UMR 5189

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Laboratoire HISOMA

Histoire et Sources des Mondes Antiques

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Épigraphie grecque et latine | 2017-2018

Axe Transversal - Edition, archives, humanités numériques - Programme 1

Le séminaire offre un espace de discussion pour la présentation de textes épigraphiques dont l’édition ou la réédition est en cours. À raison d’une séance par mois sur toute l’année universitaire, il est ouvert aux étudiants comme aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs.

• mardi 12 septembre 2017
Le statarion est-il bien le marché aux esclaves ?
Pascal Arnaud, professeur d’histoire romaine, Lyon 2, IUF, membre du laboratoire
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Le statarion est mentionné par sept inscriptions, toutes d’Asie Mineure et sensiblement postérieures à la création de la province romaine d’Asie. On considère généralement, sans réelle discussion, qu’il s’agit du marché aux esclaves. C’est sous cette acception que le mot qui le désigne est passé dans le vocabulaire archéologique, par exemple à propos de l’agora des Italiens de Délos. Deux inscriptions d’Éphèse incitent aujourd’hui à rouvrir le dossier épigraphique du statarion et à mettre en cause l’interprétation adoptée jusqu’à présent.

• mardi 3 octobre 2017
La lettre de Septime Sévère à Aizanoi. Nouvelle lecture d'une inscription longtemps (mé)connue
Michael Wörrle, Kommission für Alte Geschichte und Epigraphik des Deutschen Archäologischen Instituts
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La lettre de Septime Sévère à Aizanoi, l’un des premiers documents du règne de cet empereur, occupe une place d’honneur dans les études consacrées à la guerre civile entre les généraux qui se sont disputé la succession de Pertinax et dont Septime Sévère sortit vainqueur après la bataille de Lyon en 197. La révision de l’inscription, jugée perdue à tort, permet d’en corriger la lecture, d’en tirer de nouvelles conclusions chronologiques et de mieux comprendre la politique de l’empereur.

mardi 7 novembre 2017
L’épigraphie du théâtre de Larissa (Thessalie) : la dédicace du podium
Richard Bouchon, Lyon 2, et Eleonora Santin, CNRS, membres du laboratoire
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Dégagé dans les années 1990, le théâtre de Larissa présente le cas d’un équipement urbain dont on peut retracer l’utilisation sur plusieurs siècles, depuis sa construction au IIIe s. av. J.-C. jusqu’à une série de travaux qui l’ont transformé en édifice accueillant des spectacles de gladiateurs et de chasses à l’époque romaine. Ses gradins sont couverts d’inscriptions de réservation de places (Toposinschriften), qui forment le dossier le plus complet du monde hellénophone pour comprendre la compétition sociale à l’œuvre dans les édifices de spectacle. Le séminaire insistera surtout sur la longue inscription de près de 50 m gravée sur le podium qui servait à protéger les spectateurs des dangers de l’arène. Joignant une épigramme à une dédicace en prose, elle est datée des années 180 apr. J.-C.

mardi 5 décembre 2017
Ordo corporatorum : les lénunculaires d’Ostie, leurs albums et le phénomène associatif romain
Nicolas Tran, professeur d’histoire romaine, Université de Poitiers
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Au IIe siècle et au début du IIIe siècle, des bateliers qualifiés de lenuncularii, d’après le nom de leurs barques (lenunculi), accomplissaient des tâches aussi indispensables que remorquer les navires de haute mer, opérer des déchargements en mer ou encore assurer le transport des marchandises et des hommes dans le complexe portuaire de l’embouchure du Tibre. Ils étaient nombreux au point d’avoir constitué plusieurs associations : cinq corpora lenunculariorum existaient au début du IIIe siècle. Leur riche production épigraphique comporte notamment de longues listes de membres, ainsi que plusieurs fragments d’albums plus modestes, en cours de publication. À les lire, ces documents sont censés présenter des ordines corporatorum, ce qui conduit s’interroger sur l’emploi que les corporati faisaient de la notion, romaine s’il en est, d’ordo. L’enquête sémantique permet d’approcher la manière dont les lénunculaires concevaient leurs associations.

mardi 9 janvier 2018
Surveiller le territoire des cités grecques aux époques hellénistique et impériale : aspects financiers, administratifs et fiscaux
Cédric Brélaz, Université de Fribourg
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La surveillance du territoire rural et des frontières était un enjeu de première importance pour les cités grecques au cours de l’époque hellénistique et le demeurera même après la pacification imposée par les autorités impériales romaines au bassin oriental de la Méditerranée à partir du règne d’Auguste. Car c’est des campagnes que les cités tiraient leur subsistance et c’est sur les taxes foncières que reposait une partie substantielle de leurs revenus fiscaux. C’est, par ailleurs, aux marges du territoire que certaines taxes douanières étaient perçues. Il s’ensuit que les cités se sont efforcées, par le biais de troupes que l’on pourrait qualifier de policières et qui étaient placées sous les ordres des magistrats civiques, d’assurer la sécurité publique dans les campagnes et d’y exercer un contrôle administratif. Encore leur fallait-il disposer des moyens permettant de garantir une telle prestation au profit de la communauté. Sur la base de documents épigraphiques anciens et nouvellement publiés, on examinera la variété des modalités de financement et d’organisation administrative de la phylakè tès chôras dans les cités d’Asie Mineure et de Grèce propre du IIe s. av. J.-C. au IIIe s. ap. J.-C. On abordera également la question de la participation des magistrats et autres agents en charge de la sécurité à la perception fiscale aux limites du territoire. De manière plus générale, l’étude de ce dossier invitera à s’interroger sur les moyens financiers et administratifs dont disposaient les cités grecques pour fournir un service d’intérêt collectif et sur les interactions qui en découlaient, entre initiative publique et participation privée.

mardi 6 février 2018
Nouvelles inscriptions de Thasos
Julien Fournier, Université de Lorraine
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Une série d’inscriptions gravées sur des bases honorifiques concerne les rapports de Thasos avec les autorités romaines. Le séminaire vise à présenter et à discuter ces documents inédits ou révisés. Il donnera l’occasion de revenir sur les principales caractéristiques de la représentation honorifique publique dans la cité sous l’Empire.

mardi 27 mars 2018
Le Palmyrene Portrait Project : sculpture, épigraphie et base de données
Rubina Raja, Aarhus University et Jean-Baptiste Yon, CNRS/HiSoMA
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Le Palmyra Portrait Project, dirigé par Rubina Raja, vise à regrouper l’ensemble des portraits funéraires provenant de Palmyre dans une base de données (plus de 4000 exemplaires), suivie d’une publication papier.
Le rassemblement de cette documentation très dispersée vient compléter nos connaissances de la société palmyrénienne et de l’art de l’oasis syrienne. Les monuments funéraires sont très souvent accompagnés d’une inscription, en général en araméen, qui permet également de reconstituer des familles et des groupes sociaux.
Le séminaire présentera le projet et ses premiers résultats, en montrant son apport pour la connaissance de l’épigraphie de Palmyre.

mardi 3 avril 2018
Damiorgoi et wanakes à Argos
Alcorac Alonso Déniz, CNRS/HiSoMA, Enrique Nieto Izquierdo, Université Autonome de Madrid
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Un bloc de calcaire, encastré en remploi dans un mur de la forteresse vénitienne sur l’acropole de la Larissa d’Argos, contient une inscription en alphabet local. Copiée imparfaitement depuis le XVIIIe siècle par plusieurs voyageurs européens et éditée pour la première fois en 1932 par W. Vollgraff, elle présente un catalogue de neuf δαμιοργοί. Comme dans beaucoup d’autres cités grecques, ces magistrats, en nombre variable, exerçaient à Argos diverses fonctions politiques et religieuses. Dans le cadre de l’évolution progressive des institutions argiennes au VIe siècle av. J.-C., notre présentation aborde une nouvelle hypothèse du rôle des δαμιοργοί sur la base de l’analyse de l’intitulé du catalogue, et en particulier de l’aoriste ἐϝανάσσαντο.

mardi 15 mai 2018
Temple et front pionnier dans l’oasis de Kharga au IIe siècle av. J.-C. : le P.Deir 1
Gaëlle Tallet, Université de Limoges
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Le petit temple de brique du site d’el-Deir, dans l’oasis de Kharga, a livré une importante documentation démotique et un petit lot de papyrus grecs très fragmentaires. L’un d’eux, le P.Deir 1, daté du IIe siècle av. J.-C., apporte un éclairage neuf sur le rapport de cette institution au terroir oasien et sur les dynamiques de colonisation de Kharga par le pouvoir central des souverains lagides.

mardi 5 juin 2018
Le prix du στίππιον κογχισθέν en P.Yale IV 186 et le commerce linier dans l’Antiquité tardive
Hélène Cuvigny, CNRS/Institut de recherche et d’histoire des textes, Jean Gascou, Université Paris-Sorbonne
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P.Yale IV 186 (Oxyrhynchite, VIIe siècle) est une tablette scolaire présentant sur une de ses faces une vente à terme tronquée de στίππιον. Le vendeur, un geôrgos, reconnaît avoir reçu 80 solidi comme prix de la fourniture ultérieure de 4800 livres (1 tonne et demie !) de στίππιον κογχισθέν, c’est-à-dire, si l’on suit l’interprétation communément admise de ces deux mots, d’étoupe teinte à la pourpre de murex. Tout paraît absurde dans ces données : les quantités, le montant exceptionnellement élevé de la vente, mais en même temps le prix ridiculement bas de cette teinture précieuse, et finalement le choix d’une telle teinture pour teindre de l’étoupe. Mais s’agit-il vraiment d’étoupe ? Qu’est-ce au fond que le στίππιον ? Et à quelle opération se réfère ce qui s’appelle ailleurs la κογχιστικὴ τέχνη ? À compter de la fin du Ve siècle, le financement de la production du lin brut et élaboré, par le biais de ventes à terme analogues à P.Yale IV 186, ou encore de prêts ou d'avances sur récolte, semble en grande partie incomber à un milieu très peu attesté auparavant, celui des grossistes. On passera en revue les mots et locutions qui les désignent, on décrira leur profil social de notables, certains aspects de leur genre de vie (ainsi leur mobilité), leur rôle économique. On mesurera leur rayon d’action qui dépassait l’Egypte. On identifiera enfin des centres de négoce du στίππιον (Alexandrie et Damiette).
Ce programme n’est que théorique, car la critique textuelle, nécessaire au propos, mais dévoreuse de temps, peut imposer à chaud des simplifications.

 

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