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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Que faire avec... les humanités numériques ?

Emmanuelle Morlock, ingénieur d’étude CNRS, laboratoire HiSoMA - Compte rendu de la séance du 12 octobre 2015

En partant du gros buzz autour des humanités numériques, E. Morlock a tout de suite précisé que les humanités numériques sont l’affaire des chercheurs, pas des informaticiens ou des documentalistes formées en humanités numériques. Le travail en humanités numériques requiert néanmoins une dimension collective.

« Que faire avec les humanités numériques ? »  trois manières de comprendre la question :
1. Que faire de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, pour être plus efficace dans mon travail ?
2. Qu’est-ce qu’on DOIT faire avec les humanités numériques ? Qu’est-ce qui a radicalement changé dans la recherche et qui oblige de changer certaines habitudes ?
3. Qu’est-ce qu’on peut faire pour se débarrasser des humanités numériques ?

Il faut d’abord définir la notion des humanités numériques.
•    Les « humanités numériques » sont à l’intersection entre les Humanités et le numérique et se distinguent des « humanities computing » (considérées comme trop technologiques).
•    Les humanités numériques concernent les humanités au sens large, c’est-à-dire toutes les disciplines des Sciences humaines et sociales.
•    La définition est problématique et ne doit ni se contenter de la pure technicité ni s’élargir à la formation aux mutations du numériques dans l’entreprise et la société.

E. Morlock a ensuite dressé un panorama des humanités numériques telles qu’elles sont faites, promues, diffusées. Pour l’Antiquité, on trouve Digital Classicist, EpiDoc, Stoa, Open Context…
Quelques grandes tendances se dessinent :
•     Interopérabilité
•    Pérennité
•     Recherche pilotée par les données

Différents types de projets ont déjà vu le jour : collections / expositions virtuelles ; éditions numériques ; visualisations de données ; cartes et SIG ; reconstitutions 3D ; analyses textuelles ; frises géo-temporelles.
La structuration des données se fait en fonction des objectifs de chaque projet, mais il existe des référentiels communs, qui permettent de faire des liens entre tous les projets : Pelagios pour les lieux ou SNAP pour la prosopographie sont les deux exemples les plus connus.

Pour la méthode à suivre, la meilleure lecture est celle de l’article de Myriam Posner (UCLA), « How Did They Make That? » : on y comprend comment sont conçus les projets et comment on peut concevoir le nôtre, avec 3 ou 4 couches (présentation pour les humains < présentation pour les machines < traitements < sources).

Enfin, plusieurs exemples plus précis sur l’Antiquité montrent les réalisations abouties ou en cours et toutes les questions que posent ces nouveaux projets.
•    L’exemple d’une édition épigraphique décompose les couches ainsi : 

  • Sources : intégration d’éditions du 19e siècle dans un même corpus, avec les extensions et d’autres supports que la pierre ;
  • Traitements : balisage XML/TEI EpiDoc + métadonnées structurées, version diplomatique, leiden, xml + traduction, commentaire et image ;
  • Présentation pour les machines : pas prévue ;
  • Présentation : plateforme Kiln + feuille de style EpiDoc ; XML présenté pour la lecture ; moteur de recherche.

•    L’exemple de la visualisation de données sous forme de graphe à partir des métadonnées représente les interactions et les réseaux, entre des personnes, des lieux… Ce type de visualisation de la recherche et dans la recherche permet d’interroger et prolonger le questionnement, pas seulement d’illustrer un résultat ou une affirmation.
•    Enfin, l’exemple de Pelagios, un répertoire de tous les lieux antiques présents dans les textes, pour interconnecter toutes les références à ces lieux et tous les textes qui en parlent. C’est également un outil pour relier différents référentiels géographiques existants.

Pour conclure, quelques considérations sur l’impact et la cible des humanités numériques :
•    L’activité interprétative reste centrale.
•    Beaucoup de nouvelles choses sont possibles ; les choix techniques à faire sont aussi des choix intellectuels.
•    Les humanités numériques posent de nouvelles conditions pour la diffusion de la recherche.
•    Les chercheurs ont de nouvelles compétences à développer.
Donc, que faire avec les humanités numériques ? — Tenter de les comprendre, les pratiquer et se former en les pratiquant, participer à la conception des outils et des infrastructures, repérer le potentiel de certains projets.

CODA
Comment faire si on a un projet en humanités numériques à HiSoMA ?
 E. Morlock peut donner sa vision des choses, tirer des ficelles et apporter un guide. Elle orientera ensuite vers des ressources d’auto-formation, avec des lectures pour commencer (surtout en anglais).

Pour commencer : Digital Classicist
Projets en humanités numériques en cours à HiSoMA :
•    Hyperdonat
•    E-PIGRAMME
•    E-STAMPAGES
•    Servius
•    etc…

 

 

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