Aller au contenu principal

Archives

Date
13/09/2017

Into the Eastern Desert of Egypt from the New Kingdom to the Roman period

Vue générale du cœur du désert Oriental, région de Samut (© MAFDO)

Le désert est un paradoxe : qu’on souligne son aridité ou ses richesses, son attractivité ou son caractère effrayant (y vivre consiste à expérimenter « une mort vivante » selon Lawrence d’Arabie, ce qui n’empêche pas certains d’avoir « la vocation du désert » tel W. Thesiger), on ne peut y faire face seul. En ce sens, le désert est un espace social de solidarités imbriquées. Le désert oriental égyptien, situé entre le Nil et la mer Rouge, est l’un de ces déserts ambivalents : difficile à traverser et avare en eau, c’est aussi un espace recherché, riche en ressources naturelles, porte vers la mer Rouge et partant, vers l’Arabie du sud, la Corne de l’Afrique et l’Inde.

carte des sites fouillés dans le désert Oriental (© B. Redon)

La région est explorée par les aventuriers, les savants, auxquels ont succédé les archéologues, depuis près de 300 ans. Ses vestiges antiques sont admirablement bien préservés : stations/caravansérails, villages de mineurs, grandes carrières impériales, temples, abris sous roche, etc. Ses caractéristiques sont évoquées par de nombreuses sources écrites (traités géographiques, historiques, itinéraires antiques) et elle a elle-même la particularité d’avoir a livré des textes en grand nombre, sous la forme de tessons de poterie inscrits, les ostraca, dont la conservation est favorisée par les conditions géographiques et climatiques de la région. Contrairement aux papyrus, support plus coûteux et sans doute réservé à une partie des documents officiels qui circulaient dans la région, les ostraca gardent la trace de la correspondance des habitants du désert Oriental, qui transcrit avec une grande vitalité leur vie et intérêts quotidiens.

Pourtant, malgré de très grandes avancées dues à la publication des vestiges et des textes extraits des sables du désert Oriental, l’histoire de son occupation, de son appropriation par les différents pouvoirs qui se sont succédé sur le trône d’Égypte, reste une histoire compartimentée et statique (par période, site, discipline, type de sources envisagées).

L’ambition du projet « Desert Networks » est de travailler, pour la première fois, sur le désert comme objet dynamique, sur les réseaux qui l’ont parcouru, aussi bien physiques, matériels, qu’immatériels et humains, au travers des siècles. L’hypothèse que nous souhaiterions tester est la suivante : pour traverser, vivre, exploiter, commercer dans le désert Oriental, il a fallu, aux anciens, être connectés. Comment dès lors les bédouins du désert, les sociétés anciennes de la vallée et les pouvoirs qui s’y sont succédé se sont appropriés la région, l’ont transformée, modelée, grâce aux réseaux ?
Le programme se propose ainsi d’explorer non la dualité du désert Oriental mais son côté réticulaire. Il s’agit de remplacer une approche linéaire (la traversée du désert) et éclatée par une vision connectée.

vue du réseau des relations personnelles dans et autour du fortin de Krokodilô d'après l'analyse des ostraca trouvés dans le fortin (© B. Redon)

Cette enquête ne pourra se faire que sur la longue durée, qui permettra d’embrasser les phénomènes de continuités et de ruptures, entre le début du Nouvel Empire (vers le milieu du IIe millénaire av. J.-C.), apogée de l’occupation de la région à l’époque pharaonique, et la fin de l’époque romaine (fin du IVe s. ap. J.-C.), après que la dynastie gréco-macédonienne des Lagides (332-30 av. J.-C.), puis les empereurs romains, ont massivement investi dans la région.
Nous nous concentrerons sur la partie sud de la région, qui concentrent les vestiges les plus nombreux, organisés en deux pôles : autour des carrières du Wadi Hammamat, du Mons Claudianus et du Porphyritès au nord, et le long des voies qui ont traversé la zone, entre Coptos et Edfou, sur le Nil, et Myos Hormos et Bérénice, sur la mer Rouge.

première version du SIG du désert Oriental, créée par Alexandre Rabot (© HiSoMA)

Le premier objectif du projet est de réunir l’ensemble de la documentation (textuelle et archéologique au sens très large) sur les sites du désert Oriental du Nouvel Empire à la fin de l'époque romaine, dans une base de données liée à un SIG, pour créer un atlas en ligne. Il sera consultable par le public et servira également aux analyses spatiales effectuées dans le cadre du projet sur les réseaux réels, économiques et sociaux de la région.
Nous étudierons ainsi le parcours des voies et leurs équipements au fil du temps, en nous fondant sur l’étude des sources mais aussi sur l’analyse fine de la géographie de la région et des observations de terrain.
Nous tenterons ensuite de retracer les courants commerciaux qui ont traversé la région (produits échangés, personnes impliquées, rythme des échanges etc.).
Enfin, nous nous pencherons sur deux corpus de textes particulièrement riches et/ou encore largement inédits (les ostraca du Mons Claudianus et les ostraca ptolémaïques du désert Oriental) pour conduire des études de réseaux personnels au sein des petites sociétés qui ont vécu dans la région.

carte des routes et sites ptolémaïques du désert (© MAFDO, A. Rabot, Th. Faucher, B. Redon)


Une douzaine de chercheurs participeront au projet, dont :

Jennifer Gates-Foster, de l’Université de Chapel Hill (North Carolina), historienne et spécialiste de la céramique du désert Oriental. Elle sera particulièrement impliquée dans le projet et sera responsable de l'étude des réseaux économiques du désert Oriental.
• Hélène Cuvigny (CNRS, IRHT, directrice de l’Institut de papyrologie de la Sorbonne), papyrologue, éditrice des plus grands corpus d’ostraca du désert Oriental.
Laure Pantalacci (univ. Lyon 2, HiSoMA), directrice de la mission archéologique de Coptos, d’où partaient les caravanes du désert.
• Adam Bülow-Jacobsen (univ. Copenhague), papyrologue et spécialiste des carrières et de la correspondance privée du désert Oriental.
Alexandre Rabot (univ. Lyon 2, HiSoMA), spécialiste de cartographie et SIG"
Damien Laisney (MOM), cartographe, géographe, spécialiste des déserts égyptiens".

Les légendes des images dans l'ordre d'affichage :

• vue générale du cœur du désert Oriental, région de Samut (© MAFDO)
• carte des sites fouillés dans le désert Oriental (© B. Redon)
• vue du réseau des relations personnelles dans et autour du fortin de Krokodilô d'après l'analyse des ostraca trouvés dans le fortin (© B. Redon)
• première version du SIG du désert Oriental, créée par Alexandre Rabot (© HiSoMA)
• carte des routes et sites ptolémaïques du désert (© MAFDO, A. Rabot, Th. Faucher, B. Redon)

Communiqué de presse CNRS (.pdf)

12/09/2017

Première séance 2017-2018 du séminaire d'Epigraphique grecque et latine
Pascal Arnaud, Lyon 2, HiSoMA, IUF
- mardi 12 septembre 2017 - 17h - salle Reinach - MOM - entrée par le 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- affiche (.pdf)

07/09/2017

Voix, genre, représentations.
Colloque co-organisé par Christophe Cusset, enseignant-chercheur ENS de Lyon, membre du laboratoire.
- du 7 au 9 septembre 2017 - ENS de Lyon - 15 parvis René Descartes - Lyon 7e
- programme (.pdf)

27/06/2017

Projet d’archéo-acoustique d’un temple égyptien
Le site de Dendara, situé à 75 km au nord de Louqsor, est un lieu majeur pour étudier les processions et les pratiques religieuses en lien avec le son à l’époque ptolémaïque et romaine.
Ce projet s’inscrit dans l’axe B « Arts en contexte » du quinquennal HiSoMA et au sein du programme « Paysages sonores et espaces urbains de la Méditerranée ancienne » de l’IFAO et des Écoles françaises d’Athènes et de Rome.
- mardi 27 juin 2017 - de 10h30 à 13h et de 14h30 à 16h - salle Reinach - MOM - entrée par le 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- programme (.pdf)

16/06/2017

Penser ensemble la recherche de demain
Participation de Pascale Brillet, maître de conférence en langue et littérature grecque à l'université Lyon 2, au café des sciences sur le thème "Sciences et mythes", samedi à 18h.
Organisées par l'Université de Lyon, avec la participation de nombreux établissements et laboratoires, ces 2 journées ont pour objectif de mettre la science en débat : café des sciences, conférences, tables-rondes, expérimentations, expositions...
- vendredi 16 de 14h à 21h30 et samedi 17 juin 2017 de 10h à 20h30 - Parc Blandan, Lyon 7
- entrée gratuite - tout public
- programme (.pdf)

16/06/2017

 Après la bataille

Cette quatrième journée d'étude porte sur les conséquences de la bataille du 19 février 197 pour l'Empire, les Gaules et Lugdunum.
Avec les interventions de François Bérard, Armand Desbat, Patrice Faure, Béatrice Le Teuff, Matthieu Poux et Benoît Rossignol.
- vendredi 16 juin 2017 – de 9 h 15 à 17 h 30  - salle de la Rotonde - Université Lyon 3 - 18 rue Chevreul - Lyon 7e
- affiche (.pdf)
- Lugdunum 197

Programme de la journée :

• 9h15 : accueil et nouvelles du programme d’étude
Patrice Faure, maître de conférences, Université Lyon 3, membre du laboratoire HiSoMA

•  9h25 : La reprise en main sévérienne de l’empire après la bataille de Lugdunum
Patrice Faure, maître de conférences, Université Lyon 3, membre du laboratoire HiSoMA

• 10h15 : pause

• 10h30 : Une épuration et son souvenir : le sort des vaincus après la bataille de Lugdunum
Benoît Rossignol, maître de conférences, Université Paris 1

• 11h20 : La réorganisation et le cens des provinces des Gaules après la bataille de Lugdunum
Béatrice Le Teuff, docteur, Université Bordeaux Montaigne

•  12h10 : pause déjeuner

•  13h50 : Lugdunum sous les Sévères au miroir des inscriptions
François Bérard, professeur, École Normale Supérieure Ulm, Paris

•  14h45 : Lugdunum au IIIe siècle : recompositions ou déclin ?
Matthieu Poux, professeur, Université Lyon 2 et Armand Desbat, directeur de recherche, CNRS et membres du laboratoire ARAR

•  16h : pause

• 16h15 : Retour sur la journée d’étude et discussion commune
Animé par Patrice Faure et Matthieu Poux

15/06/2017

Apparition et enjeux de la notion de Pères (IVe – VIIe siècles)
Bernard Meunier, chercheur, Institut des Sources Chrétiennes, laboratoire HiSoMA.
- jeudi 15 juin 2017 - de 14h30 à 16h30 - Institut des Sources Chrétiennes - 22 rue Sala - Lyon 2e
- affiche (.pdf)


Qui commence à parler de « Pères (de l’Église) » ? Dans quel contexte et pour en faire quoi ?
Cette enquête, surtout grecque, essaiera de comprendre pourquoi on a eu besoin de cette catégorie nouvelle d’autorité à côté de celle de l’Écriture, pourquoi on lui donne le nom de « Pères », et en quoi ce facteur nouveau a éventuellement modifié
les règles du travail théologique.

15/06/2017

Épigraphie et histoire de la Jordanie antique et médiévale

Colloque international de Lyon, organisé par Julien Aliquot, Pierre-Louis Gatier et Jean-Baptiste Yon du laboratoire.

- les 15 et 16 juin 2017 - salle Reinach - MOM - entrée par le 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- affiche (.pdf)
- programme (.pdf)

Depuis une quinzaine d’années, l’intensification des fouilles et des prospections sur le territoire actuel de la Jordanie suscite un accroissement important de la documentation épigraphique dans toutes les langues et écritures utilisées pendant l’Antiquité et au Moyen Âge (grec, latin, araméen, nabatéen, syro-palestinien, dialectes  nord-arabiques, arabe). 

La relance par le laboratoire HiSoMA du programme des IGLS en Jordanie (Inscriptions de la Jordanie/Greek and Latin  Inscriptions in Jordan) participe de ce mouvement depuis 2013, en particulier grâce au soutien de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), éditeur du corpus. La dispersion des équipes et de l’information rend par ailleurs nécessaire l’établissement d’un bilan des acquis et des travaux en cours.
Il convient de réunir les principaux acteurs des institutions  concernées (Department of Antiquities, universités et centres de recherche) afin de mesurer les avancées et de présenter les résultats des recherches récentes, tant pour débattre des documents nouveaux et de leur apport historique que pour discuter des méthodes de publication des corpus épigraphiques en cours.

Par leur abondance, leur diversité et leur fragilité, les inscriptions antiques et médiévales de la Jordanie constituent un patrimoine aussi précieux que menacé, à l’heure où le Proche-Orient connaît des bouleversements sans précédents. Sans elles, des pans entiers de l’histoire du pays resteraient méconnus. Trop souvent, elles sont pourtant étudiées de façon cloisonnée, en fonction des intérêts historiques et des compétences linguistiques des chercheurs.

Le colloque international de Lyon fournira une occasion unique de faire dialoguer les historiens de l’Antiquité et du Moyen Âge, ainsi que des épigraphistes hellénisants et latinisants avec des spécialistes des langues sémitiques  transcrites sur la pierre entre la  conquête du Proche-Orient par Alexandre et les premiers siècles de l’islam. Cette manifestation scientifique permettra aussi de poursuivre la réflexion en cours sur l’édition des recueils d’inscriptions, en tirant parti de l’expérience acquise par le laboratoire HiSoMA dans le domaine des humanités numériques.

Conçu en collaboration étroite avec l’Ifpo, le colloque fait suite au symposium lyonnais de 2015 sur l’épigraphie grecque et latine au Proche-Orient (Jordanie, Liban, Syrie), IGLS 2015, dont les Actes viennent de paraître dans la revue Syria. Il se tiendra à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée les 15 et 16 juin 2017 et réunira, autour de Véronique Chankowski, directrice du laboratoire HiSoMA, également directrice du programme, l’équipe des Inscriptions de la Jordanie, ainsi que des chercheurs venus d’Europe et du Proche-Orient. Les contributions seront publiées dans un dossier de la revue Topoi.

Comité scientifique
Nabil Bader, Yarmouk University
Richard Bouchon, Lyon 2, HiSoMA
Véronique Chankowski, Lyon 2, HiSoMA
Frédéric Imbert, Ifpo, Beyrouth
Laïla Nehmé, CNRS, laboratoire Orient et Méditerranée
Maurice Sartre, Université de Tours, IUF

Liens utiles
Programme des IGLS en Jordanie (Inscriptions de la Jordanie)
L’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), éditeur du corpus des Inscriptions de la Jordanie
La revue Topoi  / Persée, collection Topoi
09/06/2017

D'une constitution mixte à l'autre : passerelles et métaphores
Journée d'étude en présence de Marion Bellissime, HiSoMA, Emmanuèle Caire, Aix Marseille Université, Centre Paul-Albert Février - TDMAM, Marie-Rose Guelfucci, Université de Franche-Comté - ISTA, Konstantinos Melidis, Paris-Sorbonne Paris 4 et Adriana Zangara, EHESS.
- vendredi 9 juin 2017 - de 8h30 à 16h30 - Université Jean Monnet - Saint-Etienne (campus Tréfilerie : 33, rue du 11 novembre), salle du conseil (G05)
- affiche (.pdf)
- programme de la journée (.pdf)
- programme 2016-2017

08/06/2017

L'art vocal dans l'Antiquité gréco-romaine : sources, terminologie et concepts
Konstantinos Melidis, docteur de l'Université Paris-Sorbonne Paris 4
Programme B3 du Quiquennal 2016-2020 - Voix, discours, énonciation
- jeudi 8 juin 2017 - de 10h30 à 12h30 - salle Reinach - MOM - entrée par le 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- affiche (.pdf)

Konstantinos Melidis a publié plusieurs articles (en anglais, en français et en grec moderne) sur la voix dans l’antiquité, ses théories et ses pratiques, notamment théâtrales et féminines. Il est l'auteur du chapitre "The Vocal Art in Greek and Roman Antiquity" dans l'ouvrage dirigé par Tosca Lynch et Eleonora Rocconi, A Companion to Ancient Greek and Roman Music (Blackwell Companions to the Ancient World, Wiley-Blackwell, Oxford (à paraître en 2017). Sa thèse de doctorat, "Recherches sur les professionnels de la voix dans l’antiquité grecque et romaine. L’exercice de la voix : phônaskoi et phônaskia", réalisée sous la direction d'Annie Bélis, doit être prochainement publiée. Konstantinos Melidis a lui-même achevé des études supérieures de musique et participé à des représentations en tant que chanteur, conseiller scientifique et assistant de production (Festival d’Épidaure, Théâtre national de Chypre). Il réside actuellement à Limassol (Chypre).