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Épigraphie grecque et latine | 2026-2027

Projet scientifique Axe D | Édition de sources et de corpus textuels | Épigraphie

Séminaire de recherche du laboratoire organisé par Julien Aliquot (CNRS) et Patrice Faure (Lyon 3)  

Un mardi par mois de 17h à 19h, MOM, salle Reinach

Au croisement de l’histoire, de l’archéologie, de la philologie et de la linguistique, l’épigraphie est indispensable à notre connaissance des mondes anciens. La forte implication d’Hisoma dans ce domaine remonte à la volonté de Jean Pouilloux, fondateur de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, de créer à Lyon un pôle de recherches majeur dans le champ des études épigraphiques. Aujourd’hui, l’engagement du laboratoire est autant le fruit de travaux sur les archives des différents projets que d’opérations de terrain conduites de l’Europe au Proche-Orient, en passant par le Maghreb, la Grèce et l’Égypte.

Interdisciplinaire, le séminaire d’épigraphie grecque et latine est conçu comme le point de rencontre de ces activités. Il se poursuit de manière régulière depuis sa renaissance en 2014, à raison d’une séance de deux heures par mois, soit 20 heures en tout pour les dix séances programmées de septembre à juin. Des invités extérieurs français et étrangers y contribuent à part égale avec les chercheurs et les doctorants du laboratoire Hisoma. Inscrit au programme du master Mondes anciens (depuis 2017) et de l’École doctorale Sciences sociales de l’Université de Lyon (depuis 2022), il constitue non seulement un espace de discussion et de débat autour de l’édition de documents connus ou inédits, mais aussi l’un des lieux d’expérimentation et de réflexion sur l’évolution en cours des pratiques éditoriales dans le domaine des humanités numériques.

• 22 septembre 2026
Nouveautés épigraphiques au Qaṣr al-Bint de Pétra (Jordanie)
Julien Aliquot (CNRS, Laboratoire Hisoma), Thibaud Fournet (CNRS, Laboratoire ArScAn), François Renel (Inrap/Ifpo), Maurice Sartre (IUF, Laboratoire Hisoma)

Les travaux récents de la mission archéologique française de Pétra (Jordanie) ont mis au jour une série d’inscriptions grecques et latines à l’occasion des fouilles conduites dans le secteur du sanctuaire du Qaṣr al-Bint, au cœur du centre urbain de la cité antique. Parmi ces documents, la dédicace latine d’un procurateur méconnu honore de manière exceptionnelle l’empereur Trajan en tant que « propagateur des frontières de l’Empire romain » (propagator finium imperi Romani). Le texte apporte de nouvelles informations sur l’établissement du pouvoir romain en Arabie dans les années qui ont immédiatement suivi l’annexion du royaume nabatéen en 106 apr. J.-C. Une dizaine d’inscriptions plus récentes (dédicaces impériales, honneurs pour des gouverneurs d’Arabie, etc.) a été trouvée dans la partie ouest du sanctuaire, où s’élevait le bâtiment à abside qui accueillait les statues colossales de Marc Aurèle et Lucius Vérus. Tout en complétant le corpus épigraphique des Inscriptions de la Jordanie, l’ensemble de ces découvertes confirme le rôle et l’importance de la zone entourant le grand temple civique de Pétra comme lieu privilégié d’affichage des hommages rendus aux souverains et à leurs représentants, tant avant qu’après l’annexion du royaume nabatéen à l’Empire de Rome.

• 20 octobre 2026
Un édit de Vespasien de l’année 74 pour les troupes urbaines : le diplôme militaire de L. Titius Verecundus d’Épiphanie de Syrie
Dan Dana (CNRS, Laboratoire Hisoma), Florian Matei-Popescu (Institut d’archéologie Vasile Pârvan, Bucarest)

Un diplôme militaire complet, connu depuis peu, donne la copie d’un édit de Vespasien de septembre 74 pour des soldats libérés des cohortes urbaines. Cette décision impériale témoigne des bouleversements qui ont affecté l’Empire romain jusque dans la composition des gardes de Rome pendant l’« année des quatre empereurs » et lors de l’avènement de la dynastie des Flaviens. Les origines du soldat libéré et des témoins du diplôme éclairent par ailleurs d’un jour nouveau le premier siècle de la domination romaine en Syrie. Le document étudié permet enfin de mieux comprendre un autre diplôme connu depuis longtemps, datant de 71 ou 72, qui entre dans une série de règlements sur les privilèges des vétérans en rapport avec les démobilisations et les régularisations destinées à apaiser les troubles de la guerre civile.

• 3 novembre 2026
Une nouvelle dédicace pour l’Athéna d’Idalion (Chypre)
Anna Cannavò (CNRS, Laboratoire Hisoma)

En 2025, une inscription passée jusqu’ici inaperçue a été révélée par tomographie dans le cadre de travaux de restauration et de recherches sur les techniques de fabrication de la « coupe d’Idalion », acquise par le musée du Louvre en 1853 et actuellement conservée dans les collections du département des Antiquités orientales (AO 20134). Le texte, complet, se compose de 45 signes appartenant au syllabaire chypriote. Il rappelle la consécration de l’objet à la déesse Athéna par le fils du roi. La confrontation de ces données épigraphiques inédites et des renseignements disponibles sur la découverte de la coupe apporte un éclairage nouveau sur l’histoire du royaume chypriote archaïque d’Idalion.

• 1er décembre 2026
Se montrer aux abords de la cité : deux inscriptions rupestres de Théra
Alcorac Alonso Déniz (CNRS, Laboratoire Hisoma), Enrique Nieto Izquierdo (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Anhima)

Parmi les inscriptions rupestres qui marquent le paysage épigraphique de Théra, le groupe le plus nombreux et le mieux connu réunit près d’une centaine de textes, pour la plupart d’époque archaïque, comprenant des théonymes, des épiclèses, des anthroponymes et quelques textes érotiques. Cet ensemble est dispersé autour du temple d’Apollon Karneios, dans la partie sud-est de la cité antique. D’autres inscriptions rupestres, qui ont reçu moins d’attention, sont cependant attestées sur les rochers de Profitis Ilias et de Mésa Vouno. Cette séance portera sur deux d’entre elles, étudiées lors d’un séjour à Santorin en avril-mai 2026. La première, signalée en 1835 par le diplomate autrichien Anton Prokesch von Osten, se trouve sur le flanc occidental de Mésa Vouno, près du chemin moderne qui monte depuis Périssa (IG XII/3, 856). La lecture de Prokesch étant fautive, nous proposerons une nouvelle interprétation et remettrons en question le classement traditionnel de l’inscription. La seconde est une épigramme commémorative d’interprétation discutée, gravée sur la pente sud-orientale de Profitis Ilias, près de la petite église de Zoodochos Pigi, et découverte en 1900 lors des fouilles allemandes dirigées par Fr. Hiller von Gaertringen (IG XII/3 Suppl., 1324 ; cf. IG XII Suppl. p. 89). Ces deux documents seront replacés dans le cadre plus large des pratiques épigraphiques théréennes des époques archaïque et classique. On s’attachera en particulier au rôle des inscriptions rupestres situées aux abords des chemins menant vers la cité, dans des espaces de passage où l’écriture participe à la mise en visibilité des individus.

• 19 janvier 2027
Les inscriptions du mithraeum de Doura-Europos (Syrie)
Jean-Baptiste Yon (CNRS, Laboratoire Hisoma), Lucinda Dirven (Radboud Universiteit), Matthew McCarty (University of British Columbia)

• 2 février 2027
Une nouvelle lecture de la dédicace à Apollon Aisônios IG IX/2, 1098, et la pêche dans le Boibè (Karla)
Bruno Helly (CNRS, Laboratoire Hisoma)

La découverte, dans un fond d’archives privé, de la photographie ancienne de la base inscrite IG IX/2, 1098, considérée comme perdue, permet de renouveler la lecture d’une épigramme thessalienne en alphabet épichorique trouvée dans un village des bords du lac Karla en Thessalie. Les multiples éditions de cette dédicace versifiée à Apollon Aisônios étaient toutes dépendantes des lectures de l’auteur du corpus thessalien Otto Kern, qui en a donné un fac-similé. Elles perpétuaient l’attribution de l’offrande à un Arcadien de la cité d’Oresthasion, selon une restitution d’Ulrich Wilamowitz-Moellendorf. La reconstruction du texte à partir de la photographie montre qu’il n’en est rien et qu’il faut mettre en relation le texte avec d’autres dédicaces à Apollon Aisônios trouvées il y a une vingtaine d’années à Gonnoi. Elle assure que l’épiclèse se rapporte à la cité mythique appelée Aisôn, où régnait le père du héros Jason, au bord du lac Boibé d’Homère, le lac Karla de l’époque moderne, où Apollon présidait à la pêche dans des eaux douces et poissonneuses, selon une tradition qui s’est maintenue jusqu’au milieu des années 1960.

• 9 mars 2027
La Magnésie et le Panhellénion d’Hadrien : à propos de bases honorifiques de Démétrias (Thessalie)
Richard Bouchon (Lyon 2, Laboratoire Hisoma)

• 1er avril 2027
The epigraphy of Egyptian Berenike
Rodney Ast (Universität Heidelberg)

• 4 mai 2027
Inscriptions inédites d’Orange
Benoit Rossignol (Université d’Avignon, Laboratoire Hisoma), Jean-Marc Mignon, Yann Bonfand (Service d’archéologie du département du Vaucluse)

• 8 juin 2027
La stèle du Bas de Loyasse : une nouvelle épitaphe latine de Lyon
François Bérard (ENS, Paris), Nicolas Laubry (Université Paris-Est Créteil, CRHEC), Axel Saintlo (Service archéologique de la ville de Lyon)