laboratoire ERAMA. Entreront en résonance des thématiques politiques, liées à l?utilisation des fondateurs de cités dans la construction identitaire, comme c'est le cas pour les légendes de fondation des royaumes chypriotes (Anna Cannavo), et des thématiques littéraires avec les figures de Callimaque, dont le prologue des Aitia sera vu au miroir de la poésie latine (Alessandro Garcea), et de Virgile, auteur fondateur de la littérature latine qui sera étudié dans son rapport avec ses « pères » (Séverine Clément-Tarantino). Le fondateur par excellence, Homère, verra quant à lui son autorité « mise à mal » par différentes réinventions de Thersite (Yannick Diebold). Les notions d'appropriation et de réinterprétation, de filiation, d'émulation et de remise en question seront donc convoquées dans cette nouvelle étape de notre travail de définition de l'autorité dans l'antiquité.

Voir le programme complet.

25/01/2013

SÉMINAIRE de MASTER-DOCTORAT de Michèle Brunet, professeur d'épigraphie grecque et directrice du laboratoire HiSoMA.

Ce séminaire s’inscrit dans la continuité des séances du programme FUNUS proposé au 1er semestre par le laboratoire HiSoMA au cours desquelles ont été présentées un certain nombre d’études de cas concernant les pratiques funéraires en Méditerranée orientale.
On s’intéressera aux stèles funéraires de toutes provenances et de toutes époques qui constituent la catégorie la plus abondante de la Collection des inscriptions grecques du Louvre. On examinera tout particulièrement les formes de liens et d’interactions entre le monument, les représentations et les textes dont il est porteur, ainsi que les nouveautés induites par l’édition électronique pour l’étude et la publication de ce type de document. 
- 7 séances le vendredi de 14h à 17h - salle de visioconférence - MSH MOM, 4e étage - 7 rue Raulin - Lyon 7e 
- Première séance : vendredi 25 janvier 2013 - de 14h à 17h
Séances suivantes : les 8 - 15 et 22 février, les 15 et 29 mars et le 12 avril 2013 

25/01/2013

Séminaire de recherches en littérature ancienne du laboratoire Hisoma.
Prochaine séance : vendredi 25 janvier à 14h en salle J. Reinach à la MOM.
Au programme:
« Citations de poètes chez Denys d'Halicarnasse et Plutarque »
Intervenants :
Stavroula Kefallonitis, UJM-HiSoMA
Christophe Bréchet, Université Paris Ouest Nanterre, THEMAM
Discutant : Pascal Luccioni (Univ. Lyon 3 - HiSoMA)
Contact : P. Brillet

24/01/2013

Vers de nouvelles formes de publication et d’exposition

Conférence de Michèle Brunet, professeur à l’Université Lumière Lyon II, membre senior de l’Institut Universitaire de France et directrice du laboratoire HiSoMA. Cette conférence est organisée par l'Association Guillaume BUDÉ.
- jeudi 24 janvier 2013 - 18h15 - Salle de L'Escale - 100 rue de Créqui - Lyon 6e