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Séminaire « Nommer les hommes dans les Mondes Anciens »
Mardi 24 février 2026, 17h-19h
Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Salle Reinach, 7 rue Raulin Lyon 7e, 4e étage
Praesaga cognomina : pour une poétique des noms propres dans les Silvae de Stace
Francesco Grotto (Scuola Normale Superiore, Pise)
Sous le titre Silvae sont réunis trente-deux poèmes de circonstance que Stace composa pour ses amis et ses mécènes sous le principat de Domitien. Ces « impromptus » manifestent une attention particulière aux potentialités expressives des noms propres des destinataires. Cette intervention propose quelques premiers jalons pour dégager les contours d’une véritable poétique des noms propres comme principe constitutif de l’écriture stacienne. Dans les Silvae, les anthroponymes sont envisagés comme des matrices poétiques, capables de générer des images, des motifs et des structures utilisées à des fins encomiastiques, en tirant parti des ressources de l’étymologie et, parfois, de l’homonymie. Stace met en valeur non seulement les potentialités littéraires des noms, mais aussi leurs implications sociales et culturelles. Dans le contexte de l’époque flavienne, marqué par l’ascension d’une nouvelle élite, souvent provinciale et dépourvue d’ancêtres illustres, célébrer le nom des destinataires revient également à consacrer leur appartenance à la culture dominante. Une attention particulière sera accordée aux dynamiques du bilinguisme gréco-latin, trait constitutif de l’identité artistique de Stace et de celle de ses destinataires cultivés, ainsi qu’à la comparaison avec les stratégies onomastiques du contemporain Martial, dont les patrons et les destinataires coïncident souvent avec ceux de Stace.
Légende de l’image : Lucius Arruntius Stella. Fresque dans la « Salle des Géants » du Palazzo Liviano à Padoue, 1540
Le 13 février 2026, de 11h à 13h, aura lieu la prochaine séance du séminaire BiblIndex en présentiel à l'Université de Strasbourg, en salle Afrique de la MISHA.
Il sera également possible de se réunir aux Sources Chrétiennes, 22 rue Sala, 69002 LYON pour suivre la retransmission par visioconférence. Nous aurons le plaisir d'écouter Frédéric Chapot, Professeur de langue et littérature latines à l'Université de Strasbourg, sur le sujet suivant : Le corpus scripturaire du Scorpiace de Tertullien
Le traité de Tertullien intitulé Scorpiace, « Antidote contre le venin des scorpions », cherche à répondre aux arguments de ceux qui, sous l’influence du mouvement gnostique valentinien, contestaient la valeur du martyre, en mettant en cause la portée salvatrice du sacrifice. L’argumentation repose en grande partie sur un corpus de textes bibliques, qui sont présentés et brièvement commentés dans des sections bien précises de l’ouvrage (ch. 2 à 4, 7 et 8, 11 à 14). L’exposé se proposera moins d’étudier l’herméneutique à l’œuvre dans le traité que d’examiner le texte des citations bibliques. En étudiant le corpus scripturaire mobilisé, en le comparant notamment avec celui du De fuga in persecutione du même auteur, en examinant les citations et la forme qu’elles prennent, on cherchera à identifier la façon dont Tertullien accède au texte biblique, ainsi que sa méthode de travail, mais aussi sa façon de composer : ce sera peut-être un nouveau témoignage de ce que la composition des ouvrages de Tertullien, bien qu’elle reste, dans une bonne mesure, tributaire des règles de la rhétorique classique, est aussi déterminée par sa lecture et son exégèse de la Bible.
Lien de la visioconférence : https://cnrs.zoom.us/j/99701628112?pwd=NUZxaSt3Z29MU2t2YWtNdVM3L0krZz09
ID de réunion : 997 0162 8112
Code secret : h7VMUv
Séance du séminaire Épigraphie grecque et latine
Présentation par Alcorac Alonso Déniz (CNRS, Laboratoire Hisoma)
- mardi 3 janvier 2026 - de 17h à 19h - salle Reinach - MOM - entrée par l'Université de Lyon2 - 86 rue Pasteur - Lyon 7e
- lien de connexion ZOOM ( ID Réunion : / code : )
- programme 2025-2026
Le décret camiréen pour Panaitios (Tit. Camirenses 106) : une réinterprétation
Le Rhodien Panaitios, fils de Simos, a été honoré vers 275 av. J.-C. par Camiros, l’une des trois tribus qui constituaient la cité de Rhodes après le synœcisme de 408/7 av. J.-C. Inscrit sur une stèle dont la partie supérieure a disparu, le décret qui lui octroyait l’éloge et la couronne a été publié en 1952 par M. Segre (qui avait travaillé à la préparation du corpus des inscriptions camiréennes avant son assassinat en 1944) et par G. Pugliese Carratelli (Tit. Camirenses 106). Comme seules les vingt-et-une dernières lignes du document ont été préservées, on ignore les raisons pour lesquelles Panaitios a reçu ces honneurs, qui, selon le décret, devaient être publiquement proclamés par deux magistrats différents à deux occasions : les Dionysia rhodiennes et les Panathénaia camiréennes. Du dème camiréen de Kymisala, Panaitios appartenait vraisemblablement à l’élite de la cité de Rhodes, les Delphiens lui ayant également accordé la proxénie (F. Delphes III 379). La séance sera consacrée à présenter une interprétation alternative du texte conservé, fondée sur une analyse des éléments internes de l’inscription. On montrera en particulier que le décret s’insère dans une série de documents qui mettent en évidence une procédure constitutionnelle complexe, caractéristique d’une organisation politique à plusieurs niveaux, et qui révèlent les rapports hiérarchiques entre les institutions de Rhodes et de ses trois tribus.
Deux problèmes émergent quand on s’intéresse à la question de la femelle chez Platon. D’une part, il y a un problème de traduction. « θῆλυς » et « γυνή » sont généralement peu différenciés et tendent tous les deux à être traduits par « femme ». D’autre part, il faut comprendre pourquoi Platon propose cette distinction, si elle porte un sens philosophique et si la République et les Lois en font ou non un même usage. Au travers de l’étude de passages choisis du livre V de la République et d’extraits des Lois, j’aimerais discuter l’hypothèse suivante : Platon fait une différence entre ce que nous appelons aujourd’hui sexe et genre. Quand il évoque les femelles humaines, il met l’accent sur l’aspect biologique, sensible et corporel de la personne, tandis que l’usage de « γυνή » renvoie à la femme comme être socialement construit dans la cité. Evoquer les femmes renverrait systématiquement à une réalité politique : la γυνή représente la place que la société lui laisse.
Au livre V de la République, Platon prend pour modèles les femelles des chiens de garde afin d’expliciter la différence entre gardien mâle et gardien femelle. Les gardiens femelles ne sont donc pas des gardiennes, au sens où elles auraient une construction sociale genrée différente de celles des gardiens mâles. Il n’y a pas de différence entre eux, excepté dans la reproduction où les femelles enfantent et les mâles engendrent (454e). Se détacher des rôles genrés est aussi une démarche polémique et critique de l’organisation des cités grecques, notamment d’Athènes.
De la même manière, l’Etranger d’Athènes qualifie majoritairement les enfants de mâles et de femelles. Ces enfants sont des êtres en construction et n’ont pas encore acquis les caractéristiques genrées des adultes. Ainsi, le livre VII des Loispropose une éducation commune, bien que non mixte. Il semble que la différence genrée ne s’acquiert qu’à partir du moment où l’on occupe une place dans la cité, c’est-à-dire généralement au moment du mariage. Il faudra donc se demander si être femelle ou mâle produit des attentes genrées ou bien si l’individu peut oublier son corps sexué dans les activités de la cité. La question de la femelle chez Platon est donc éminemment politique, contrairement aux usages biologiques, zoologiques ou médicaux que l’on peut trouver chez Aristote et dans le corpus hippocratique. Il y a alors une véritable originalité dans la démarche platonicienne de différenciation entre « θῆλυς » et « γυνή » , qui mérite d’être traduite, étudiée et discutée.
Le séminaire Problèma a pour but de donner un aperçu de l'actualité de la recherche dans le domaine de la philosophie antique, en donnant la parole à des jeunes chercheur·ses. Il cherche à rassembler des chercheur·ses, débutant·es comme confirmé·es, qui travaillent sur des textes ou des doctrines philosophiques, en langue grecque comme latine, des Présocratiques à l’Antiquité Tardive. Il se veut aussi pluridisciplinaire : il s’agira de faire dialoguer différentes approches, qu'elles soient philosophique, philologique, historique ou littéraire.
Les séances auront lieu le mercredi entre janvier et juin 2026 de 17h à 18h30.
Par souci d’accessibilité, le séminaire se tiendra en distanciel.
Programme 2026 :
Julie MESTERY (Université Paris Nanterre) : « La femelle dans la République et les Lois de Platon »
Répondant : Anthony Bonnemaison (Université Grenoble Alpes)
Étienne MÉNARD (Université Marie et Louis Pasteur/Université de Strasbourg) : « La chaleur dans les cosmogonies de Diogène d’Apollonie et d’Archélaos »
Répondante : Mathilde Brémond (Université Clermont Auvergne)
Laurent ANGLADE (Université de Lorraine) : « La difficulté de définir la philosophie comme objet historique : le cas de l’épicurisme et César »
Répondante : Julie Giovacchini (Centre Jean Pépin)
Enzo GODINOT (Université Bordeaux Montaigne) : « Le portrait du sage : formes d’un exercice dialectique »
Répondant : Thomas Bénatouïl (Université de Lille)
- 27 mai 2026, 17h-18h30
Camille MARROU (Sorbonne Université) : « La lettre 120 de Sénèque : une tentative de romanisation de la vertu stoïcienne ? »
Répondante : Christelle Veillard (Université Paris Nanterre)
- 17 juin 2026, 17h-18h30
Chiara LALLI (Université catholique de Louvain) : « Repenser la Voluptas cicéronienne : entre polémique romaine et profondeur philosophique »
Répondante : Sabine Luciani (Aix-Marseille Université)
ORGANISATION : Rodolphe Le Penru (STL), Camille Mouflier (Nantes Université), Jeanne Ravaute (ENS de Lyon)
CONTACT : seminaireproblema@gmail.com
LIEN ZOOM : https://us06web.zoom.us/j/81251282035?pwd=e3RmuwJejkqKUHnPB9VFYbZr9Z5vLY.1
Vendredi 23 janvier 2026, 10-12h
Le projet DramaRef, dans lequel collaborent linguistes et littéraires, vise à étudier le système des pronoms et adjectifs démonstratifs dans le théâtre grec des Vème et IVème s. av. J.-C, pour déterminer les différents facteurs linguistiques, pragmatiques et dramaturgiques qui conduisent au choix de chaque opérateur.
Nicolas Bertrand (Université de Nice)
Pascale Brillet-Dubois (Université Lyon 2, HiSoMA)
Caroline Plichon (Université Lyon 2, HiSoMA)
Intervenante : Anna Papadopoulou (CNRS / IRAA)
Répondante : Pascale Brillet-Dubois (Université Lumière Lyon 2)
Le théâtre antique d’Orange : huit ans de suivi archéologique des travaux et le projet TAIC2 « Un théâtre antique intelligent et connecté »
Le théâtre d’Orange est un monument majeur de l’histoire de l’architecture, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, et un grand équipement culturel contemporain. De 2015 à 2024, il a fait l’objet d’une campagne de mise en sécurité de ses parements qui a offert à l’équipe de l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique (UAR 3155), en charge du suivi archéologique des travaux, une opportunité unique d’approfondir son étude architecturale et stratigraphique.
Séminaire « Nommer les hommes dans les Mondes Anciens »
Mardi 20 janvier 2026, 17h-19h
Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Salle Reinach, 7 rue Raulin Lyon 7e, 4e étage
Lien : https://cnrs.zoom.us/j/99551764485?pwd=LbaQmSDdJZ1zp72kA90RLpyAArTTet.1
ID de réunion : 995 5176 4485
Code secret : 9GNPHR
From Alpha to Aleph: The Demotic Transcription of Greek Personal Names
Adrienn Almásy-Martin (British Museum)
The establishment of Greek rule under the Ptolemies was the start of a prolonged period of contact between Greek and Egyptian linguistic traditions. Greek quickly assumed a central role in the administration, forcing Egyptian scribes and officials to engage with a second written language and its associated conventions. This ongoing interaction produced extensive documentary corpora in both Greek and Demotic, within which personal names offer some of the most informative points of comparison. As names frequently appear in both Greek and Demotic versions, they provide critical evidence for understanding the mechanisms of linguistic transfer, phonological adaptation, and scribal practice. This lecture investigates the principles governing the Demotic transcription of Greek personal names, analysing regular patterns alongside interesting irregularities, with particular emphasis on material from the Roman period.
Légende de l’image : Ostracon from Thebes (EA20339) ©️ The Trustees of the British Museum
La prochaine séance du séminaire BiblIndex aura lieu le vendredi 16 janvier 2026 de 11h à 13h au 22 rue Sala, Lyon 2e, 1er étage. Nous aurons le plaisir d'écouter Bernard Meunier, anciennement chargé de recherche au CNRS et ancien directeur de l'institut des Sources Chrétiennes, sur le sujet suivant :
« La théologie de la substitution et son dossier biblique »
Cette affirmation traverse la littérature patristique, où on lit partout que l’alliance a été transférée aux nations parce qu’elles ont accueilli le Christ que les siens n’ont pas reconnu. Les juifs ne font encore partie de l’histoire sainte que s’ils sont devenus chrétiens, c’est-à-dire, pratiquement, ont quitté le judaïsme.
C’est ce qu’on appelle la théologie de la substitution, professée durablement dans le christianisme, avec des conséquences lourdes : puisqu’Israël n’existe plus comme peuple de Dieu, les juifs sont devenus maudits et réprouvés. On sait, depuis Jules Isaac, à quel point cette conviction a nourri l’antisémitisme pendant des siècles, justifiant théologiquement les mauvais traitements infligés aux juifs du monde entier. Les auteurs chrétiens qui l’ont professée se fondaient sur des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Récemment encore, le théologien Jean-Miguel Garrigues a repris le dossier biblique et patristique du rejet d’Israël (L’impossible substitution, Paris, Belles Lettres, 2023).
Pendant cette séance, nous retraverserons à notre tour la littérature patristique (de quand date l’apparition de cette idée ? A-t-elle été universellement professée ? Et surtout, quel est son dossier scripturaire ?) ; puis dans un second temps nous remonterons aux textes bibliques invoqués eux-mêmes, en nous demandant s’ils ont été bien lus et compris, autrement dit, si le rejet théologique d’Israël a ou non un fondement scripturaire. Ainsi apparaîtront mieux les enjeux de la question, au regard de la relation entre chrétiens et juifs dans l’Antiquité, et de la façon dont le concile Vatican 2 a essayé de la refonder.
ID de réunion: 997 0162 8112
Code secret: h7VMUv